Trail calcaire dans les Calanques

Publié le 18 Août 2014

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Premier contact (aprés des années d'éloignement) avec les Calanques. Ce sera pour un trail en début de soirée, au départ de la route de Sormiou... L'idée est de rentrer avant la nuit (pas de frontale dans le sac, pas d'autre solution donc...).

Aprés avoir passé le rond-point de la Cayolle (noirci par des voitures qui ont eu un problème de combustion rapide), je stoppe ma caisse à côté de la cabane qui garde la route de Sormiou. Départ pour le col, en petite foulée. Je n'ai pas le temps de commencer à transpirer qu'une voiture me dépasse et pile. A l'intérieur quatre gars qui ont des "têtes pas tibulaires", mais pas loin." Elle est à vous la voiture garée là-bas ?" lance celui assis à côté du passager. Euh, quoi réponde dans ces cas là ? Non, oui, je sais plus, partir en courant dans les sous-bois... J'assume et choisis le "oui". Bonne réponse. Le même me conseille d'aller me gare plus loin, "parce que les gars de la cité ils vont vous la démonter et la laisser sur des parpaings". Sympa comme pratique locale...Et merci aux bons samaritains.

Je reprend donc la voiture et vais la garer au col de Sormiou. En sécurité ?

Deuxième départ, le vrai cette fois, pour suivre le GR 51 qui grimpe avant de descnedre vers le bord de mer. Direction le plan des Cailles pour une boucle, sans carte et avec simplement quelques souvenirs qui remontent à une quinzaine d'années. C'est presque l'aventure.

Passé le col de Cortiou, le paysage change. La mer vient barrer l'horizon d'un bleu profond et sombre. Les falaises tombent à pic dans la mer et le chemin se faufile entre ciel, mer et terrasses calcaires. Quelques pins essaient de survivre dans cet univers minéral. Des Goléands défient l'apesanteur. Voilà les Calanques !

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Le calcaire. Je l'avais oublié celui-là. Dans les Calanques, il est d'un blanc décapé par le soleil. Soit dur et coupant, soit arrondi et glissant... Le cauchemar pour une paire de pompes de trail, et surtout pour les chevilles. Les semelles morflent. A chaque pas, elles perdent un peu plus de caoutchouc sur ce sentier abrasif et agressif. Les placements de pied sont techniques. Il faut être précis dans la foulée et le toucher du sol mais, en même temps être prudent, sous peine de venir chuter lourdement, soi contre un rocher coupant, soi dans le vide...

Difficile de garder sa concentration tant le paysage est bluffant. Vertigineux même ! La mer se trouve à une petite centaine de mètres en dessous du single. Déroutant. Comme la sensation d'éloignement et de solitude. A moins de 5 km à vol d'oiseau de la seconde plus grande métropole de France, on se croirait perdu sur une île isolée. Pas de bruit, pas de Mistral ce soir... Dans cette ambiance les cabanons délabrés du plan des Cailles ajoutent un peu plus à la sensation d'être arrivé au bout du bout du monde.

Je décide de remonter par le grand Malvallon et croise les deux seuls randonneurs du coin, à part moi. Alors, ils sont où les marseillais ou les touristes ? Pas dans la remontée vers les trois Arches non plus. Le passage dans les éboulis, puis la grimpette dans les rochers sont physiques et techniques. Ca tire dans les cuisses et il faut s'aider des mains. Dans les Calanques, la frontière entre trail/rando et escalade n'est jamais bien loin. Il faut avoir le pied agile comme chamois et l'équilibre d'un funambule.

Au dessus du col de la Selle, le coucher de soleil vient faire oublier la présence de la "grande cité " que je distingue presque en ombres chinoises. Toujours personne pour traverser le plateau de l'homme mort et son sentier avec des dagues en calcaires. Attention à ne pas tomber, là non plus ! J'accélère... Un peu plus loin, on replonge dans l'ambiance marseillaise, avec l'odeur lourde de la station d'épuration qui remonte du du vallon...

Le soleil se couche quand je redescends vers le col de Sormiou. Le soleil a disparu. Un gars nettoie sa voiture (rouge) la radio poussée au max. Retour à la civilisation, ou presque...

Mes pompes de trail sont contentes de caresser le bitume.

 

Attention : les Calanques sont devenues un parc national. Se renseigner sur la réglementation.

 

Ces dernières années, les Calanques sont devenues une terre de trail à deux pas de Marseille. Un club, le Marseille Trail Club arpente ces montagnes qui tombent dans la mer. Une course est même organisée : le trail des Calanques, limitée à 130 participants.

 

Rédigé par Fredaventuralpines

Publié dans #Rando

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