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Aventuralpines

Rando alpine

18 Octobre 2006, 16:10pm

Publié par Frédéric Delmonte

Tête de la Ruine (2 984 m)

17 octobre 2006

Rendez-vous avec la Corse, le Mont-Blanc et quelques bouquetins…

Renseignements :

Secteur : Boréon (vallée de la Vésubie)

Itinéraire : Départ du parking supérieur du Boréon. Prendre le GR 520, jusqu'à l'embranchement du vallon de Sangué (à gauche). Monter le vallon jusqu'au replat et prendre à droite le vallon des lacs Bessons. Au lac, traveser le déversoir et monter sur la croupe qui ramène à l'arête Sud. suivre l'arête jusqu'aux rochers. Monter par le fil (II/III) et terminer par des éboulis. 1 300 mètres de montée.

8 h 30 au parking de la vacherie du Boréon. Plus que 1 300 mètres de montée avant d’arriver au sommet de la Tête de la Ruine. J’oublie également les lacets, bien raides, du vallon Sangué et les heures de marche pour me concentrer sur l’essentiel : le plaisir d’aller en montagne à l’automne et d’en saisir les couleurs. Pas d’escalade pour cette reprise, après 3 semaines sans Mercantour, mais de la marche… alpine, avec comme récompense un super panorama et tout de même 60 mètres de grimpette sur l’arête Sud. En avant, marche !

 

 

Pour l’instant, le soleil n’est pas encore arrivé dans le fond de la vallée. Il doit faire 1 petit degré. Pour se réchauffer, mon frère et moi accélérons le pas. Il fait toujours aussi froid et le soleil ne fait son apparition qu’au dessus du Gias de Peirastrèche. Il vient de sortir du Pas des Ladres et la force de ses rayons annonce une belle journée.Entre l’intersection où on quitte le GR 52 et le replat formé par les vallons des Cayres Nègres, de Baissette et des lacs Bessons, la montée dans la forêt de mélèzes est toujours aussi escarpée. Heureusement, les couleurs de l’automne sont bien là et elles font oublier l’effort. Le cayre Cougourde estencore plongé dans l'ombre. Il reste un peu moins de 800 mètres de dénivelée.Avant d’arrivée au replat de Sangué, nous croisons deux gros bouquetins. Ces deux mâles sont en train de brouter l’herbe au bord du chemin. Notre passage ne les effraie pas : on se trouve à moins de 2 mètres d’eux et ils nous regardent à peine. Ce sera l’occasion d’immortaliser la rencontre.

 

On continue : plus que 700 mètres de montée. On traverse à droite pour prendre le vallon des lacs Bessons. Une véritable glacière. Le soleil n’est pas encore arrivé et la montée dans le premier pierrier est vivifiante. De nouveau le soleil. Pour la saison, il est encore plutôt chaud. Quelques fleurs ont survécu au froid et aux premières neiges.11 h 15. Voilà les lacs Bessons. Il y a toujours un côté irréel. L’eau bleue, presque bleu foncé du premier lac contraste avec l’aspect doré des rochers, qui poli par le glacier renvoient la lumière avec éclat. Plus haut, la saignée rouge de l’éboulis sous le sommet renforce le jeu des couleurs. Photo, puis à gauche toute. Cette fois, on va aller au sommet par l’arête Sud. L’itinéraire est répertorié par le Gass, mais depuis le col Baissette. Des lacs Bessons, traverser le torrent, puis monter à même la croupe qui rejoint l’arête Sud. Il y a des petits cairns. Sur l’arête, suivre au mieux le fil, en cherchant son chemin dans le chaos des rochers.12 h 45. Au pied de l’arête sommitale, on peut longer la falaise, pour rejoindre les éboulis rouge et monter par la voie normale. Le chemin direct sur le fil de l’arête est plus amusant. C’est à peine du II, voir un petit III, mais les 50 mètres d’escalade sont fantastiques. Le rocher est plutôt pas mal, mais c’est surtout le paysage qui est à couper le souffle, comme on peut le voir sur ce panorama (photo dessous). Et puis, se taper plus de 3 h 30, voir 4 h de monter (et 900 mètre de déniv) pour faire 50 mètres de grimpe dans du II, il faut le faire (emporter 25 mètres de corde, 2 sangles et 2 coinceurs un peu gros, si on veut passer en s’assurant).Encore 100 mètres dans un chaos de rochers, et voilà le sommet. 13 h 15. Il fait plutôt froid et entre les cailloux, il y a de la neige gelée. Vent+froide = un super panorama. Plein Sud, entre l’Agnellière et le Bégo, on voit très bien les lignes de crête des montagnes Corse et à droite le Cinto qui se détache. Un peu à gauche et c’est l’impressionnante face Nord du Gélas, déjà en neige. Au Nord, la pleine du Pô est sous les nuages, mais au fond se détachent le massif du Mont Rose, le Cervin, puis le massif du Mont-Blanc. (Le Mont-Rose sur cette photo) On se met à l’abri derrière les rochers du bivouac pour casser la croûte et regarder le paysage. Sur la photo ci-dessous, le panorama, du Gélas, à la Corse.  14 h. Il va bien falloir redescendre. Pour changer, après la descente dans les éboulis rouges et la traversée sous les falaises du sommet, on rejoint le lac Baissette et son vallon. C’est long et cassant. 15 h 30. Retour au vallon de Sangué. Et revoilà nos amis les bouquetins. Ils se sont déplacés seulement d’une centaine de mètres et mangent toujours à 10 centimètres du chemin. On les salue une nouvelle fois. Comme ce matin, ils nous ignorent superbement. Les pentes sous les barres rocheuses du Pélago sont parcourues par une bonne dizaine de chamois, des femelles et plusieurs petits. 

Avec le soleil de fin de journée, le bas du vallon de Cougourde s’embrase. L’endroit est désert, seulement animé de temps à autre par le passage d’un chamois, le vol d’un oiseau, ou la course de la lumière dans les branches des mélèzes.

Quelques photos et nous retournons à la voiture à 17 h 30.

 

 

 

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MAXOU 24/10/2006 15:10

C'est très joli cette histoire et en plus ça a l'air vrai, je ne sais pas comment t'as fait mais c'est extra, vraiment. je vais faire découvrir ce blog à d'autres amis, ça vaut le coup. En plus le blog je croyais que c'était réservé aux ados qui ne peuvent pas encore s'inscrire  sur meetic !bien assez rigolé, je te félicite fred, tu m'avais parlé de cette aventure mais là en lisant tes commentaires sur le périple, je m'aperçois de ce que cela représente pour toi cette fameuse montagne et aussi de la difficulté de ce "voyage".j'attends avec impatience les prochains épisodes....maxouperso j'aurais mis une femme à poil au sommet du mont blanc, cela aurait tout expliqué !