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Escalade à la Pointe André via son éperon Sud

par Frédéric Delmonte 15 Septembre 2006, 14:33 Grandes voies

 

Pointe André (2679 m), éperon Sud,

« D », 5 longueurs

 

Dimanche 10 septembre 2006

 

Avertissement : ami grimpeur attention, l’éperon Sud de la Pointe André est bien plus qu’une classique du Mercantour. C’est une voie dans laquelle on prend beaucoup de plaisir. Le rocher est beau, rouge, adhérent et « prisu ». Il est vertical, ce qui donne l’impression de faire une grande voie. L’escalade n’est jamais difficile, ni trop engagée et, sur 200 mètres, elle réserve un beau panel de ce que peut offrir la grimpe en montagne : dièdres, fissures, dalles, rochers en forme de flamme, arêtes et ressauts… Enfin, le panorama est à couper le souffle : vue sur le vallon des lacs de Prals, sur la côte et au sommet le Gélas, l’Argentera. Et cerise sur le gâteau, l’équipement n’est pas étouffant : 1 à 3 spits par longueur, ce qui permet de taquiner le friend (en emporter au moins 3 à 4, des moyens), ou le coinceur. Les relais et les deux rappels sont bétons.

 

Voilà, mais avant d’arriver au pied de cette merveille, il faut marcher au moins 1 h 30, à 1 h 45, le final étant dans un pierrier « mercantour » bien fatigant.

10 h. Départ : un très vieux piton marque le début de la voie. Emporté par mon enthousiasme, je me lance dans la première longueur. Le topo précise «  s’élever sur 15 m jusqu’à une terrasse. Surmonter une dalle raide. Franchir le dièdre à gauche… ». C’était çà : «  franchir le dièdre à gauche ». Seulement, le topo était dans ma poche arrière et j’ai oublié le dièdre à gauche…Je suis allé à droite, attiré par 2 bons spits brillants au soleil. Une nouvelle variante ? Bon, peut-être. Je continue à droite de l’arête dans un passage plus raide (du V). Adieu les 2 bons spits. Il n’y a plus aucune trace d’équipement. Qu’importe, avec tout ce que je trimballe sur le baudrier, je peux bien poursuivre, même s’il n’y a plus rien. 10 mètres supplémentaires : toujours pas de point pour faire un relais. Encore 10 mètres : toujours rien, la verticalité et peu de bons emplacements. Encore 5 mètres… C’est vertical et au bas de la parois s’aperçois mes deux camarades de cordée. «  Il reste moins de 10 mètres de corde » crie Pascal, qui m’assure.  C’est le moment de faire un rapide point sur la situation. Sur le porte-matériel du baudrier il ne reste plus de dégaine et juste un friend, 2 ou 3 coinceurs et 2 moutifs à vis. Le relais est donc établi avec deux sangles sur 2 béquets et un friend dans une bonne fissure. La plate forme de 30 cm penche vers le vide. Ce sera un peu étroit pour 3, mais il n’y a pas d’autre solution. En bas, Stephane, puis Pascal s’élancent, ils remontent rapidement les 45 mètres et arrivent à ma hauteur. On s’organise : Pascal debout à côté de moi, Stéphane reste à 2 mètres en dessous, assis sur un rocher.

Fin de la séquence émotion et aventure 

 

Je repars, franchis une dalle raide, puis retrouve le fil de l’éperon. A 10 mètres, il y a un spit, puis un relais ultra confortable. On est dans la voie. Cette longueur sur le fil de l’éperon ramène à un bon relais avec 2 spits. Le reste de la voie n’est que du pur plaisir. Il suffit maintenant de suivre le passage qui semble être le plus évident. Tout d’abord un beau dièdre, puis une terrasse. Relais sur cette terrasse : c’est un emplacement 4 étoiles, avec vue sur les lacs, espace pour s’allonger, expo plein sud, aperçu mer, que demander de plus ? L’eau courante, l’électricité et on y resterait une semaine. Pascal et Stephane arrivent.

Stéphane a pour nom de code « la rose » et Pascal «  la bleue » (NDLA : on parle de couleur de corde). La rose part en premier, suivi à 2 mètres par la bleue. Ainsi les longueurs s’enchaînent rapidement. Nous voilà au pied du ressaut terminal, la plus belle partie de la voie qui mérite les 1 h 45 de marche d’approche. A cette heure de la journée, le soleil est presque à la verticale de l’éperon, qui se détache en ombre chinoise sur le ciel azur. C’est à peine du IV, mais c’est à pleurer. Un chemin vertical sur un éperon de 2 mètres de large, avec à gauche l’Argentera et à droite la Méditerranée.

Il y a des prises de toutes les sortes et une belle fissure pour placer les 2 friends pour s’assurer. Plus haut, on trouve un spit dans la dalle compacte. Ambiance terrain d’aventure. Un passage dans des flammes de pierre, puis voilà la dernier relais. Encore trois mètres d’arête et bonjour le sommet. C’est déjà terminé.

Il est 12 h 40. On a casse la croûte.

13 h 15. Tout le monde descend par le versant Nord, avec une désescalade, puis une traversée sur une vire qui nous ramène à l’arête. On tombe tout de suite sur la chaîne pour le rappel de 45 mètres. 13 h 50. Nous voici à la brèche. Nous décidons de rejoindre le parking de la Madone pour ne pas trop faire attendre Christian et Hugues. L’arête du Neiglier, ce sera pour une prochaine fois.

Encore un rappel, puis nous retrouvons le pierrier Sud, le chemin, la baisse des 5 lacs et la descente vers la Madone, à 15 h 30. Un verre au refuge et retour vers la civilisation et son embouteillage du dimanche soir.

Plus d'infos : http://alpinisme.camptocamp.com/sortie9272.html?cname=%2APointe+andr%E9%2A&creg=1&sidc=5351

 

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