Aventures alpines

Depuis le Chazelet, la première vision de la Meije n’est guère encourageante pour la suite de l’aventure. Vers 4 heures du matin, une masse blanche semble flotter dans la nuit. A 7 heures, les lueurs du jour confirment la première impression : il a bien neigé cette nuit en altitude. Le Grand Pic et les arêtes de la Meije se réveillent sous une livrée hivernale… C’est bien pour le photographe, plus inquiétant pour l’amateur d’alpinisme.

Une heure plus tard, à la Bérade, les plus hautes montagnes sont également recouvertes de neige et le temps se couvre. Le mercure stagne. Le temps est idéal pour remonter le long vallon des Etançons. Après 2 heures de marche, et peu de randonneurs croisés sur le chemin, voilà le refuge du Chatelleret. Une soupe, vite avalée, réchauffe un peu. Puis nous reprenons la longue marche, en direction du refuge du Promontoire. Sa masse métallique se détache des rochers, un peu plus haut. Elle se trouve à la limite des nuages. La Meije, elle, reste absente du paysage.  Seul le bas du couloir Duhamel émerge, et il est plâtré de neige…  Voilà la moraine, puis, 2 h plus tard, les premiers névés et le bas de l’arête de la Meije. Nous nous équipons pour emprunter la via ferrata qui conduit au Promontoire, à 3092 mètres d’altitude.

A l’extérieur, une boîte d’aluminum, froide, anachronique dans ce lieu minéral. A l’intérieur, dés la porte refermée, l’ambiance est toute autre. L’accueil de Claude, le gardien, est chaleureux, et en quelques secondes, on a l’impression d’être comme chez soit. La salle de restauration est entourée d’une boiserie et éclairée par de larges baies vitrées qui donnent sur le vallon des Etançons, 700 mètres plus bas. Il y a une petite bibliothèque bien ordonnée et, bien entendu, les quelques vieux « Vertical », ou « Montagnes magazines » mille fois feuilletés. Un escalier conduit aux dortoirs, avec leurs bas-flancs en bois. Ce sera notre maison pour 2 nuits.

Pour l’heure, 8 alpinistes essayent de se réchauffer, en attendant le repas. Trois cordées pour la « Z », en face Nord, et une qui va tenter la traversée.

Après avis du gardien et un regard sur le bas de la face Sud, notre décision est prise : pas de traversée de la Meije, mais demain, une virée sur le Rateau Est, (3809) par sa face Sud Est (niveau PD).

A 4 heure 30 du matin, c’est le départ. Les premiers pas sur le glacier des Etançons réveillent très vite. Il fait encore nuit, mais déjà, les lueurs de l’aube s’annoncent sur les glaciers. Les montagnes apparaissent. Plus bas, le vallon des Etançons est plongé dans la brume. Au dessus du Sérac, que l’on franchit par la droite, une première pause photo, avant d’entamer la traversée vers la gauche, par une pente plus soutenue. La neige mord bien, mais elle reste très dure, et enfoncer son piolet est, à chaque fois, un tour de force. Epuisant ! Nous chevauchons maintenant une première arête de neige, très esthétique, avant de traverser vers la gauche, pour rejoindre le bas du contrefort rocheux. On le franchit par sa gauche, dans une partie où le rocher est moins glacé. Ce passage est une variante. La voie se situe au milieu de la barre rocheuse, mais en ce matin, une grosse cascade de glace s’y est formée.  Après une escalade agréable, à corde tendue, la neige est de retour. En un peu plus de 200 mètres d’une très belle et raide pente de neige dure, il faut se hisser sur l’arête Sud, la grande course classique depuis le refuge de la Selle.

Derrière nous, les Ecrins, les Bancs, plus loin les Rouies s’illuminent. Devant nous, les cristaux de neige s’enflamment et s’envolent. A main droite, la face Sud du Grand Pic reste dans l’ombre. Elle est recouverte de neige et de glace.  Encore quelques pas et l’arête sommitale du Rateau s’offre à nous. Tout en bas, le vallon de la Grave apparaît, avec pareils à des fourmis, les chalets des différents hameaux. Au dessus, la grande masse verte du plateau d’Emparis semble bien calme. Tout au fond, le Mont-Blanc.  La traversée jusqu’au sommet est aérienne et ludique. La progression se fait une fois à droite, les pieds dans plus de 1 500 mètres de vide, une fois le cul à gauche, au dessus du glacier de la Selle. Quelquefois, on peut même avancer à califourchon sur le rocher, ou ramper, ou encore, si on est téméraire, s’amuser à jouer les funambules sur le fil du rocher. Au retour, c’est la même comédie, avec le regret de quitter un promontoire fantastique. Pour descendre, nous prendrons l’arête Sud, jusqu’à la baisse du Rateau. D’abord en neige, puis une traversée d’arête en neige dure, presque de la glace, sur une belle corniche, puis en neige humide (et qui botte), avant de retrouver le rocher facile de l’arête. A la baisse, en deux rappels, nous redescendons vers le Chatelleret par un vallon peu engageant, tant les pierres enfoncées dans la neige rappellent des scènes de bombardement. Au refuge du Chatelleret, il faut grimper à nouveau au Promontoire… 3 h de bavante, après une course de 9 heures… Mais il fallait payer le refuge et récupérer du matos.

Plus d'infos :

http://alpinisme.camptocamp.com/sortie11610.html?page=3ici

Voici la photo de la voie de montée (la première partie sur le glacier des Etançons n'est pas visible).

Voici la photo de la voie de descente.

 

 


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5 h 30, dimanche 20 mai. Nous avons quitté le refuge de la Madone de Fenestre dans le noir le plus complet. C'était il y a30 minutes. Maintenant, le soleil se lève derrière les crêtes du Saint-Robert (à gauche) et du Gélas (à droite avec se 2 sommets), nos deux objectifs de la journée. Le vent arrive et quelques nuages pointent le bout de leur nez. La journée débute à peine, ce sera une longue journée que nous allons passer à courir sur les crêtes frontalières du "toit" des Alpes-Maritimes (le Gélas à 3 143 m) et d'un de ses plus beaux sommets, le Saint-Robert (2 919 m). 6 h 50. Le Pas du Saint-Robert est maintenant derrière nous. Aprés quelques gestes d'escalade, les automatismes reviennent. Belle ambiance, avec d'un côté le soleil qui continue à se lever et de l'autres les vallées italiennes plongées dans la brume et les nuages... qui montent...montent vers les arêtes frontalières, notre chemin du ciel qui doit nous conduire droit sur le Gélas. On avance corde tendue, en 2 cordées, posant le minimum de protections pour ne pas perdre de temps. Le rocher est toujours aussi agréable à toucher et l'escalade est athlétique, naturelle et trés esthétique. Les becquets ne manquent pas pour y passer la corde. Ci dessous, un des 2 ou 3 beaux passages sur les premiers gendarmes du Saint-Robert. Sur cette arête, on ne croise que 2 vieux pitons. 9 heure. Le sommet du Saint-Robert est maintenant derrière nous. On attaque la descente de son arête Est, en direction du Collet du Saint-Robert, petit col qui sépare ce sommet de celui du Gélas. En dessous sur la photo, on voit le Gélas et sa longue arête Ouest. Notre prochain objectif. 10 heure, Collet du Saint-Robert. Pas le temps de s'arrêter : on tient l'horaire, alors en avant pour l'arête Ouest du Gélas. On raccourcit l'encordement et  on met préventivement le piolet sur l'épaule. Aucun protection dans ce parcours que l'on avale corde tendue au pas de course. On double 2 cordées à mi-hauteur. Enfin un peu de neige et de mixte pour ajouter du piquant à l'ambiance montagne. Depuis quelques minutes les nuages nous ont rejoint. Brouillard, froid et vent. On approche du sommet. Un névé d'une dizaine de mètre à franchir avec l'aide du piolet et voilà l'arête sommitale, en mixte, avec une cordée qui nous suit. La fatigue commence à se faire sentir, mais le sommet n'est plus trés loin. Un nuage se crève et à une vingtaine de mètres j'aperçois la vierge sculptée dans un tronc de mélèze par un artisan de Saint-Martin de Vésubie. 11 h 15 : enfin le Gélas. Nous restons dans le brouillard et le froid. Des italiens arrivent par l'arête Est, notre prochain objectif. Il ne faut pas relacher notre attention. Le parcours est encore un peu en neige avec quelques plaques de glace. La descente est avalée en corde tendue en un peu moins d'une heure. En arrivant au Balcon du Gélas, à 12 h, nous ne voyons toujours rien, mais la course est presque terminée. Encore 2 h de descente à pied, dans la neige, puis les pierres et un chemin, pour retrouver le refuge, Patric et ses tartes au myrtilles. Il est 14 h 50. La fatigue est bien là, mais la course derrière nous. La traversée intégrale Saint-Robert/Gélas est décidément une course exceptionnelle pour le Mercantour, jamais difficile, mais toujours belle et amusante. A parcourir corde tendue et à faire de préférence quand il reste de la neige.

En savoir +

Le topo :

http://alpinisme.camptocamp.com/guide.html?reason=sdetail&ids=11089

Voici le topo en photo. A gauche, on n'aperçoit pas le Pas du Saint-Robert, départ de la course. (Photo prise il y a 2 ans, depuis le Cayre Colomb). Nos temps : Approche (1 h 30), Arête Ouest du Saint-Robert (2 h 10), Arête Est du Saint-Robert (1 h), Arête Ouest du Gélas (1 h 15), Arête Est du Gélas (1h), descente (1 h 50).


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Ici les bouquetins broutent au bord de la route, les chamois prennent le soleil devant les chalets et les renards entrent dans les restaurants se commander des panini… Bienvenue dans le Parc National du Grand Paradis. En remontant la route de Valsavarenche, pour rejoindre le hameau de Pont, point de départ de notre ascension du Grand Paradis (4061 m), je me dis que l’endroit est conforme aux images des livres animaliers que je feuilletais enfant : ce parc naturel est le paradis de la faune de montagne, un endroit où l’Alpe mélange les styles, la haute altitude, avec le soleil méridional, l’accent Italien avec les mots Français, le vert des prairies avec le blanc des glaciers, la cime des conifères avec les arêtes élancées des sommets de plus de 3 000 mètres.

En arrêtant la voiture à Pont, à 1960 mètres, (web cam : http://www.regione.vda.it/turismo/webCam_f.asp), le charme des lieux opère, en même temps que la température nous tombe sur le coin de la gueule. Il fait aussi chaud qu’en été et la neige, bien présente il y a quelques jours, a disparu du fond de la vallée et des premières pentes. Information prise à un skieur qui descend du sommet, il va falloir monter jusqu’à 2 400 mètres pour la trouver.

12 h 30… C’est donc au plus chaud de la journée que nous nous élançons, skis sur le dos, chargés comme des mules, à la conquête du refuge Victor Emmanuel (2775m). Bouquetins et chamois sont toujours présents sous les mélèzes encore en habit d’hiver.  Les premiers virages du sentier d’été sont négociés au pas de charge. Puis doucement, tout le monde prend son rythme de croisière. 2 400 mètres. Nous chaussons bien au dessus des ruines de la Chante, vers 2 450 mètres, pour entamer à skis les 300 derniers mètres dans une neige humide. 15 h. Voilà enfin le refuge Victor Emmanuel. Sa toiture en zinc brille sous le soleil. Nous sommes à prés de 2800 mètres, mais il fait aussi chaud que dans la vallée. Avec cette température, on se demande bien comment la neige résiste encore. Ce sera tout pour la journée : trop chaud pour aller faire le col ou le sommet de la Trenseta.

Une petite sieste, puis nous lézardons au soleil avant d’aller dîner. Au menu : pasta et veau avec petits poids que nous agrémentons avec un petit rouge qui donne mal à la tête (c’est bon pour s’acclimater avec l’attitude çà). Dans le refuge, nous sommes une quarantaine ce soir. C’est une bonne nouvelle pour le sommet, demain. Il n’y aura pas foule. Le soleil disparait derrière les crêtes. Tout le monde au lit.

 Le lendemain matin, panne de réveil… Il n’a pas sonné, alors qu’hier soir nous avons négocié, en secret, avec le gardien, un réveil 15 minutes plus tôt que les autres skieurs. Il aurait dû déclancher les hostilités à 5 h 20. 5 h 28, j’ouvre un œil et donne l’alerte. Tout le monde s’active et à 6 h 20, nous voilà ski au pied, devant la refuge, avec les premières lueurs du jour.

 Nous allons enfin monter au (Grand) Paradis. Les premiers pas se font machinalement. Puis le froid, l’excitation et les battements du cœur qui s’accélèrent nous réveillent pour de bon. Avec la moraine, voilà le grand vallon, bien chargé de neige. Dans la nuit, elle a regelé, mais il ne fait pas trop froid. A 2 900 mètres, nous sortons du vallon, pour attaquer à droite la première grande pente. Jusqu’au sommet, la montée sera soutenue, rythmée par 3 pentes plus sévères où il faut essayer de garder le rythme. Heureusement la trace est bien faite et nous progressons sans couteau, avec le plaisir d’enchaîner les pas dans un cadre de haute montagne qui change du Mercantour.

3 300 mètres. La chaîne du Mont-Blanc vient d’émerger de derrières les crêtes frontalières du Nant de Cruet et de l’aiguille du Glacier. Elle est encore baignée dans une lumière rose orange de lever de soleil. Il n’y a pas un bruit, pas un souffle de vent et personne d’autre que nous encore engagé dans cette ascension, comme si, aujourd’hui, le Grand Paradis, ce sommet très couru, n’allait s’offrir qu’à notre petit groupe de 6 skieurs de rando.

3 500 mètres. Voilà plus d’une heure que nous montons, les rythmes s’affirment et les écarts se creusent un peu. Je suis tiré de mes considérations esthétiques sur la chaîne du Mont-Blanc et de mes souvenirs de ce sommet exceptionnel, par les premiers effets de l’altitude. Voilà ce qui arrive après une petite saison de ski, à peine compensée physiquement par du V.T.T. 3 700 m. Un peu avant la jonction avec le glacier de Laveciau, j’entame une ascension solitaire contre la pente, l’attitude et moi-même. Souffle court, tête lourde, les jambes veulent ralentir, mais la volonté leur dicte de continuer. Avec l’arrivée d’un vent assez fort, mais finalement bref, le doute s’installe. Encore 400 mètres de montée… Au sérac qui défend l’accès à la dernière pente, celle de la fenêtre du Roc, un dernier coup de cul est à donner. Est-ce que j’y arriverai ?

Au dessus, mes compagnons se trouvent à quelques minutes du col. Bientôt le sommet pour eux. Il est 9 h 50 et maintenant les pentes baignent dans un soleil très doux. Tout autour de moi le panorama se dégage, se dessinant tel une carte en 3 dimensions. Le vent s’est arrêté. L’air est frais, mais pas froid. La neige porte très bien sans être glacée. Derrière moi, seul 2 skieurs apparaissent, mais beaucoup plus bas. Au Nord, le Mont Blanc observe toujours notre ascension. Ce serait dommage d’abandonner si prés du but. Alors je monte un ski, puis l’autre, prend une bonne inspiration, calme les battements du cœur et pousse sur les bâtons. Une première conversion, puis une autre et enfin la dernière. Dans l’axe des pointes de mes spatules, je calle la fenêtre du Roc. La dernière pente, enfin. 10 h 10. Toujours seul avec le Grand Paradis. Je plante les skis dans la neige, les bâtons, sort le piolet et attache les crampons. La pente est raide, mais la neige porte bien. C’est un plaisir de cramponner à plus de 4 000 mètres en direction de l’arête terminale du Grand Paradis où les autres m’attendent. Je termine l’ascension avec Emmanuel qui, comme Laurent, s’offre son premier 4 000. Voilà les rochers. Je grimpe sur l’arête et d’un coup, l’immense glacier « della Tribulazione » apparaît, en contrebas. Quelques minutes pour profiter du panorama à 360 degrés : le Mont Blanc, la Vanoise, plus loin les Ecrins et le Viso. Ils sont tous là. J’attaque enfin la traversée, un peu gazeuse, mais très facile, pour rejoindre la vierge et aller la saluer. 10 h 20. Je suis seul au sommet du Grand Paradis, à 4 061 mètres d’altitude. Moment rare de satisfaction. En bas, deux skieurs arrivent à leur tour à la fenêtre du Roc. Nous descendons, pour reprendre les skis et attaquer les 1 300 mètres de glissade jusqu’au refuge, avec en toile de fond le massif du Mont Blanc et la Vanoise. 11 h 50. Revoilà le refuge Victor Emmanuel. Petite pose pour refaire le plein d’eau et payer nos nuitées, puis nous repartons sous un soleil de plomb et une chaleur digne du mois d’août. Direction le passage à 2 900 m sous la crête du Ciartoron. Pour garder les skis le plus longtemps possible, nous décidons de rejoindre le glacier du Grand Etret, et le vallon de Seiva, encore bien enneigé. La montée, puis la longue traversée sous les pentes de la Trenseta, du Ciartoron et du Bec de Monciair se fait dans une ambiance haute montagne. A 2 700 mètres, nous entamons la très longue descente du vallon, sur une neige un peu lourde, mais qui se laisse skier. A 2200 mètres, c’est la galère ! Il est 14 h et la neige est pourrie : on passe à travers les 50 centimètres pour aller buter contre les rochers. Les ponts de neige cèdent et nous transformons notre virée alpine en canyonning, puis en accrobranche, avant de retrouver un sentier et enfin la piste de ski de fond de Pont, qui garde 1 à 2 cm de neige humide pour nous transporter jusqu’au parking. 14 h 40, fin du voyage et retour du Paradis.

Notre parcours :
En savoir + :
http://skirando.camptocamp.com/guide.html?reason=sdetail&ids=31579

 

 

 

 

 

 

 


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Il suffit de pousser la porte vitrée pour se retrouver, à 3 798 mètres d’altitude, sur la passerelle qui relie les 2 pics de l’aiguille du midi. A droite le Mont Blanc. A gauche, les aiguilles de Chamonix et plus loin le Dru et la Verte. L’été, on y croise des groupes de japonais qui font voir du pays à leur Nikon, ou des touristes en short… L’hiver des skieurs venus d’Angleterre, de Russie, du Japon (encore eux), d’Allemagne et de plus loin franchissent rapidement le pont pour aller se jeter sur la piste de ski la plus haute du monde : la Vallée Blanche. Beaucoup sont harnachés comme des commandos (casque, protection dorsale, caméra vidéo sur la tête pour filmer leurs exploits). Ils rejoignent l’autre porte vitrée pour faire chauffer leurs larges skis et leur tenue de montagne toute neuve. De l’autre côté il y a encore quelques mètres à faire dans le tunnel, puis un portillon à franchir, exactement le même que dans un supermarché. Ici, on ne vend pas de l’électroménager ou de la bouffe, mais de la glisse. C’est même la spécialité de « La compagnie du Mont-Blanc ».  Etrange comme sensation. Arriver aussi haut en montagne sans avoir fait un seul effort. C’est honteux ! Mais la beauté du lieu fait vite oublier ce sentiment. Le vide, l’air froid et les rafales de vent rappellent à la réalité. Malgré le monde qui se rue sur l’arête équipée de cordes fixes, pour accéder aux pentes de neige, on se trouve bien en haute montagne, dans un écrin magnifique de hautes falaises de granit et de glacier immenses. Le panorama est à couper le souffle, avec une vue imprenable depuis les aiguilles de Chamonix jusqu’au Cervin. Nouvelle confirmation de notre présence en haute montagne avec le vent du Sud qui ramène le mauvais temps d’Italie. En quelques minutes, les nuages franchissent la crête frontalière et gagnent du terrain sur le glacier du Géant. Il faut y aller. Les premières pentes en direction du Gros Rognon accueillent une neige douce. Il est tombé 15 cm de fraîche dans la nuit. On passe entre le Gros et le Petit Rognon, et accessoirement sur quelques énormes ponts de neige, attirés vers les séracs du Géant. Cette cascade de glace qui s’effondre en direction de la Salle à Manger est véritablement impressionnante. On la franchit en passant rapidement sous les autres Séracs du glacier de l’Envers du Plan, avec une pensée émue pour ses tonnes de glace, situées à quelques centaines de mètres au dessus de nos têtes. A gauche le refuge du Requin, qui prend des airs de restaurant d’Altitude, avec ces dizaines de skieurs qui font un arrêt casse-croûte. De l’autre côté, la Dent du Géant, la Noire et les arêtes de Rochefort. En face, les hauts sommets de l’aiguille du Moine ou du Tacul.  Voilà l’espace plat de la Salle à Manger. Descendant du glacier des Périades, un vent violent vient soulever flocons de neiges et glaçons. On profite de sa force pour se faire tracter jusqu’à la Mer de Glace, comme un voilier. En quelques minutes, on dépasse le refuge de l’Envers des Aiguilles et de la Charpoua pour se retrouver dans l’axe de la gare du Montenvers, notre objectif.  La Mer de Glace se descend sans problème. Ses crevasses et bédières sont recouvertes d’une bonne couche de neige dure. Il a plu ces derniers jours jusqu’à 2 000 mètres d’altitude. La neige fraîche a donc été tassée et des vaguelettes sculptées. Au passage, elles font vibrer les skis. Les virages s’enchaînent comme sur une piste. Se sont les derniers : il faut en profiter.  Voilà la grotte de glace, le téléphérique, puis le Montenvers. On monte dans le train rouge de la Mer de Glace, avec un dernier regard pour le Dru. En ce début de mois de mars, il n’y a pas suffisamment de neige pour descendre en ski à Chamonix et les températures dans la vallée grimpent jusqu’à 10, 15°. Même ici, l’hiver n’a pas été généreux en neige : la descente intégrale de la Vallée Blanche n’a été possible que quelques jours au début de l’hiver.

Fiche technique :

 

Dénivellation : de 3 800 mètres à 1 000 m, quand on arrive à Chamonix, ou à 1 800 m quand on s’arrête à grotte de la Mer de Glace.

Difficulté : PD pour le parcours normal.

Matériel : on skie sur des glaciers. Emporter le matériel de sécurité, et mettre son baudrier. Crampons utiles pour descendre l’arête de départ, équipée de cordes fixes. Emporter des vêtements chauds.

En savoir plus :

 

Pour monter à l’aiguille du Midi : http://www.compagniedumontblanc.fr/

Pour les infos pratiques sur la vallée Blanche : http://www.ohm-chamonix.com/fiche.php?id=40&ling=Fr

Pour les conditions de  neige :  http://www.ohm-chamonix.com/fiche.php?id=02&activite=5&req=2&ling=Fr&ling=Fr

En direct : http://www.compagniedumontblanc.fr/webcams.php

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Tout ça, parce que le train de St-Gervais était en panne...

 

8 Septembre 2004. Avant de traverser le couloir du Goûter.

On court. Encordé, les grosses chaussures au pied, c’est un sprint à 3 200 mètres d’altitude. Le souffle est court, mais les jambes, les poumons, le cœur tournent à plein régime. Il faut être rapide, lever la tête pour regarder ce qui nous tombe sur la gueule et en même temps la baisser pour ne pas ne pas s’embroncher. Deux cents mètres de course pour éviter les pierres qui partent tout en haut de la montagne. La traversée du refuge du Goûter est comme je me l’imaginais. Une sorte de loterie. Tout à l’heure, 2 personnes sont passées. Basquets, pas de casque. Ils courraient, mais une volée de pierres a été plus rapide qu’eux. Elle les a rattrapés au 2/3 du couloir. C’était presque gagné. Le premier, un homme (un guide ?), c’est couché sur sa seconde, une femme. Et ses mains sur la tête, dérisoire protection, il a attendu que sa se passe. Les pierres sont arrivées. Elles ont explosé tout autour d’eux. Il y a eu plusieurs détonations et beaucoup de poussière. Puis le calme, pour quelques secondes, une minutes ou deux. Les deux ont eu de la chance. Ils se sont relevés, puis ont franchi le couloir. De l’autre côté, je crois bien qu’ils ont mis le casque.

Notre traversée a été plus calme. De l’autre côté, on ne s’est pas arrêté, pour attaquer sans plus attendre l’ascension de l’arête du Goûter. Au pas de course. Hop, hop, hop. Enfin, un hop, un souffle, un hop, une inspiration, un hop, une expiration. Attraper une pierre. Monter le pied. Regarder que rien ne tombe. Essayer de garder son souffle. On a dépassé 2 alpinistes de l’Europe de l’Est. Chargés comme des bourriques les gars. On aurait dit qu’ils allaient s’installer une semaine sur le toit de l’Europe. Comme piolet, ils avaient des bâtons en bois. Je me rappelle qu’ils sont arrivés au refuge 2 à 3 heures après nous. Ils ont dû s’arrêter sur l’arête pour pique-niquer. Faut avoir une tête solide, ou bien vide pour tenter un truc dans ce genre : casser la croûte sur l’arête du Goûter… Nous, on montait, sans s’arrêter, sans prendre de repos, ni apprécier le paysage. Juste être concentrés et attentifs. Et…pierre ! En criant, je me suis plaqué au sol. Dominique a fait de même. Protégés, on a regardé passer une très belle pierre, plate et longue comme une soupière. On a entendu son sifflement quand elle nous a survolés. Mais celle là, elle n’était pas pour nous.

Refuge du Goûter. On a hésité un moment avant d’enchaîner directement sur le sommet. Ce n’était pas tard. Il faisait beau et pas trop chaud. Puis l’idée d’assister au lever du soleil sur les Alpes l’a emporté. «  On partira demain matin ». J’ai mangé un gros plat de pâtes, puis je suis allé me coucher. 

 Refuge du Goûter 17 h. La nouvelle vient de tomber. Elle est inscrite à la craie sur le tableau à côté de la cuisine : pas de train demain. En panne, il ne montera pas chercher les alpinistes à la gare du Nid d’aigle. Pour rentrer chercher la voiture au Houches, il faudra marcher sur la voie. Une randonnée peu excitante, de plusieurs kilomètres. Avec dans les pattes l’ascension, puis la descente du Mont-Blanc, cette perspective n’a rien de réjouissante. On réfléchit : «  demain, on fera la traversée pour rejoindre l’aiguille du Midi ». Riche idée. Le Mont Blanc en traversée par les trois Mont-Blanc. Une très belle rando d’altitude nous attend !

En prévision de l’effort, je vais m’asseoir sur la terrasse du refuge. Reprendre encore quelques forces. Face au soleil, je regarde la combe du Goûter changer de couleur. Assis à côté de moi, un gars n’arrête pas de manger des pistaches. Il s’avalera tout le paquet sans jeter un œil aux alentours. Un choucard vient planer au dessus de la terrasse.

Doucement le soleil continue sa course pour se planter quelques instants, pile en face de nous. A la même altitude, on serait tenté de croire. Il est encore chaud et ses rayons cachent maintenant les montagnes de la chaîne des Aravis. C’est l’heure de manger. Petit appétit à cause de l’altitude. Il y a du bruit dans la salle à manger, mais dehors, à travers les fenêtres, le spectacle est unique. Ce resto est difficile à atteindre, un peu encombré et bruyant, mais la vue y est magnifique.

Le dessert avalé, je suis vite ressorti. Dommage de rater un tel spectacle. Maintenant, on ne voit plus que cet astre rouge et, en bas, des nuages qui se lèvent. Rien de bien menaçant. Les pentes de neige de  la combe du Goûter changent de couleur. Elles deviennent jaunes, puis roses, avant de s’embraser. Le moment est magique. Puis la boule passe derrière un groupe de nuage et disparaît de l’autre côté de l’horizon. La neige se tinte de bleu et avec ce changement de couleur arrive le froid. C’est l’heure de se coucher.

 Réveil à 2 h 30 du matin, le 9 septembre 2004. Refuge du Goûter. Ma montre altimètre n’a pas eu le temps de sonner. Depuis un petit moment plusieurs alpinistes s’agitent dans le dortoir. Des bruits de sac de couchage, de matériels métalliques et des faisceaux de frontales m’indiquent qu’il est bientôt l’heure. La porte, qui est à trois mètres de ma couchette, commence à s’ouvrir et se refermer. Des ombres sortent, d’autres reviennent. Un courant d’air froid se glisse jusqu’à moi. Dehors, dans la salle technique, on manipule des chaussures, des crampons et des piolets. On s’équipe. J’entends quelques bribes de conversation. Cà y est.

Je me retourne, allume ma frontale et regarde le cadran de ma montre : il est l’heure de se lever. Doucement, je m’extrais de la couverture, la replie dans de savantes contorsions, toujours assis sur ma couchette. Je récupère ma montre, ma bouteille d’eau et enfile ma polaire. Je me glisse vers la banquette et empoigne mon sac. Dans tout le dortoir, les mêmes gestes. L’excitation du départ se communique. J’enfile les chaussons. Quelques pas et je suis dehors.

Le premier contact avec l’extérieur est plutôt froid. Je reviens dans le local technique. Hier soir, j’ai posé mes chaussures dans le casier le plus en hauteur. Elles ne sont pas humides. Je les passe, avec un peu de difficulté et mets ma Gore-Tex. J’enfile part dessus mon baudrier léger de montagne. Je suis maintenant sur la terrasse prêt à partir. Une forte odeur d’urine remonte de la salle des toilettes. Il y a des papiers toilette coincés dans la grille. Cette nuit, certains n’ont pas fait l’effort de descendre les escaliers pour se soulager. Le ciel est constellé d’étoiles. L’air est sec et en bas, dans la vallée de l’Arve, on aperçoit très clairement les lumières des villes.

Je pousse la porte du local technique du refuge principal. A terre, il y a des sacs, des crampons et peu de lumière pour indiquer ces obstacles. Dans ce bordel indescriptible, rejoindre la salle de repas s’avère un parcours technique.

Du bruit, de la lumière, une odeur de café. Une dizaine de bonhommes, mal rasés et à moitié endormis, attendent devant la porte de la cuisine, de prendre leur petit déjeuner. A côté des tables du fond, il y en a qui essaient de poursuivre leur nuit. Mais cette agitation matinale a raison d’eux. Ces S.D.F du Goûter prennent alors leur sac de couchage et leur bardas. Direction le grand dortoir, ils vont aller finir leur nuit sur les couchettes qui se libèrent. Etrange manège, en pleine nuit et à 3 880 mètres d’altitude.

La salle à manger est maintenant réservée à ceux qui vont s’engager sur la voie normale du Mont-Blanc. Dominique, mon guide m’attend avec le sourire. Un plateau à la main, il fait la queue avec les autres guides. Au Goûter, le matin, ceux  qui ont un guide mangent avant les autres.

Un thé, des tartines de miel, de confiture et de beurre. Un jus de fruit. A 3 heures du matin, le premier repas de la journée est vite avalé. Pas le temps de digérer. Nous rapportons le plateau.

Avec mes affaires, je retrouve Dominique en bout de terrasse, là où le glacier commence. A la frontale, je sors mes crampons et les positionne sur la semelle de mes chaussures. Les sangles sont ajustées. Je mets mon sac sur les épaules, tire sur les courroies. On s’encorde. Je positionne correctement ma frontale. Un regard en arrière : une bonne vingtaine d’alpinistes effectue au même moment les mêmes gestes. Je prends mon bâton de marche. J’attends que Dominique avance. Il est sur la neige. Je le suis et quitte le refuge du Goûter pour monter en direction du Dôme du même nom.

Il est 3 h 30 et notre ascension commence. Entre l’altitude, le froid, le manque de sommeil, la motivation, la concentration et l’excitation, les premiers pas semblent irréels. Un pas, puis un autre. Bien poser ses crampons, ne pas se prendre les pieds dedans. Respirer. S’appuyer sur le bâton, pour s’économiser. Marcher. Avancer. La pente semble interminable. Je me retourne. Derrière, des dizaines de lucioles nous suivent. Il s’agit des frontales des autres cordées. Plus loin, il y a encore des points jaunes. Ce sont les lumières des villes. C’est à ce moment-là que j’en prends conscience : l’ascension a vraiment commencé.

Pour l’instant, la voie normale du Mont-Blanc ressemble à une gentille promenade nocturne. L’ascension du goûter ne pose pas vraiment de problème. Même en pleine nuit, on devine une longue pente peu raide. Poser un pas devant l’autre, respirer, s’économiser, garder le même rythme. En pleine nuit, cette randonnée semble irréelle. La nuit noire. A part le halo des frontales, rien. Seules, à droite, les lumières des villes, tout en bas dans la vallée, ramènent à la réalité. Le froid aussi, qui enveloppe et accompagne est très concret. Quand au reste… J’ai l’impression de marcher en plein ciel. Pas de vent. Pas de bruit, excepté les crampons qui s’enfoncent dans la neige. Pas de parole. Seul le souffle de ma respiration et le nuage de condensation, qui s’échappe de ma bouche, ramènent à la réalité : cette ascension. Il n’y a pas de fatigue, pas de mal de tête, pas de respiration difficile. Avancer, marcher et savourer l’instant, c’est tout ce qui compte.

A ce rythme là, le dôme du Goûter est vite dépassé. Voilà la grande combe, avant de remonter sur Vallot. On a éteint les lampes. Les yeux se sont habitués à l’obscurité et les lueurs des étoiles donnent maintenant à la neige une teinte bleue. On remonte. Direction Vallot. La pente s’accentue, sans devenir difficile. On marche, seulement aidés d’un bâton. Les piolets sont sur le sac.

Le refuge Vallot est à une trentaine de mètres sur notre gauche. Pause. Le sac à dos à terre. Je prends ma gourde, avale une gorgée, puis une autre. Je mange une barre de céréales. Il y a une autre cordée à côté de nous. Photo souvenir. On est à Vallot. Il n’y a pas un souffle d’air, pas un bruit et l’obscurité est toujours très présente. On a de la chance.

Le bâton est rangé, le piolet sorti. On va faire un peu d’alpinisme. Après quelques pas, la première vraie montée. La pente se redresse bien. J’enfonce le piolet, m’y appuis. Le souffle est plus court, les jambes un peu plus lourdes, mais à cette altitude, le sommet se fait sentir. Il nous attire. C’est maintenant le passage sur l’arête des Bosses. Combien de fois est ce que j’a contemplé ce passage, d’en bas, dans la vallée, à la jumelle ? Une bosse, puis l’autre. Faire attention de ne pas se marcher sur les crampons : sur le fil de l’arête, je pense à mettre un pied devant l’autre. Dans la pénombre, on devine tout juste le vide, côté italien. Il n’est pas bien loin. Quelques centimètres sur la droite. Il suffirait de pas grand-chose pour aller le voir d’un peu plus prés. Pas aujourd’hui, on a le sommet à faire.

Puis tout d’un coup, l’arête se redresse un peu. Elle s’élance dans le ciel, rejoint la lumière qui commence à chasser la nuit. C’est un petit matin de septembre, à quelques pas du toit de l’Europe, entre Chamonix et Courmayeur. On accélère. Les cordées sont derrières nous. Encore quelques pas. J’ai l’impression que ce chemin conduit nulle part, qu’il ne redescend pas. Alors, on monte. Un pas devant l’autre, un pas un peu plus vite que l’autre. On accélère la cadence, sans ressentir les effets de l’altitude. Puis la crête s’adoucit. Il n’y a plus rien au dessus. Plus rien à gauche, plus rien à droite qu’une pente qui part vers le Mont-Blanc de Courmayer. Quelques ombres sont assises à même la neige. Des alpinistes partis encore plus tôt que nous. Ils attendent. C’est en les voyant que je comprends que nous y sommes.

 

Mont-Blanc. 4 810 mètres.

Incroyable ! Il n’est pas encore tout à fait 6 heures du matin. Vers l’Est, l’aube se lève. Une lumière rouge barre l’horizon, séparant le noir du ciel, au noir de la terre. Puis du jaune, du bleu clair. Le jour arrive en même temps que je plante le piolet au sommet du Mont-Blanc. On a mis tout juste 2 h 30 pour faire le sommet depuis le refuge du Goûter. Accolade. J’enlève le sac, l’attache au piolet. S’il glisse, faudra aller le chercher tout en bas, à Chamonix.

Je fais quelques photos avant que le ciel ne s’éclaire, puis passe le Nikon à Dominique. Il me cadre et me prend en photo. Le flash n’a pas marché et je ne m’en rendrais compte qu’après le développement. Une ombre noire sur un levé de soleil. Pas grave, ce qui compte, c’est le moment, ce sommet sur lequel ce lève une nouvelle journée.

A gauche, la vallée de Chamonix est encore plongée dans une profonde pénombre.

A l’Est, la dent du Cervin émerge, ainsi que les montagnes de Suisse. Plus au Sud, on devine la Vanoise et plus loin les Ecrins. Le panorama est à couper le souffle. Photos. Plusieurs photos, pour immortaliser le moment. Puis, je pose l’appareil et me rends compte qu’il fait plutôt froid. Des paillettes de glace se sont formées dans ma gourde. D’autres cordées nous rejoignent. Je ressors l’appareil photo, cadre l’une d’entre elles et appuis. Au développement, quatre alpinistes apparaissent sur la diapo, un peu flous, une lampe frontale est éclairée. Derrière, du bleu clair et des sommets enneigés. Ce sera la photo de mon sommet du Mont-Blanc.

Nous entamons la descente alors que les rayons du soleil passent par-dessus les crêtes des grandes Jorasses et illuminent le glacier qui descend sur Courmayeur.

Une autre aventure commence : la traversée par le Mont Maudit et le Mont-Blanc du Tacul.

11 h 30, Chamonix. On sort du téléphérique de l’aiguille du Midi. Derrière nous, tout en haut le Mont-Blanc domine la vallée.

PLus d'infos :

http://www.mtblanc.net/

 


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