Grandes voies

C'est bien l'hiver : les routes suivantes
sont fermées
à la circulation pour la période hivernale
à compter de ce jour :
RD 94 : accès à la Madone de Fenestre
RD 189 :accès à la vacherie du Boréon
RD 89 : accès au col de Salèse
RD 3 : fermée après le village de Venanson

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Les éditions Guèrin continuent. La bonne nouvelle a été annoncée le 2 novembre sur le site internet de l’éditeur Chamoniard : «  Marie-Christine Guérin reprend la maison fondée par son mari, récemment disparu » indique le communiqué. Rappelons que Michel Guèrin est décédé le 24 octobre dernier, jour de ses 55 ans. En un peu plus de 12 ans, cet homme atypique avait relancé le petit monde endormi de la littérature de montagne avec une idée osée : publier des livres carrés, au format inhabituel et rouges comme les chaussette des montagnards des années 60. «  Une hérésie économique » reconnaissait-il. Mais ce pari s’est vite transformé en réussite. En 12 ans sa maison d’édition, qui tient dans un appartement de Chamonix, a donné la vie à plus de 80 livres.  Il avait commencé en éditant la version non expurgée des Carnets du Vertige de Lachenal, avant de rééditer – et par là même de faire revivre - quelques uns des grands récits de montagne comme les Conquérants de l'inutile. Un seul regret : cette collection de luxe restait chère. Ces dernières années, Michel Guèrin avait développé de nouvelles collections, plus abordables financièrement, et ouvert sa maison à des auteurs inconnus mais savoureux comme Dominique Potard avec son Port de la mer de glace. Ils avaient contribué a donné un autre regard sur la montagne, plus décalé, plus complice, quelquefois ouvrant la polémique, mais donnant ainsi une image humaine et bien vivante de ce milieu.

Ces petits textes ont fait un bien fou à la littérature de montagne et à l’alpinisme, qui pour continuer à exister au-delà d’un cercle restreint de passionnés a besoin de créer ses propres récits et mythes à destination du grand public. Pour cela, on ne peut plus compter sur les grands médias, à l’exception du Monde et du Dauphiné,  qui ignorent le plus souvent l’alpinisme et la plupart des sports de montagne (à l’exception du ski alpin, vendu à la société de consommation), les traitent avec une certaine méconnaissance, ou alors en parlent à travers les drames.

Les maisons d’édition se consacrant, avec constance, à la montagne étaient également devenues rares depuis leur âge d’or, les années 60, 70 et un peu le début des années 80. On peut citer Glènat, qui a fait une large place aux aventures verticales, notamment à travers sa collection « Hommes et montagnes », et qui permet à de très beaux livres de photos sur la montagne d’exister, comme Mont-Blanc Lumières d’altitude de Hagenmuller. Glènat fait également un très intéressant  travail avec ses livres topo, variés, pratiques et joliment illustrés. Dans un autre genre, la maison Hoëbeke propose un certain nombre de rééditions de classiques de la littérature alpine dans sa collection retour à la montagne. 

On pourrait aussi citer la maison Arthaud qui de tend à autre se perd en montagne et permet à de très beaux livres de rencontrer leur public, comme ceux de Mario Colonel. Quand à Grasset, elle a dernièrement permis à Lionel Daudet de prouver que l’alpinisme n’est pas seulement un sport de bourrins ou de trompe-la-mort, en acceptant d’éditer La montagne intérieure. Mais il s’agit là d’une exception.

On ne peut pas en vouloir aux maisons d’éditions, ou au grand médias. Ces dernières années, l’alpinisme a traversé une période délicate. Les grandes premières ont été réalisées. L’alpinisme nationaliste est à ranger aux oubliettes. Les massifs lointains ont perdu de leurs mystères. L’époque des enchaînements multi-sports, sous l’œil des caméras et la pression du chrono, n’est plus à la mode. L’esprit de l’escalade à « mains nue » ne fait plus autant rêver. Les ascensions sans oxygène ne sont plus un exploit. Les grandes plumes de la montagne, aussi agiles avec un stylo qu'un piton se sont tues. Un Desmaison, un Rebuffat, un Frison-Roche, un Bonatti ont autant fait pour l'alpinisme de haut-niveau que pour celui plus grand-public ou la promotion de la montagne. Et à l'époque, des maison comme Flammarion et Arthaud les ont suivis. Les grandes figures du milieu, capables de produire des évènements et du récit se sont posées ou ont disparues, ou sont à la retraite.

L’alpinisme technique, pointu, engagé et plus confidentiel, de ces dernières années intéresse moins le grand public, parce qu’il se déroule soit sur des montagnes moins prestigieuses, soit parce que ses auteurs ne cherchent pas autant la médiatisation, ou ne veulent pas produire de récit. Ou alors quand ils le font c'est sur de nouveaux supports : internet, DVD, etc... Et puis dans une société qui cherche le confort, le ludique, la sécurité, le tout rapidement et sans engagement, le message de l’alpinisme devient incompréhensible, ou pire : anachronique ! 

Heureusement, des alpinistes ont réussi à ouvrir une nouvelle voie. On peut parler de Bérhault, qui avec ses traversées a redonné une grande place au plaisir, à la camaraderie, à l’aventure et à la liberté. Des notions que l'on peut faire partager plus facilement au grand public. Un peu dans le même style, un Lionel Daudet a redonné du sens au mot grimper et de l’éthique à l’alpinisme. Dans un tout autre style, un Lafaille – tragiquement disparu – avait su faire de son petit personnage un mythe. Il poursuivait son chemin sur la voie de l’alpinisme extrême.

L’aventure alpine n’est pas morte. D’autres récits peuvent voir le jour, alimentés par des alpinistes qui sauront trouver de nouveaux terrains pour s’exprimer et des éditeurs pour leur ouvrir les étals des librairies.

On peut donc se réjouir de la volonté des éditions Guèrin de poursuivre leur chemin. Et pour confirmer que l’esprit restera fidèle à celui de Michel, la maison annonce pour l’année prochaine la publication de la biographie de Patrick Bérhault par Michel Bricola, un ami d'enfance. A suivre…

Pour aller plus loin :

http://www.editionsguerin.com/

http://www.glenat.com/


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Personne à la Madone de Fenestre. Personne sur le chemin – verglacé – qui monte à la baisse des 5 lacs. Personne à la Baisse… A si pardon : premières traces de vie à la Baisse des 5 lacs : à notre passage une harde d’une quarantaine de chamois déguerpis dans de grands bonds. Leurs sabots résonnent sur le sol gelé. Il est 9 heures. Encore une heure de marche et voilà la brèche des arêtes de la Pointe André, entre le premier contrefort et le premier gendarmes.

 Sous le sommet, l’ambiance change encore une fois. Le soleil réchauffe bien les prises et à droite les spits de la dernière longueur du pilier Sud brillent. La vue sur les lacs de Prals reste un moment fort de cette course, comme celle sur le littoral, sous les nuages aujourd’hui, et derrière la Corse. Il est midi : sommet. Pause casse-croûte, photos et lecture du panorama, puis nous entamons la descendre, une désescalade toujours un peu délicate en face Nord.  Le rocher est plutôt froid et la présence d’un peu de neige poudreuse augmente la difficulté. Le rappel, de 40 mètres, est une formalité qui donne du piquant à la course. Adieu la Pointe André. Au tour du Neiglier maintenant. La première longueur, sur le fil de l’éperon se fait avec beaucoup de plaisir. Le rocher est vertical et les prises s’offrent facilement. L’escalade est très agréable et l’absence d’équipement oblige à se protéger intelligemment sur coinceurs et friends. Il vaut mieux être sûr de soi et de sa technique de pose de protections. Le premier relais renforce le caractère aventure de cette traversée d’arête : un vieux piton rouillé que l’on renforce avec des sangles sur un bon becquet. Ensuite, la traversée sur une vire ascendante en versant Nord est une formalité, même si le vide est bien présent. Un bon piton protège le « pas » de la voie. Cinq mètres plus haut, on gagne l’arête horizontale et la course perd un peu de son intérêt. Heureusement, le panorama prend le relais : du Gélas à la mer, le paysage se montre d’une très grand richesse. Attention, toutefois, à ne pas relâcher son attention : le rocher demande de l’attention et les gros blocs ne demandent qu’à tomber. La présence de névés donne à cette fin de course des airs de « mixte ». Du sommet, on peut admirer les lacs de la Gordolasque : le lac Autier et son noir profond, celui du refuge de Nice, déjà gagné par le gel et plus haut le lac Long, avec au dessus la Malédie et le Gélas. Pour rester dans l’esprit mixte, nous sortons le piolet pour descendre le couloir du Neiglier, déjà à moitié en neige. Le ciel est clair. L’air pur annonce les derniers jours de l’été indien.Côte Sud, le soleil réchauffe les rochers et donne à la course des allures de virée estivale. Côte Nord, quelques plaques de neiges et de glaces s’accrochent et le rocher – noir – est froid. En quelques centimètres l’ambiance change de saison. La progression est plutôt évidente, facile, presque ludique et le rocher très correct. Il suffit de jouer à saute mouton d’un gendarme à l’autre : on monte et on descend, on monte et on descend, sauf au troisième gendarmes. En contrebas, le petit lac du vallon du Ponset est gelé et la combe Nord a déjà des allures de mois de décembre : le soleil n’y descend plus et l’endroit à des airs lugubres, renforcés de temps à autre par les explosions des pierres, détachées de la face Nord de la Pointe André, qui vont s’y écraser.

Le retour se fait sous un coucher de soleil fantastique, dans le silence des vallons des  lacs de Prals. Seuls quelques chamois viennent donner une touche de vie à l’endroit. Dans la descente, le soleil disparaît et avec lui la lumière. La nuit prend le bas du vallon de la Madone, puis grimpe jusqu’au Gélas. Noir complet pour descendre les lacets – glacés – du chemin. Au parking, une voûte étoilée nous accueille.

Plus d'infos :

Traversée des arêtes de la Pointe André : niveau AD, emporter corde à double de 50 m et jeux friends, coinceurs + sangles.

Traversée du Neiglier : niveau AD, emporter corde à double de 50 m, et friends et jeux de coinceurs + sangles. Piolet et crampons utiles pour descendre le couloir.

 


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Le Cayre Colomb ? Un gros caillou posé à côté du Ponset, son imposant voisin. Une dent, suivant d’où on le regarde. On ne peut pas vraiment parler de montagne. Pourtant, dans le cirque du Gélas, le Cayre Colomb est une destination originale pour faire de l’alpinisme. Sa traversée est une « petite » course complète : aucun équipement (sauf le rappel), un couloir d’attaque à faire en neige dure, une traversée d’arête aérienne, des gendarmes à escalader et descendre, un rappel, et vue à couper le souffle sur la Gordolasque, l’ensemble Gélas Saint-Robert, sans oublier le Clapier… et même la Corse. D’un niveau très facile (PD), elle n’est tout de même pas à prendre à la légère, et suivant son humeur, on peut compliquer un peu les choses en restant tout le temps sur le fil de l’arête. Enfin, cette course est plutôt en entreprendre en début de saison, ou en fin, quand la neige, présente, ajoute un peu de piquant.

C’était le cas samedi. Dans le vallon du Pas du Mont Colomb, on s’enfonce dans 30 à 60 cm de neige fraîche. Le soleil ne franchit pas les crêtes du Ponset et la température tombe : c’est presque l’hiver ! Ambiance ski de rando... Enfin, presque. Au Pas du Mont Colomb, on retrouve le soleil. Au lieu de longer la base de l’arête et d’attaquer par le couloir, en neige trop molle, nous partons du Pas du Mont Colomb par des rochers faciles et ludiques. La neige donne des allures de « mixte ». Sur cette première partie, on peut jouer à chercher des passages plus ardus.

Puis, on débouche sur un gendarme. Il ne s'agit pas encore de ceux de l'arête principale. Derrière, la mer se détache en orange sur l’horizon et les crêtes des montagnes Corses apparaissent en plus sombre. De là, il faut redescendre quelques mètres, puis prendre une rampe en mauvais rocher et en herbe, sur laquelle on ne peut pas vraiment bien s’assurer, pour passer entre une étroite brèche et basculer en versant Sud. La vue sur la Gordolasque enneigée est toujours aussi impressionnante. On domine le refuge de Nice de prés de 800 mètres. Ensuite, la course se poursuit, toujours corde tendue, par quatre petits gendarmes où on peut s’amuser à grimpouiller sur du beau rocher.

Puis voilà l’arête sommitale, horizontale, sur laquelle on court, en équilibre, un pied dans le vallon de la Madone de Fenestre, l’autre dans la Gordolasque.

Le sommet. Dix mètres de descente pour trouver le relais du rappel : 2 vieux pitons, avec 4 vieilles sangles. Un rappel de 15 mètres. Quelques mètres de descente sur un bout d'arête branlante, puis c'est la descente par un couloir enneigé et le retour au refuge de la Madone, avec un les couleurs de l'automne sur le Gélas et le St-Robert.

Infos pratiques :

Niveau PD, à AD suivant les conditions. Pas d'équipement en place, sauf pour le rappel. Emporter sangles, friends et quelques coinceurs. Corde de 40 m. Course n°700 sur le Gass, avec variante (départ sur l'arête depuis le Pas du Mont Colomb).

Horaire : 1 h 30 à 2 h d'approche. Course de 1 h à 2 h 30. Corde tendue.


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Je n’étais encore jamais aller grimper sur l’arête Nord Ouest du Grand Cayre de la Madone (au milieu sur la photo ci-dessus). Cette erreur est maintenant réparée. La voie est plutôt facile, mais elle a pour elle un certain nombre d’arguments qui plaide en faveur de son ascension. Tout d’abord, elle donne accès au Grand Cayre, à 2532 mètres, bien visible depuis le refuge. Du sommet, la vue sur le vallon de la Madone et ses sommets est saisissante. Ensuite, son arête Nord Ouest comporte une particularité géologique : elle est trouée, en dessous de son avant dernier petit gendarme. C’est la fameuse fenêtre, ou fenestre que l’on peut apercevoir depuis le sanctuaire. Selon la légende, vers le Xe siècle la vierge y serait apparue, donnant au lieu, la Madone de Fenestre, son nom. Voilà pour l’anecdote. Question escalade, la voie cotée AD, est très facilement abordable et permet de « s’y remettre » après une période d’abstinence. Elle fait partie des voies rééquipée, façon Mercantour. Certains relais son en place, et on trouve quelques bons spits aux endroits délicats à assurer, comme le passage en IV après la fenêtre. Pour le reste, il faudra s’avoir jouer du coinceur et du « friend » si on veut progresser en toute sécurité et aménager quelques relais sur sangles.

La première longueur se fait sur une pente herbeuse sans grand intérêt. On enchaîne ensuite par des passages en III, dans du rocher à surveiller. La progression le long du fil de l’arête du premier gendarme est plaisante et aérienne. On peut jouer avec les flammes de pierre pour s’assurer et faire quelques jolis pas. Le plus intéressant est après. La voie vaut surtout pour ses deux passages les plus « difficiles » : celui avant le gendarme des la fenêtre, un très joli III sup dans un très beau rocher, vertical, mais bien « prisu » ; le second juste après la fenêtre, dans une partie raide et courte, ou l’on peut très bien s’assurer (photo ci dessous).

Pour  le fameux passage de la fenêtre, nous sommes passés en  contrebas, mais la voie est sur  l'arche naturelle. Sur la photo ci-dessous, prise par la cordée qui était dans  la face Nord du Cayre Barel, c'est moi sur la pointe. L’escalade peut allègrement se faire en grosses chaussures, pour ajouter un côté haute montagne à l’entreprise. L’arête sort directement au sommet. La fin se fait en corde tendue. De là haut, on peut admirer l’arête Ouest du Ponset et sa belle face Nord, dans les nuages lors de notre ascension. Ou encore les arêtes du St-Robert et du Gélas, là aussi dans les nuages (photo ci-dessous). Lors de ce samedi 18 août, pourtant à la météo agréable et presque automnale (ciel couvert, pas de soleil, ni de grande chaleur), nous avons aperçu que 2 cordées dans l’éperon Ouest du Petit Cayre et 2 autres dans « Vavavoom » dans la face Nord des Cayres Barels. Mais où sont passés les grimpeurs ?

En savoir +

La voie est cotée AD, entre III et IV. 200 mètres de l'attaque au sommet. Emporter sangles et un peu de quincaillerie. L'attaque se fait depuis la base de l'arête Nord Ouest, aprés avoir remonté un pierrier, puis une vire herbeuse. Petit gendarme caractéristique.


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A lire sur le Dauphiné Libéré un article intéressant sur les risques d'avalanche en haute montagne cet été :
http://www.ledauphine.com/info/essentiels/ain/art_95235.php

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L'hiver est de retour pour quelques jours sur nos massifs. Dans les préalpes de Grasse, les vents ont dépassé les 100 km/h sur les crêtes de l'Audibergue, et il faisait entre 0 et 4 degrés à Caussol au petit matin. Côté Mercantour, la neige est tombée, environ une dizaine de centimèrtres, obligeant le service des routes à fermer la Bonette pour une durée indéterminée.

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A lire dans le Dauphiné Libéré, un article sur l'ouverture des cols des Alpes : http://www.ledauphine.com/info/essentiels/hautesalpes/art_91093.php

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Pas de photo du Mercantour sous la neige comme je l'avais annoncé hier. A mon passage au col de Bleine, dans les préalpes grassoises, de gros paquets de nuages cachaient le panorama (ci-dessus). En revanche, je vous propose une jolie vue sur Thorenc. Ou sur Saint Auban et sa clue.
Ou encore sur la plaine de Thorenc, avec à gauche, en arrière plan l'Audibergue.
Pour les amateurs de canyon, des images de la clue de Saint Auban en crue. Malheureusement, il n'y a pas le bruit : impressionnant à écouter sur place !

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Pointe André (2679 m), éperon Sud,

« D », 5 longueurs

Dimanche 10 septembre 2006


Avertissement : ami grimpeur attention, l’éperon Sud de la Pointe André est bien plus qu’une classique du Mercantour. C’est une voie dans laquelle on prend beaucoup de plaisir. Le rocher est beau, rouge, adhérent et « prisu ». Il est vertical, ce qui donne l’impression de faire une grande voie. L’escalade n’est jamais difficile, ni trop engagée et, sur 200 mètres, elle réserve un beau panel de ce que peut offrir la grimpe en montagne : dièdres, fissures, dalles, rochers en forme de flamme, arêtes et ressauts… Enfin, le panorama est à couper le souffle : vue sur le vallon des lacs de Prals, sur la côte et au sommet le Gélas, l’Argentera. Et cerise sur le gâteau, l’équipement n’est pas étouffant : 1 à 3 spits par longueur, ce qui permet de taquiner le friend (en emporter au moins 3 à 4, des moyens), ou le coinceur. Les relais et les deux rappels sont bétons.

Voilà, mais avant d’arriver au pied de cette merveille, il faut marcher au moins 1 h 30, à 1 h 45, le final étant dans un pierrier « mercantour » bien fatigant.

10 h. Départ : un très vieux piton marque le début de la voie. Emporté par mon enthousiasme, je me lance dans la première longueur. Le topo précise «  s’élever sur 15 m jusqu’à une terrasse. Surmonter une dalle raide. Franchir le dièdre à gauche… ». C’était çà : «  franchir le dièdre à gauche ». Seulement, le topo était dans ma poche arrière et j’ai oublié le dièdre à gauche…Je suis allé à droite, attiré par 2 bons spits brillants au soleil. Une nouvelle variante ? Bon, peut-être. Je continue à droite de l’arête dans un passage plus raide (du V). Adieu les 2 bons spits. Il n’y a plus aucune trace d’équipement. Qu’importe, avec tout ce que je trimballe sur le baudrier, je peux bien poursuivre, même s’il n’y a plus rien. 10 mètres supplémentaires : toujours pas de point pour faire un relais. Encore 10 mètres : toujours rien, la verticalité et peu de bons emplacements. Encore 5 mètres… C’est vertical et au bas de la parois s’aperçois mes deux camarades de cordée. «  Il reste moins de 10 mètres de corde » crie Pascal, qui m’assure.  C’est le moment de faire un rapide point sur la situation. Sur le porte-matériel du baudrier il ne reste plus de dégaine et juste un friend, 2 ou 3 coinceurs et 2 moutifs à vis. Le relais est donc établi avec deux sangles sur 2 béquets et un friend dans une bonne fissure. La plate forme de 30 cm penche vers le vide. Ce sera un peu étroit pour 3, mais il n’y a pas d’autre solution. En bas, Stephane, puis Pascal s’élancent, ils remontent rapidement les 45 mètres et arrivent à ma hauteur. On s’organise : Pascal debout à côté de moi, Stéphane reste à 2 mètres en dessous, assis sur un rocher.

Fin de la séquence émotion et aventure 

  Je repars, franchis une dalle raide, puis retrouve le fil de l’éperon. A 10 mètres, il y a un spit, puis un relais ultra confortable. On est dans la voie. Cette longueur sur le fil de l’éperon ramène à un bon relais avec 2 spits. Le reste de la voie n’est que du pur plaisir. Il suffit maintenant de suivre le passage qui semble être le plus évident. Tout d’abord un beau dièdre, puis une terrasse. Relais sur cette terrasse : c’est un emplacement 4 étoiles, avec vue sur les lacs, espace pour s’allonger, expo plein sud, aperçu mer, que demander de plus ? L’eau courante, l’électricité et on y resterait une semaine. Pascal et Stephane
arrivent.
Stéphane a pour nom de code « la rose » et Pascal «  la bleue » (NDLA : on parle de couleur de corde). La rose part en premier, suivi à 2 mètres par la bleue. Ainsi les longueurs s’enchaînent rapidement. Nous voilà au pied du ressaut terminal, la plus belle partie de la voie qui mérite les 1 h 45 de marche d’approche. A cette heure de la journée, le soleil est presque à la verticale de l’éperon, qui se détache en ombre chinoise sur le ciel azur. C’est à peine du IV, mais c’est à pleurer. Un chemin vertical sur un éperon de 2 mètres de large, avec à gauche l’Argentera et à droite la Méditerranée.

Il y a des prises de toutes les sortes et une belle fissure pour placer les 2 friends pour s’assurer. Plus haut, on trouve un spit dans la dalle compacte. Ambiance terrain d’aventure. Un passage dans des flammes de pierre, puis voilà la dernier relais. Encore trois mètres d’arête et bonjour le sommet. C’est déjà terminé.

Il est 12 h 40. On a casse la croûte.

13 h 15. Tout le monde descend par le versant Nord, avec une désescalade, puis une traversée sur une vire qui nous ramène à l’arête. On tombe tout de suite sur la chaîne pour le rappel de 45 mètres. 13 h 50. Nous voici à la brèche. Nous décidons de rejoindre le parking de la Madone pour ne pas trop faire attendre Christian et Hugues. L’arête du Neiglier, ce sera pour une prochaine fois.

Encore un rappel, puis nous retrouvons le pierrier Sud, le chemin, la baisse des 5 lacs et la descente vers la Madone, à 15 h 30. Un verre au refuge et retour vers la civilisation et son embouteillage du dimanche soir.

Plus d'infos : http://alpinisme.camptocamp.com/sortie9272.html?cname=%2APointe+andr%E9%2A&creg=1&sidc=5351



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Sortie escalade, l’arête Sud de Saint Jeannet

Vendredi 25 février 2005

Participants : Bernard (P.), Benoït, et Frédéric

 

Il reste encore un peu de neige dans les vallons de Nord de Saint Jeannet, mais le soleil est, pour l’instant au rendez-vous et nous nous engageons avec 20 minutes de marche dans la première voie de l’arête Sud de Saint Jeannet. La voie qui fait 5 longueurs est de difficulté modérée (entre le 4 et le 5) et elle a été entièrement rééquipée. Je voulais la faire depuis longtemps, Bernard et Benoît ont accepté de me suivre dans cette petite aventure.

 

11 h 45. Je m’élance en tête suivi de Bernard, puis de Benoît. La première longueur est une formalité. Il n’y a pas de vent et le rocher n’est pas trop froid. A la seconde longueur, je bloque un moment au passage du premier buisson, mais un crochetage pied gauche/tronc droit, me permet de gagner de le R2 et sa grande terrasse. J’assure mes deux compagnons assis dans un fauteuil, les pieds dans le vide et la tête tournée vers la baie de Nice. Les nuages et le vent arrivent. La température baisse, quand nous entamons la traversée vers le R3, situé sous le grand toit jaune.

 

Il fait maintenant plus froid. J’hésite à m’engager dans la R4 de la voie « La tonton Walker », mais le passage côté 6a n’est pas très assuré et je m’élance finalement dans la quatrième longueur.

 

Au R4, l’ambiance a changé. Il y a un peu de neige dans la niche qui sert de relais et on se les gèle carrément (Les mains de Benoît sont blanches, mais avec l’accélération que nous mettons dans les dernières longueurs, tout le monde évitera l’amputation). Nous enfilons une couche  de vêtement en sup’ et la dernière longueur - qui est avec le second le plus beau passage de la voie, - nous donne l’impression de grimper en haute montagne.

 

14 h 15. Nous avons mis un peu moins de 2 h 20 pour faire la voie. Nous voila à la sortie. On n’a croisé personne dans les grandes voies. Vite un petit biscuit, une goulée d’eau (on n’a pas mangé), les cordes sont rangées et nous descendons à toute vitesse vers le secteur de la source pour enchaîner quelques voies, dont un très beau toit, dans un rocher jaune, côté 5 sup’, mais qui laisse pencher que l’on évolue dans le 8… A souligner la très belle prestation de Benoît.

 

16 h 30, nous quittons Saint Jeannet avec l’envie de revenir très vite dans les grandes voies.


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Sortie alpinisme, « Eperon de la Tour Rouge » par les variantes

(voie TD, 250 m, 8 longueurs)

Vendredi 30 septembre 2005

Vendredi, la météo étant bonne, Hugues et moi nous nous sommes retrouvés au pied de la face Sud du Grand Cayre de la Madone. Notre objectif : la voie dite de la Tour Rouge, par les variantes : de départ, puis celle en face Sud de la tour rouge. La course passe de D+, à TD. Les vallons de la Madone étaient déserts. A part deux guides avec leur client (dans petit Cayre) et le gardien du refuge, nous n’avons rencontré personne. Pour être tout à fait juste, il y avait des vaches dans le vallon du Ponset. Pendant toute la journée, leurs clarines ont rythmé notre escalade. Voilà pour le cadre auquel il faut ajouter des mélèzes jaunissants. Place à l’action. Après une petite heure d’approche, le départ de la voie, par la variante, est très facile à trouver (spits visibles au plus bas de l’éperon). Mais la première longueur en 6a est beaucoup moins évidente, même si le rocher est très beau. Ces premiers pas dans l’éperon Sud donneront le ton : la Tour Rouge est une voie surprenante et bien peu homogène. Le 6a/6b, côtoie le 3 ou le 2, ainsi que des parties « rando » dans des petites « prairies » suspendues. L’équipement est bon, mais simplement présent dans les passages techniques. Pour le reste, il faut équiper, quand s’est possible. La traversée à effectuer en adhérence, dans la L3, ne se protège pas facilement sur une dizaine de mètres. Mais quelques passages sont remarquables et donnent à l’escalade un caractère certain. La variante en 6a/6b par le rocher déversant de la Tour Rouge est à faire, ainsi que la longueur suivante qui emprunte une superbe fissure. Après un autre passage un peu technique, c’est le sommet de la Tour Rouge. Mais la course n’est pas terminée et change une nouvelle fois de caractère. Pour sortir au sommet, nous avons tiré un rappel qui permet de rattraper la pente terminale du Grand Cayre. Le relais se fait sur un grand pin. Il y a ensuite une longueur à remonter en tirant sur des touffes d’herbes, puis une fine arête à parcourir. Enfin le sommet. Descente par le couloir Sud du Grand Cayre et retour au refuge. Nous nous attardons avec le gardien qui s’apprête à fermer. C’est la fin de la saison et le vent froid annonce la baisse des températures ainsi que la neige.


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