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C'est bien l'hiver : les routes suivantes
sont fermées
à la circulation pour la période hivernale
à compter de ce jour :
RD 94 : accès à la Madone de Fenestre
RD 189 :accès à la vacherie du Boréon
RD 89 : accès au col de Salèse
RD 3 : fermée après le village de Venanson

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Les éditions Guèrin continuent. La bonne nouvelle a été annoncée le 2 novembre sur le site internet de l’éditeur Chamoniard : «  Marie-Christine Guérin reprend la maison fondée par son mari, récemment disparu » indique le communiqué. Rappelons que Michel Guèrin est décédé le 24 octobre dernier, jour de ses 55 ans. En un peu plus de 12 ans, cet homme atypique avait relancé le petit monde endormi de la littérature de montagne avec une idée osée : publier des livres carrés, au format inhabituel et rouges comme les chaussette des montagnards des années 60. «  Une hérésie économique » reconnaissait-il. Mais ce pari s’est vite transformé en réussite. En 12 ans sa maison d’édition, qui tient dans un appartement de Chamonix, a donné la vie à plus de 80 livres. Il avait commencé en éditant la version non expurgée des Carnets du Vertige de Lachenal, avant de rééditer – et par là même de faire revivre - quelques uns des grands récits de montagne comme les Conquérants de l'inutile. Un seul regret : cette collection de luxe restait chère. Ces dernières années, Michel Guèrin avait développé de nouvelles collections, plus abordables financièrement, et ouvert sa maison à des auteurs inconnus mais savoureux comme Dominique Potard avec son Port de la mer de glace. Ils avaient contribué a donné un autre regard sur la montagne, plus décalé, plus complice, quelquefois ouvrant la polémique, mais donnant ainsi une image humaine et bien vivante de ce milieu.

Ces petits textes ont fait un bien fou à la littérature de montagne et à l’alpinisme, qui pour continuer à exister au-delà d’un cercle restreint de passionnés a besoin de créer ses propres récits et mythes à destination du grand public. Pour cela, on ne peut plus compter sur les grands médias, à l’exception du Monde et du Dauphiné,  qui ignorent le plus souvent l’alpinisme et la plupart des sports de montagne (à l’exception du ski alpin, vendu à la société de consommation), les traitent avec une certaine méconnaissance, ou alors en parlent à travers les drames.

Les maisons d’édition se consacrant, avec constance, à la montagne étaient également devenues rares depuis leur âge d’or, les années 60, 70 et un peu le début des années 80. On peut citer Glènat, qui a fait une large place aux aventures verticales, notamment à travers sa collection « Hommes et montagnes », et qui permet à de très beaux livres de photos sur la montagne d’exister, comme Mont-Blanc Lumières d’altitude de Hagenmuller. Glènat fait également un très intéressant  travail avec ses livres topo, variés, pratiques et joliment illustrés. Dans un autre genre, la maison Hoëbeke propose un certain nombre de rééditions de classiques de la littérature alpine dans sa collection retour à la montagne. 

On pourrait aussi citer la maison Arthaud qui de tend à autre se perd en montagne et permet à de très beaux livres de rencontrer leur public, comme ceux de Mario Colonel. Quand à Grasset, elle a dernièrement permis à Lionel Daudet de prouver que l’alpinisme n’est pas seulement un sport de bourrins ou de trompe-la-mort, en acceptant d’éditer La montagne intérieure. Mais il s’agit là d’une exception.

On ne peut pas en vouloir aux maisons d’éditions, ou au grand médias. Ces dernières années, l’alpinisme a traversé une période délicate. Les grandes premières ont été réalisées. L’alpinisme nationaliste est à ranger aux oubliettes. Les massifs lointains ont perdu de leurs mystères. L’époque des enchaînements multi-sports, sous l’œil des caméras et la pression du chrono, n’est plus à la mode. L’esprit de l’escalade à « mains nue » ne fait plus autant rêver. Les ascensions sans oxygène ne sont plus un exploit. Les grandes plumes de la montagne, aussi agiles avec un stylo qu'un piton se sont tues. Un Desmaison, un Rebuffat, un Frison-Roche, un Bonatti ont autant fait pour l'alpinisme de haut-niveau que pour celui plus grand-public ou la promotion de la montagne. Et à l'époque, des maison comme Flammarion et Arthaud les ont suivis.Les grandes figures du milieu, capables de produire des évènements et du récit se sont posées ou ont disparues, ou sont à la retraite.

L’alpinisme technique, pointu, engagé et plus confidentiel, de ces dernières années intéresse moins le grand public, parce qu’il se déroule soit sur des montagnes moins prestigieuses, soit parce que ses auteurs ne cherchent pas autant la médiatisation, ou ne veulent pas produire de récit. Ou alors quand ils le font c'est sur de nouveaux supports : internet, DVD, etc... Et puis dans une société qui cherche le confort, le ludique, la sécurité, le tout rapidement et sans engagement, le message de l’alpinisme devient incompréhensible, ou pire : anachronique ! 

Heureusement, des alpinistes ont réussi à ouvrir une nouvelle voie. On peut parler de Bérhault, qui avec ses traversées a redonné une grande place au plaisir, à la camaraderie, à l’aventure et à la liberté. Des notions que l'on peut faire partager plus facilement au grand public. Un peu dans le même style, un Lionel Daudet a redonné du sens au mot grimper et de l’éthique à l’alpinisme. Dans un tout autre style, un Lafaille – tragiquement disparu – avait su faire de son petit personnage un mythe. Il poursuivait son chemin sur la voie de l’alpinisme extrême.

L’aventure alpine n’est pas morte. D’autres récits peuvent voir le jour, alimentés par des alpinistes qui sauront trouver de nouveaux terrains pour s’exprimer et des éditeurs pour leur ouvrir les étals des librairies.

On peut donc se réjouir de la volonté des éditions Guèrin de poursuivre leur chemin. Et pour confirmer que l’esprit restera fidèle à celui de Michel, la maison annonce pour l’année prochaine la publication de la biographie de Patrick Bérhault par Michel Bricola, un ami d'enfance. A suivre…

Pour aller plus loin :

http://www.editionsguerin.com/

http://www.glenat.com/


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Personne à la Madone de Fenestre. Personne sur le chemin – verglacé – qui monte à la baisse des 5 lacs. Personne à la Baisse… A si pardon : premières traces de vie à la Baisse des 5 lacs : à notre passage une harde d’une quarantaine de chamois déguerpis dans de grands bonds. Leurs sabots résonnent sur le sol gelé. Il est 9 heures. Encore une heure de marche et voilà la brèche des arêtes de la Pointe André, entre le premier contrefort et le premier gendarmes.

 Sous le sommet, l’ambiance change encore une fois. Le soleil réchauffe bien les prises et à droite les spits de la dernière longueur du pilier Sud brillent. La vue sur les lacs de Prals reste un moment fort de cette course, comme celle sur le littoral, sous les nuages aujourd’hui, et derrière la Corse. Il est midi : sommet. Pause casse-croûte, photos et lecture du panorama, puis nous entamons la descendre, une désescalade toujours un peu délicate en face Nord.  Le rocher est plutôt froid et la présence d’un peu de neige poudreuse augmente la difficulté. Le rappel, de 40 mètres, est une formalité qui donne du piquant à la course. Adieu la Pointe André. Au tour du Neiglier maintenant. La première longueur, sur le fil de l’éperon se fait avec beaucoup de plaisir. Le rocher est vertical et les prises s’offrent facilement. L’escalade est très agréable et l’absence d’équipement oblige à se protéger intelligemment sur coinceurs et friends. Il vaut mieux être sûr de soi et de sa technique de pose de protections. Le premier relais renforce le caractère aventure de cette traversée d’arête : un vieux piton rouillé que l’on renforce avec des sangles sur un bon becquet. Ensuite, la traversée sur une vire ascendante en versant Nord est une formalité, même si le vide est bien présent. Un bon piton protège le « pas » de la voie. Cinq mètres plus haut, on gagne l’arête horizontale et la course perd un peu de son intérêt. Heureusement, le panorama prend le relais : du Gélas à la mer, le paysage se montre d’une très grand richesse. Attention, toutefois, à ne pas relâcher son attention : le rocher demande de l’attention et les gros blocs ne demandent qu’à tomber. La présence de névés donne à cette fin de course des airs de « mixte ».Du sommet, on peut admirer les lacs de la Gordolasque : le lac Autier et son noir profond, celui du refuge de Nice, déjà gagné par le gel et plus haut le lac Long, avec au dessus la Malédie et le Gélas. Pour rester dans l’esprit mixte, nous sortons le piolet pour descendre le couloir du Neiglier, déjà à moitié en neige. Le ciel est clair. L’air pur annonce les derniers jours de l’été indien.Côte Sud, le soleil réchauffe les rochers et donne à la course des allures de virée estivale. Côte Nord, quelques plaques de neiges et de glaces s’accrochent et le rocher – noir – est froid. En quelques centimètres l’ambiance change de saison. La progression est plutôt évidente, facile, presque ludique et le rocher très correct. Il suffit de jouer à saute mouton d’un gendarme à l’autre : on monte et on descend, on monte et on descend, sauf au troisième gendarmes. En contrebas, le petit lac du vallon du Ponset est gelé et la combe Nord a déjà des allures de mois de décembre : le soleil n’y descend plus et l’endroit à des airs lugubres, renforcés de temps à autre par les explosions des pierres, détachées de la face Nord de la Pointe André, qui vont s’y écraser.

Le retour se fait sous un coucher de soleil fantastique, dans le silence des vallons des  lacs de Prals. Seuls quelques chamois viennent donner une touche de vie à l’endroit. Dans la descente, le soleil disparaît et avec lui la lumière. La nuit prend le bas du vallon de la Madone, puis grimpe jusqu’au Gélas. Noir complet pour descendre les lacets – glacés – du chemin. Au parking, une voûte étoilée nous accueille.

Plus d'infos :

Traversée des arêtes de la Pointe André : niveau AD, emporter corde à double de 50 m et jeux friends, coinceurs + sangles.

Traversée du Neiglier : niveau AD, emporter corde à double de 50 m, et friends et jeux de coinceurs + sangles. Piolet et crampons utiles pour descendre le couloir.

 


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Le Cayre Colomb ? Un gros caillou posé à côté du Ponset, son imposant voisin. Une dent, suivant d’où on le regarde. On ne peut pas vraiment parler de montagne. Pourtant, dans le cirque du Gélas, le Cayre Colomb est une destination originale pour faire de l’alpinisme. Sa traversée est une « petite » course complète : aucun équipement (sauf le rappel), un couloir d’attaque à faire en neige dure, une traversée d’arête aérienne, des gendarmes à escalader et descendre, un rappel, et vue à couper le souffle sur la Gordolasque, l’ensemble Gélas Saint-Robert, sans oublier le Clapier… et même la Corse. D’un niveau très facile (PD), elle n’est tout de même pas à prendre à la légère, et suivant son humeur, on peut compliquer un peu les choses en restant tout le temps sur le fil de l’arête. Enfin, cette course est plutôt en entreprendre en début de saison, ou en fin, quand la neige, présente, ajoute un peu de piquant.

C’était le cas samedi. Dans le vallon du Pas du Mont Colomb, on s’enfonce dans 30 à 60 cm de neige fraîche. Le soleil ne franchit pas les crêtes du Ponset et la température tombe : c’est presque l’hiver ! Ambiance ski de rando... Enfin, presque.Au Pas du Mont Colomb, on retrouve le soleil. Au lieu de longer la base de l’arête et d’attaquer par le couloir, en neige trop molle, nous partons du Pas du Mont Colomb par des rochers faciles et ludiques. La neige donne des allures de « mixte ». Sur cette première partie, on peut jouer à chercher des passages plus ardus.

Puis, on débouche sur un gendarme. Il ne s'agit pas encore de ceux de l'arête principale. Derrière, la mer se détache en orange sur l’horizon et les crêtes des montagnes Corses apparaissent en plus sombre. De là, il faut redescendre quelques mètres, puis prendre une rampe en mauvais rocher et en herbe, sur laquelle on ne peut pas vraiment bien s’assurer, pour passer entre une étroite brèche et basculer en versant Sud. La vue sur la Gordolasque enneigée est toujours aussi impressionnante. On domine le refuge de Nice de prés de 800 mètres.Ensuite, la course se poursuit, toujours corde tendue, par quatre petits gendarmes où on peut s’amuser à grimpouiller sur du beau rocher.

Puis voilà l’arête sommitale, horizontale, sur laquelle on court, en équilibre, un pied dans le vallon de la Madone de Fenestre, l’autre dans la Gordolasque.

Le sommet. Dix mètres de descente pour trouver le relais du rappel : 2 vieux pitons, avec 4 vieilles sangles. Un rappel de 15 mètres. Quelques mètres de descente sur un bout d'arête branlante, puis c'est la descente par un couloir enneigé et le retour au refuge de la Madone, avec un les couleurs de l'automne sur le Gélas et le St-Robert.

Infos pratiques :

Niveau PD, à AD suivant les conditions. Pas d'équipement en place, sauf pour le rappel. Emporter sangles, friends et quelques coinceurs. Corde de 40 m. Course n°700 sur le Gass, avec variante (départ sur l'arête depuis le Pas du Mont Colomb).

Horaire : 1 h 30 à 2 h d'approche. Course de 1 h à 2 h 30. Corde tendue.


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L'image du jour

 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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