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Aventuralpines

Ultra Raid de la Meije 2012

24 Septembre 2012, 12:24pm

Publié par Fred06

Vue à couper le souffle sur la Meije

Vue à couper le souffle sur la Meije

ULTRA RAID MEIJE 2012 par fredel06

L’année dernière une météo un peu humide avait perturbé la première édition de l’Ultra Raid de la MeijeCette année, les prévisionnistes de Météo France ont joué toute la semaine précédente avec les nerfs des participants : mauvais le lundi, un peu mieux le mardi, mauv ais le mercredi, beau le jeudi, et des nuages avec de la pluie annoncés le vendredi. Bon, à ce petit jeu-là, on verra bien samedi matin, pour la rando vers Besse et Emparis.


Samedi matin 7 heures… Le ciel est couvert. Ca va se dégager ? Encore raté ! Il se met à pleuvoir à 7 h… Super, surtout quand on se prépare et que l’on est au camping. 8 h 30, briefing de l’organisation : «  bon, il pleut, mais ça devrait se lever dans l’après-midi. Attention ça glisse, ya de la boue, etc, etc…Si ça continue on neutralise la dernière descente ». Bon, bon, bon... 8 h 45. On attend sous la tente : «  se lèvera, se lèvera pas… ». Bah non, le temps ne se lèvera pas maintenant. La pluie redouble  même d’intensité. Tant pis pour l’échauffement, on attend sagement sous la tente de départ.


9 h. Départ en direction des Terrasses via le vieux village de la Grave et ses ruelles en pente. Au bout de 100 mètres de piste, la boue colle aux pneus et commence à perturber le bon fonctionnement de la transmission. De toute façon, la pente est trop raid : on pousse, ou on porte avec un vélo alourdi par de gros paquets de boue…  Un vrai calvaire. Difficile de se mettre dans le rythme de la course.
Direction le torrent de Martignare, cette fois sur une piste qui roule. Enfin, la boue colle toujours autant et au moment d’attaquer la première descente, sur de l’herbe, c’est Holiday on Ice. Visibilité 100 mètres, humidité 95 % (environ !), contrôle du vélo 5%. Même les moutons, croisés en bord de piste on peur et s’écartent devant tant de figures libres et de freins à disque qui grincent...


Fin de la plaisanterie. Il s’agit maintenant de remonter le vallon  du Torrent du Gâ, sur une bonne piste roulante… Enfin, quand on n’a pas un vélo qui a horreur de la boue. C'est le cas de mon Scott Genius... Sans parler de mon dérailleur et de sa roulette qui font des siennes. A cause de la boue, la transmission ne fonctionne plus : le dérailleur avant ne veut pas passer sur le petit plateau (pratique en montagne..) et tous les 10 mètres, le dérailleur arrière  se bloque. Tout ça parce que ma roulette de dérailleur, light et évidée, permet à la boue et à l’herbe de faite des nœuds avec la patte du dérailleur. Super ! Il faut à chaque fois descente et nettoyer, jusqu’à la prochaine fois. A ce jeu, je me décide à pousser le bike jusqu’à un torrent providentiel, 300 mètres avant le ravito et le portage vers Emparis. Que de temps et d’énergie perdus. Je suis en fin de cortège…
Heureusement que pour porter le vélo, tout fonctionne à peu prés bien : épaule ok, jambes ok et chaussures pleines de boue. Une bonne chose, la pluie s’arrête !
Plateau d’Emparis ! Enfin, je ne pensais plus y arriver. Un beau sentier amène au col, pour descendre vers Besse. Je n’y vais pas : dérailleur fantasque, impossible de rattraper mon retard et cette fin de bronchite qui me fait respirer comme une chaudière. Je donne ma plaque à un contrôleur et file vers les lacs d’Emparis. Magnifique sentiment de liberté en traversant le plateau. Prairie jaune, ciel bleu (oui, le vent a poussé les nuages) et quelques gros paquets de coton attachés aux Ecrins. Tout l’esprit de cet Ultra Raid est là : paysages superbes, ambiance haute montagne, sentiers techniques et physiques.
Pour la traversé des lacs, le dérailleur me laisse en paix, ce qui me permet de profiter des singles.

La descente du plateau est magique : rapide, ludique et avec un panorama à couper le souffle. C’est à ce moment que ma chaîne casse. Fallait s’y attendre. Réparation et en piste pour attaquer les deux plus belles descentes : celle vers le Chazelet et l’autre par la chapelle. Un grand moment de VTT.
Bilan de la journée ! 38 km pour 1 700 m de deniv et 6 h de sortie,  pour 4 h 05 de roulage : les deux heures perdues, merci la boue et le dérailleur…

 
Dimanche.
Petit doute sur mon état de santé : une bronchite pour attaquer le Lautaret, le Galibier, les Cerces et le Lautaret, c’est pas super, super… Tant pis, à 5 h du mat’ la motivation est la plus forte et le temps s’annonce au beau.


6 h 30 arrivée à Villars d’Arène. Sur la place du village, c’est l’effervescence. Le départ est donné à 7 h, dans une relative pénombre. On y voit sans frontale mais pas plus. Cieldégagé, sentier sec… Que demander de plus ? SI. Un peu plus de souffle ! Heureusement, avant le Lautaret, le soleil se lève sur la Meije : un grand moment de vélo de montagne. Lautaret et ravito. Descente en direction du Chemin du Roy pour attaquer le Galibier par la piste du Roy, une ancienne piste militaire qui monte tranquillement. Enfin : il y a tout de même 7 km à rouler et 800 mètres à grimper… On mouline à travers les alpages : vaches, marmottes, il y a du monde en bord de chemin pour nous encourager. Au tunnel on prend à gauche pour récupérer la crête sommitale. Le vent se lève, il fait froid et la pente est rude. C’est du vrai vélo de montagne : il se porte comme un sac à dos ! Après 3 h 20 de course voilà le Galibier à 2645 mètres. Au fond le Mont-Blanc, de l’autre côté les Ecrins, la Meije et au sud le Queyras.


Petit moment de doute…  Descendre vers Valloire pour enchaîner avec les Cerces ? Il reste 40 km de course et prés de 2000 mètres de déniv’… Pas d’autre échappatoire en cas de descente : il faudra se débrouiller seul pour rentrer. Et avec des poumons dans cet état, difficile de forcer, les jambes se crispent, le souffle est trop court. Et mon entraînement des derniers jours a été défaillant… Je décide donc de donner ma plaque et de rentrer par le même chemin. Un autre grand moment de vtt, même si je suis hors course.


Une belle organisation, des parcours superbes, rendez-vous l’année prochaine. Avec de bons poumons !
 

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