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Aventuralpines

La magie des vieux topos

13 Novembre 2007, 06:48am

Publié par Frédéric Delmonte

Il y a peu de temps, je suis tombé sur le « Guide des escalades du baou de Saint-Jeannet » de Michel Dufranc. Cette merveille a été éditée en 1962 par le club alpin de Nice. Il s'agit d'un livret plutôt fin, fragile presque, mais qui a franchi les années sans trop de casse. La couverture est en noir et blanc, ainsi que les pages intérieures. La mise en page est simple. La police de caractère aussi. Pas de photo, mais des croquis qui donnent à l'ouvrage une valeur artistique évidente. Il y a de la magie dans ce petit livre-là. Et beaucoup d'histoire... En le regardant, on a l'impression d'être dans les voies par procuration.

 Le topo commence avec une introduction géographique du massif du Baou, par Karékine Gurekian. Quant à Jean Vernet, il signe une note géologique, pour faire «  la reconstitution des évènements qui ont abouti à l'édification des Baous  ». Puis, en tournant les pages, on tombe sur un très joli croquis de la grande face, un dessin que l'on pourrait très bien détacher et encadrer pour poser contre un mur. Ainsi, avant d'attaquer la lecture des topos de chaque voie, on est déjà sous le charme du Baou. Il n'est pas seulement une masse de rochers calcaires à vaincre, ou un terrain de jeu un peu anonyme, mais devient familier.

Datant de la même époque – 2éme trimestre de 1963 – j'ai aussi remis la main sur un bulletin trimestriel des excursionnistes toulonnais. Pas de topo, ou de photo, dans ce fascicule envoyé aux adhérents de l'association. Il s'agit du livre de bord des activités du club, qui sont la marche, essentiellement, mais aussi l'escalade, ou le ski. Ainsi, le 27 janvier 1963, un compte rendu de sortie est rédigé. Le 27 janvier, on apprend que Knoertzer a animé « une école d'escalade et d'assurance » au Baou des Quatre Vents, une falaise de l'aire Toulonnaise qui a vu éclore les talents, entre autre, du jeune Patrick Edlinger. Dans la journée, il est écrit que «  les E.T, la Bernard et le Toit sont franchis ». A ce stade, il faut expliquer que les E.T, pour excursionnistes toulonnais est la grande voie historique du Baou, ouverte par les grimpeurs de cette association dans le années 30. En 4 longueurs entre le 3c et le 5a, elle permet de sortir sur le plateau sommital de la montagne. La vue sur la rade Toulonnaise, le Mont Caume et le Faron y est très belle. Nombre de grimpeurs de la région ont commencé en grande voie par les E.T.

En parcourant les autres comptes rendus de sortie, on est frappé par les conditions météo rencontrées lors de cet hiver 1962-63. Le 3 février, les marcheurs vont dans les gorges du Destel, du côté du château du Diable (site d'escalade réputé aujourd'hui). Il est marqué que «  le froid et l'enneigement donnent à l'épreuve alpestre son véritable aspect de course en montagne » ! Dans ces gorges, on se trouve à moins de 20 km de la mer et dans une altitude comprise entre 80 et 500 mètres. Plus loin, le 10 février, rebelote au Lachens : «  l' abondante chute de neige offre de splendides paysages inhabituels ». On avait oublié le 23 décembre : «  violentes bourrasques de neige » au Pas de la Cabre, à la Sainte Baume. Des conditions que l’on aimerait retrouver plus fréquemment de nos jours...

Et pout terminer, rien que pour le plaisir, un extrait du Paschetta sur le Mercantour, secteur Gordolasque. Il s'agit du Mont Clapier :

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