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Traversée Pointe André - Neiglier

par Frédéric Delmonte 9 Novembre 2007, 07:13 Grandes voies

Personne à la Madone de Fenestre. Personne sur le chemin – verglacé – qui monte à la baisse des 5 lacs. Personne à la Baisse… A si pardon : premières traces de vie à la Baisse des 5 lacs : à notre passage une harde d’une quarantaine de chamois déguerpis dans de grands bonds. Leurs sabots résonnent sur le sol gelé.

 

Il est 9 heures.

 

 

Encore une heure de marche et voilà la brèche des arêtes de la Pointe André, entre le premier contrefort et le premier gendarmes. On s'équipe pour une longue bambée alpine, en équilibre sur le fil des arêtes... La première longueur se fait à corde tendue, sur du rocher encore froid. Pas de grosse dificulté.

Une fois sur l'arête le cheminement est évident et quelquefois athlétique. Le rocher est sein, mais il faut tout équiper.

 

 

Sous le sommet, l’ambiance change encore une fois. Le soleil réchauffe bien les prises et à droite les spits de la dernière longueur du pilier Sud brillent. La vue sur les lacs de Prals reste un moment fort de cette course, comme celle sur le littoral, sous les nuages aujourd’hui, et derrière la Corse.

Il est midi : sommet. Pause casse-croûte, photos et lecture du panorama, puis nous entamons la descendre, une désescalade toujours un peu délicate en face Nord.  Le rocher est plutôt froid et la présence d’un peu de neige poudreuse augmente la difficulté.

Le rappel, de 40 mètres, est une formalité qui donne du piquant à la course. Adieu la Pointe André. Au tour du Neiglier maintenant. La première longueur, sur le fil de l’éperon se fait avec beaucoup de plaisir.

 

 

Le rocher est vertical et les prises s’offrent facilement. L’escalade est très agréable et l’absence d’équipement oblige à se protéger intelligemment sur coinceurs et friends. Il vaut mieux être sûr de soi et de sa technique de pose de protections. Le premier relais renforce le caractère aventure de cette traversée d’arête : un vieux piton rouillé que l’on renforce avec des sangles sur un bon becquet. Ensuite, la traversée sur une vire ascendante en versant Nord est une formalité, même si le vide est bien présent. Un bon piton protège le « pas » de la voie.

 

 

Cinq mètres plus haut, on gagne l’arête horizontale et la course perd un peu de son intérêt. Heureusement, le panorama prend le relais : du Gélas à la mer, le paysage se montre d’une très grand richesse. Attention, toutefois, à ne pas relâcher son attention : le rocher demande de l’attention et les gros blocs ne demandent qu’à tomber. La présence de névés donne à cette fin de course des airs de « mixte ».

 

 

Du sommet, on peut admirer les lacs de la Gordolasque : le lac Autier et son noir profond, celui du refuge de Nice, déjà gagné par le gel et plus haut le lac Long, avec au dessus la Malédie et le Gélas. Pour rester dans l’esprit mixte, nous sortons le piolet pour descendre le couloir du Neiglier, déjà à moitié en neige.

 

 

Le ciel est clair. L’air pur annonce les derniers jours de l’été indien.Côte Sud, le soleil réchauffe les rochers et donne à la course des allures de virée estivale. Côte Nord, quelques plaques de neiges et de glaces s’accrochent et le rocher – noir – est froid. En quelques centimètres l’ambiance change de saison. La progression est plutôt évidente, facile, presque ludique et le rocher très correct. Il suffit de jouer à saute mouton d’un gendarme à l’autre : on monte et on descend, on monte et on descend, sauf au troisième gendarmes.

En contrebas, le petit lac du vallon du Ponset est gelé et la combe Nord a déjà des allures de mois de décembre : le soleil n’y descend plus et l’endroit à des airs lugubres, renforcés de temps à autre par les explosions des pierres, détachées de la face Nord de la Pointe André, qui vont s’y écraser.

Le retour se fait sous un coucher de soleil fantastique, dans le silence des vallons des  lacs de Prals. Seuls quelques chamois viennent donner une touche de vie à l’endroit. Dans la descente, le soleil disparaît et avec lui la lumière. La nuit prend le bas du vallon de la Madone, puis grimpe jusqu’au Gélas. Noir complet pour descendre les lacets – glacés – du chemin. Au parking, une voûte étoilée nous accueille.

 

 

Plus d'infos :

 

Traversée des arêtes de la Pointe André : niveau AD, emporter corde à double de 50 m et jeux friends, coinceurs + sangles.

Traversée du Neiglier : niveau AD, emporter corde à double de 50 m, et friends et jeux de coinceurs + sangles. Piolet et crampons utiles pour descendre le couloir.

 

 

 

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