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Aventuralpines

Seul au sommet de l'Everest avec Messner

25 Octobre 2007, 07:06am

Publié par Aventuralpines

 

 

 

Les horizons vaincus, la face Nord de l’Everest en solo

Reinhold Messner

Arthaud, collection « Altitudes » Edité en 1983

Disponible en occasion : environ de 12 à 18 euros

En 1980, Reinhold Messner repart à l’ascension de l’Everest. Deux ans plus tôt, il a été le premier alpiniste à atteindre le toit du monde sans oxygène, un exploit qui a fait de ce Sud Tyrolien, une figure mondiale, célèbre bien au-delà du cercle des alpinistes. Cette fois, Messner veut aller encore plus loin : il prévoit de gravir la face Nord de l’Everest en solo, dans le cadre d’une expédition très légère et sans oxygène. Il part avec sa compagne de l’époque et une poignée de sherpas, sans grand moyen, ni logistique démesurée. Et c’est ce qui frappe dans cette aventure hors norme. En accompagnant Messner dans son voyage d’approche, puis son acclimatation, on a l’impression d’assister à une partie de camping sur les bords de l’Everest, à un voyage touristique, ou un insouciant trekking. Pourtant Messner s’apprête à réaliser un exploit hors norme, et d’un engagement total. Une erreur et notre homme ne pourra compter sur personne d’autre que lui. Ainsi, trois jours avant d’arriver au sommet, il tombe dans une crevasse : «  si j’arrive à m’en sortir vivant, je redescendrai, je renoncerai. Jamais plus de 8000 en solo » écrit-il. Sorti de ce mauvais pas, il se redresse et reprend sa marche vers le sommet !

Quelle force pousse cet alpiniste à marcher, seul, sans oxygène, et avec comme unique protection sa tente « escargot » qu’il trimbale sur son dos ? Messner a une volonté phénoménale. Page 201, il écrit : « Tout là haut, je le sais, il n’y aura plus que ma volonté capable d’arracher mon corps à la léthargie pour qu’il accomplisse un nouveau pas ». Et un égoïsme aussi grand ! Ce livre est écrit à deux plumes. Messner a intégré des passages du journal de bord, tenu au camp de base par Nema, sa compagne. Elle présente Messner comme un «  homme fort », à la «  personnalité originale », mais reconnaît aussi que Messner la « rend folle ».

Cette ascension, Messner la vit dans le souvenir de celle, tragique, de ceux qui sont rentrés dans la légende de l’Everest, et notamment de celle de Mallory et Irvine en 1924. Il se met dans les pas de ces prédécesseurs et, à plusieurs reprises, se sent accompagnés par eux. Il y a dans cette obsession, plus qu’une démarche historique, presque une quête mystique. A chaque passage clef de l’ascension, il se demande comment ont fait, avant lui, les autres prétendants au sommet. «  Mallory n’a pas pu gravir le deuxième ressaut, il a essayé de la faire, mais sans succès. J’en suis aussi sûr que je suis là à étudier cette dernière partie de l’ascension » écrit Messner.

En réussissant cette ascension, Messner ne suis pas seulement les pas de Mallory et Irvine, avec son style d’ascension, en solitaire et sans oxygène, il ouvre un nouveau chemin extrême vers les sommets. Chemin qu’un Lafaille, par exemple, suivra et compliquera en s’attaquant en solo, à des voies encore plus engagées. Avec la fin tragique que l’on connaît.

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