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Aventuralpines

Saint-Robert et Gélas par les arêtes

20 Mai 2007, 16:44pm

Publié par Frédéric Delmonte

 
 
5 h 30, dimanche 20 mai. Nous avons quitté le refuge de la Madone de Fenestre dans le noir le plus complet. C'était il y a30 minutes. Maintenant, le soleil se lève derrière les crêtes du Saint-Robert (à gauche) et du Gélas (à droite avec se 2 sommets), nos deux objectifs de la journée. Le vent arrive et quelques nuages pointent le bout de leur nez.
La journée débute à peine, ce sera une longue journée que nous allons passer à courir sur les crêtes frontalières du "toit" des Alpes-Maritimes (le Gélas à 3 143 m) et d'un de ses plus beaux sommets, le Saint-Robert (2 919 m). 
 
6 h 50. Le Pas du Saint-Robert est maintenant derrière nous. Aprés quelques gestes d'escalade, les automatismes reviennent. Belle ambiance, avec d'un côté le soleil qui continue à se lever et de l'autres les vallées italiennes plongées dans la brume et les nuages... qui montent...montent vers les arêtes frontalières, notre chemin du ciel qui doit nous conduire droit sur le Gélas.
 
 
 
On avance corde tendue, en 2 cordées, posant le minimum de protections pour ne pas perdre de temps. Le rocher est toujours aussi agréable à toucher et l'escalade est athlétique, naturelle et trés esthétique. Les becquets ne manquent pas pour y passer la corde. Ci dessous, un des 2 ou 3 beaux passages sur les premiers gendarmes du Saint-Robert. Sur cette arête, on ne croise que 2 vieux pitons
 
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9 heure. Le sommet du Saint-Robert est maintenant derrière nous. On attaque la descente de son arête Est, en direction du Collet du Saint-Robert, petit col qui sépare ce sommet de celui du Gélas. En dessous sur la photo, on voit le Gélas et sa longue arête Ouest. Notre prochain objectif.
 
 
10 heure, Collet du Saint-Robert. Pas le temps de s'arrêter : on tient l'horaire, alors en avant pour l'arête Ouest du Gélas. On raccourcit l'encordement et  on met préventivement le piolet sur l'épaule. Aucun protection dans ce parcours que l'on avale corde tendue au pas de course. On double 2 cordées à mi-hauteur.
 
 
Enfin un peu de neige et de mixte pour ajouter du piquant à l'ambiance montagne.
 
 
Depuis quelques minutes les nuages nous ont rejoint. Brouillard, froid et vent. On approche du sommet. Un névé d'une dizaine de mètre à franchir avec l'aide du piolet et voilà l'arête sommitale, en mixte, avec une cordée qui nous suit.
 
 
La fatigue commence à se faire sentir, mais le sommet n'est plus trés loin. Un nuage se crève et à une vingtaine de mètres j'aperçois la vierge sculptée dans un tronc de mélèze par un artisan de Saint-Martin de Vésubie. 11 h 15 : enfin le Gélas. Nous restons dans le brouillard et le froid. Des italiens arrivent par l'arête Est, notre prochain objectif. Il ne faut pas relacher notre attention. Le parcours est encore un peu en neige avec quelques plaques de glace. La descente est avalée en corde tendue en un peu moins d'une heure.
En arrivant au Balcon du Gélas, à 12 h, nous ne voyons toujours rien, mais la course est presque terminée.
 
 
Encore 2 h de descente à pied, dans la neige, puis les pierres et un chemin, pour retrouver le refuge, Patric et ses tartes au myrtilles. Il est 14 h 50. La fatigue est bien là, mais la course derrière nous. La traversée intégrale Saint-Robert/Gélas est décidément une course exceptionnelle pour le Mercantour, jamais difficile, mais toujours belle et amusante. A parcourir corde tendue et à faire de préférence quand il reste de la neige.

Le topo : sur Camp to Camp

Voici le topo en photo. A gauche, on n'aperçoit pas le Pas du Saint-Robert, départ de la course. (Photo prise il y a 2 ans, depuis le Cayre Colomb).

 

Nos temps : Approche (1 h 30), Arête Ouest du Saint-Robert (2 h 10), Arête Est du Saint-Robert (1 h), Arête Ouest du Gélas (1 h 15), Arête Est du Gélas (1h), descente (1 h 50).

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