Tour de la cime de Tavels

Publié le 31 Mars 2007

Après ces dernières semaines à faire du V.T.T, la traversée à skis de randonnée du Gourc de la Peur, au dessus d'Isola 2000, semble irréelle. Les ponts de neige se sont même reformés au dessus des torrents. La neige est de retour dans le Mercantour !. Enfin sur quelques vallons et sommets des crêtes frontalières. Les chutes de neige de la fin de semaine ont été très localisées. Merci la Lombarde.

8 h 30. Il fait plutôt froid pour la saison, le soleil est au rendez-vous, mais pas pour très longtemps, d'après le bulletin météo. Jusqu'à la première pente, la neige porte bien. Ensuite, il faut faire la trace dans 30 cm de fraîche. A 9 h, nous retrouvons le soleil au col Mercière, et le panorama se dégage. Un regard en arrière, pour jeter un coup d'oeil sur les crêtes du Malinvern et son sommet qui fume. Le Malinvern, fabuleux sommet, avec sa longue arête de Cessole (course décrite dans ce blog au chapitre alpinisme) et son sommet rouge.

Petit doute à ce moment là : la neige sera t'elle au rendez-vous sur le reste de notre parcours ? A main droite, les pentes Sud de la Tête Mercière sont dégarnies par le vent. Plus au Sud, les sommets au dessus de Mollières sont blancs. Et notre vallon ? Il abrite une belle neige de printemps, bien portante.

En avant ! En quelques minutes, nous rejoignons le vallon de Tavels. La première partie de la montée se fait sur une pente plutôt soutenue, entre sapins et rochers. A droite, les crêtes de Plagels, plâtrées de neige, nous dominent. En hiver, ce vallon est toujours aussi sauvage et calme. En faisant une pose, nous nous apercevons qu'il n'y a pas un bruit, pas un souffle d'air. Le silence absolu. En montant, nous admirons les belles pentes Nord qui mènent à la baisse de Claus, ou des Portettes.

Encore quelques enjambées et voilà le second col de la journée : la baisse de la Lauze, qui mène au vallon italien de Valscura. Petite déception : elle est en grande partie déneigée. Bernard file sur la droite récupérer une langue de glace et de neige. Je tire tout droit, skis sur le dos, et remonte les éboulis jusqu'aux lames de pierre du col. En bas, on aperçoit un skieur de rando solitaire.

11 h 20. En même temps que nous remontions le vallon, le mauvais temps s'est installé. A la baisse, il est sur nous et  absorbe l'arête Sud de la cime de Tavels.Le jour blanc descend, en même temps que les flocons de neige accentuent leur chute. L'ambiance change, aussi bien dans les airs qu'autour de nous. Les parois Nord de la Tête de Claus ont retenu des flammes de givre. Au sol, les premiers virages de la descente Nord de la baisse sont en glace, puis en poudreuse lourde. Au bas de la pente on distingue quelques accumulations de neige. Des plaques ? Avec Bernard, on tombe d'accord sur leur nombre : il y en a au moins 2.

Je m'élance, dans une certaine concentration et sans les dragonnes ni les sécurités des skis. Un dérapage pour ne pas aller taper dans les rochers qui dépassent, puis un virage et un autre, encore un et voilà la poudreuse lourde.

Comme il y a 3 ans, cette petite descente réserve son lot de surprises. Comme il y a 3 ans, presque au même endroit, ma fixation saute à cause de l'accumulation de neige sous le ressort. S'arrêter dans le mauvais temps, sortir le couteau Suisse et attaquer la boule de glace. Cette fois-ci, j'ai un peu plus de chance. Je ne me prends pas les coulées de neige de la face Nord de Claus sur la gueule. Bon... On en étions nous ? Ah, oui : recoller les peaux de phoque, puis remettre les fixations et lever la tête vers la dernières difficultés de la journée : la baisse de Druos. Du bas du vallon, on l'aperçoit à peine.

Le jour blanc est là. Sans s'annoncer, il s'est descendu dans le vallon, recouvrant le moindre relief. Dans ces conditions, il est délicat de faire un trace logique et on s'épuise vite à tracer dans les accumulations de poudre. Voilà le col. Pour grimper sur le chemin d'été çà moitié recouvert, il faut jouer les équilibristes sur une plaque de glace, puis jeter ses fesses sur la première pierres salvatrice et faire monter ses skis.

Le mauvais temps est bien là : du vent et des flocons de plus en plus lourds.

Une fois de plus, le passage de la baisse s'avère délicat. On n'attaque pas direct dans la descente, (trop de rochers) pour traverser par le chemin d'été. Mais une belle accumulation de neige dure domine le vide et les rochers. Ai-je bien préparé mes carres ? C'est la question que je me pose en traversant, avec sur les yeux un masque à neige... recouvert de neige humide. Question visibilité, on fait pas mieux !

Enfin la descente vers Isola, dans une neige cartonnée. A la piste, un rayon de soleil pointe son nez, puis le beau temps revient.


Le parcours :

Plus d'infos :http://skirando.camptocamp.com/sortie30712.html?page=4

Rédigé par Frédéric Delmonte

Publié dans #Ski de Rando

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