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Aventuralpines

A la recherche de la dernière neige à Estenc

14 Janvier 2007, 19:11pm

Publié par Frédéric Delmonte

 

Samedi 13 janvier 2007. Après lecture du bulletin météo et  coup de téléphone au gardien du refuge de la Cantonnière, on décide de prendre la direction d'Estenc. Dans le Mercantour, si de la neige a survécu à l’offensive des températures printanières de ces derniers jours, et à la désertion des précipitations neigeuses, elle doit se trouver quelque part au dessus des sources du Var. C’est là que la résistance a dû s’organiser.
Nous entamons donc une migration un peu particulière, à la recherche du froid et de la poudre blanche, par la vallée du Var, Entrevaux, les gorges du Daluis, Guillaume, puis Saint-Martin d’Entraunes, Entraunes et enfin Estenc, là où enfin la route s’arrête.

 

 

500 mètres après le refuge de la Cantonnière, au pont, un tas de neige interdit le passage. On abandonne les voitures pour continuer à pieds, skis sur le sac à dos, à la recherche des dernières traces de neige des Alpes du Sud.

 

 

1911 mètres d’altitude et toujours pas de neige… Il faudra attendre les cabanes de Sanguinière pour chausser sur une couche correcte.

 

 

Ce n’est pas le grand Nord, mais assez pour faire chauffer les peaux de phoque. Voilà le soleil et les cabanes de Sanguinière. L’endroit est toujours aussi fabuleux. Derrière nous, la lumière du matin fait flamber le sommet des Garrets, ou la montagne de l’Avalanche qui porte bien mal son nom en ce mois de  janvier 2007. Nous continuons par le ravin du Colombier pour gagner le col de Sanguinière, à 2601 mètres d’altitude. Neige de printemps, soleil et une température qui n’arrête pas de monter, en même temps que nous approchons du col.  Fait chaud !

 

 

La température devient bien vite insupportable dans la combe. On se croirait fin mai, début juin même. Un dernier coup de cul. Voilà le col et la vue sur le Viso (sur la photo, la pyramide derrière les crêtes). Il y a un peu de vent.

Les degrés retombent bien vite. On remet quelques couches de vêtements, puis attaquons la crête menant à la tête du Colombier, skis sur le sac. La neige est dure, mais il n'y a pas besoin d'enfiler les crampons.

 

On trouve quelques passages rocheux à négocier, dans une ambiance alpine et avec un grand panorama : la vallée du Var à droite, celle de Sestrière à gauche. La traversée des crêtes est aérienne.

 

 

2856 mètres, voilà la tête de la Sanguinières, un peu dégarnie il est vrai, mais le paysage est toujours à couper le souffle. Au fond, on aperçoit même la mer de nuage et derrière la silhouette de la Corse (elle se détache du ciel en un peu plus sombre sur cette photo. Elle est soulignée par un trait orange)

 

 

On casse la croûte avant de redescendre la combe de Valloar par une pente raide. La neige est déjà pourrie par le soleil et la chaleur. On déclanche une petite avalanche avant de changer de couloir. Nous voilà au pied de la combe Nord du Gias Vieux. Le soleil est absent : il fait presque froid et la neige plutôt abondante pour les conditions actuelles dans le Mercantour est très dure. Remettre les peaux, puis les couteaux et à l’attaque. Nous remontons le petit couloir qui mène à la baisse du Gias Vieux (sur cette photo, la trace en orange).

 

 

C’est plutôt raide, mais il est très agréable d’enchaîner les conversions. Quelques dizaines de mètres plus haut, la pente se redresse encore et maintenant, il est un peu moins agréable d’enchaîner les conversions, surtout avec des peluches dont le grand âge diminue le mordant… Ne pas glisser, ne pas glisser…

 

 

Voilà le haut du couloir et le soleil. Direction la petite pyramide de la Sanguineirette (2855 m), avec au fond la pointe du Trou de l’Ane. Sous les rochers ont plante les skis pour continuer par la petite arête rocheuse. Au sommet, la vue est plongeante sur Saint Dalmas le Selvage, déjà dans l’ombre. De l’autre côté, le Pelat et le Cimet invitent le skieur à rester quelques jours dans le coin, histoire d’enchaîner les courses. Juste en dessous du sommet un grand couloir nous attend (couloir Ouest en S5).

 

 

La neige est encore dure. Les premiers virages sont un régal. On s’engage entre les rochers. Il y a assez d’épaisseur pour ne pas toucher et la neige est restée glacée. Au bas du couloir, nous rejoignons la combe de Cartairet. Le soleil est juste en face de nous. L’air est presque palpable tellement il semble pur. Il n’y a pas un bruit. Personne dans les combes au dessus des sources du Var. Et ce paysage toujours aussi sublime.

 


 

Nous rejoignons la forêt domaniale des sources du Var dans une neige très lourde à skier. Revoilà les cabanes de Sanguinière, puis le sentier avec ses plaques de glace, ses pierres et passages sans neige. Nous arrêtons le jeu de massacre sur la route, juste à temps avant d’entamer les semelles de nos chaussures.
Avec les conditions météo, cette  journée de ski de rando était inespérée.


Les conditions :

 

Les conditions de neige deviennent de plus en plus difficiles dans le Mercantour. Dans le vallon d’Estenc, on trouve la neige prés de 2000 mètres d’altitude et bien des sommets sont ; ou soufflés par le vent, ou dégarnis par le soleil et le chaleur.

On a rencontré un neige de printemps, mais encore soufflée, cartonnées et quelquefois sans sous-couche.

Il faut faire attention aux pierres qui sortent leur tête, même en altitude.

Mais il est encore possible, en les choisissant bien de faire quelques courses au dessus d’Estenc, mais plus pour longtemps s’il fait toujours aussi chaud.

 

Le topo :

 

Sur internet : http://skirando.camptocamp.com/guide.html?reason=sdetail&ids=28510

 

 

 

 

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