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Aventuralpines

On a roulé sur la Lure

7 Janvier 2007, 16:59pm

Publié par Frédéric Delmonte

La Lure ? La Lune, oui! Petite soeur jumelle du Ventoux, ce dôme de 1826 mètres de haut s'étire entre Sisteron et le plateau d'Albion dans les Alpes de haute de Provence. C'est lui qui barre la vue quand on remonte la vallée de la Durance, avant de franchir le verrou de Sisteron. Un univers étrange, avec ses crêtes pelées, balayées par les vents, où seuls poussent les cailloux et des vallons boisés de chênes, avec ses forêts impénétrables, paradis des sangliers et des chasseurs... Entre, quelques pistes forestières bien roulantes et des chemins plus étroits et techniques, dont fait parti le GR 6 qui s'élance du village de Saint-Etienne les Orgues pour rejoindre le sommet, après une bonne dizaine  de km et plus de 1000 mètres de montée. En haut, les restes d'une petite station, avec ses 4 tire-fesses rouillés. L'année dernière, 2 ont fonctionné. Il y avait un enneigement exceptionnel et la Lure a même été faite en ski de rando (voir sur http://skirando.camptocamp.com/sortie22932.html?cname=%2Alure%2A&creg=1%2C2%2C3%2C4%2C5&sidc=6328.) Du sommet, un panorama à 360 degrés qui s'étire de l'étang de Fos (ci-dessous mais on le voit pas sur la photo...), en passant par la Sainte-Victoire, les montagnes du Verdon, les Préalpes de Dignes, le massif des Ecrins (ci-dessous) qui apparaît derrière la plaine entre Sisteron et Gap, celui du Dévoluy, avec l'imposante barre du Pic de Bure (ci-dessous), puis le Ventoux et retour sur les contreforts du Lubéron. A couper le souffle !

Le sommet de la Lure (ci-dessous avec cette photo prise de Banon), c'est l'objectif de rando V.T.T du jour : 22 km pour 950 mètre de déniv. Alors, en selle !

Départ du village de Saint Etienne les Orgues par le GR 6 que l'on suit jusqu'au sommet (il y a d'autres façons de monter au sommet pour réaliser une boucle. Ce sera pour une autre fois). Au départ, le sentier est large. Il traverse une forêt de cèdres et de sapins. On traverse la petite départementale, puis la piste remonte un vallon complètement déboisé. On la quitte pour suivre sur la droite le GR qui grimpe vers le Jas de Berle. Première trace de neige dans le raidillon. On met pied à terre. Voilà le Jas de Berle et ses charbonnières, étranges fours de fer rouillés. Du XIXe siècle au début de la seconde guerre mondiale, les adrets de Lure étaient le centre d'une intense activité humaine. Le bois était coupé, puis brûlé, pour être transformé en charbon de bois. Au passage, on peut relire « Les Charbonniers de la mort » de Pierre Magnan (éditions Fayard 1982).

On retraverse une nouvelle fois la D113 pour rejoindre les pentes du Ponchon du Pommier. Le sentier grimpe plus doucement en de larges lacets. La vue commence à se dégager. De nouveau la neige. Elle se fait plus présente, jusqu'à recouvrir complètement par plaque de 15 cm de profondeur le sentier. Il faut mettre à plusieurs reprise pieds à terre. La moyenne baisse. La roue arrière se bourre de neige, de terre et de feuilles mortes. Plus moyen de pédaler : on pousse !

Voilà la piste pour rejoindre l'oratoire de Notre Dame de Lure. Elle est complètement sous la neige. Adieu la piste, bonjour la route. Ce sera moins amusant, mais plus rapide pour rejoindre le sommet et redescendre avant la nuit qui tombe vers 17 h. A ce stade, il reste très exactement 13 lacets à franchir pour 6 km et 400 mètres de montée... En avant ! Un lacet, deux lacets, puis trois lacets, puis 4 lacets, puis voilà la neige, sur la route. Il n'y en a pas des quantités, mais juste assez pour rendre le pédalage plus pénible. La moyenne retombe : c'est le compteur qui le dit !

1 h 40 que je roule, enfin la petite station de Lure. Des gamins font de la luge. Une dameuse est laissée en bord de route. Pose et séance d'habillage. Il commence à faire froid. Je rejoint les crêtes par la route complètement enneigée. Le vent a complètement dégarni le haut des crêtes.

Séance photos, puis descente. Après 2 h 15 de montée, voilà la descente. Ce sera par le GR 6, neige ou pas neige... Bon, là, c'est neige dans la première partie. Je retrouve celle des crêtes charriée par le vent dans les sous-bois du versant Sud. Il y en a bien 20 cm. La lumière vient de quitter le vallon qui mène à Notre Dame de Lure. Plus une feuille sur les arbres. Pas un bruit. On se croirait dans le grand Nord. Les pneus crissent dans le neige. On ne voit pas très bien le sentier. J'enchaîne les virages avec souplesse. Voilà Notre Dame de Lure. A part un grand bonhomme à la barbe blanche qui coupe du bois dans le refuge, il n'y a personne. Je rejoins la route avant de plonger de nouveau dans le GR 6 pour une descente mémorable de 25 minutes entre larges pistes, sentiers en sous-bois, grandes courbes et « single-track » plus technique.


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