Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Aventuralpines

Petit Cayre eperon NW et Arete W du St Robert

15 Septembre 2006, 13:40pm

Publié par Frédéric Delmonte

Camp d’alpinisme à la Madone de Fenestre

 

 

Eperon « NW » (TD-) au Petit Cayre

 

St-Robert par l’arrête « W » (AD)

 

Samedi 23 et dimanche 24 juillet

Mini camp-alpinisme ce week-end, à la Madone de Fenestre, pour Hugues et moi. En deux jours, nous avions déterminé deux objectifs bien différents : de l’alpinisme moderne, avec l’ascension de l’éperon « NW », dite arrête « NW » au petite Cayre, une voie TD-, rééquipée en 2000 et de l’alpinisme plus classique avec la traversée des arrêtes du Saint-Robert, un parcours un peu long et non équipé en AD. Nous voulions partir léger, essayer d’aller vite dans les passages d’escalade et les manœuvres de corde, sans sacrifier la sécurité.

Samedi, 7 h 30. Rdv au parking de Pré du Lac. Une heure trente plus tard, arrivée au parking de la Madone. Nous nous équipons « léger », pour une approche et une ascension rapides : baskets, petit sac à dos avec de l’eau, deux ou trois barres, un gore-tex, une petite polaire ( il est annoncé des nuages et quelques goûtes dans la journée). Après 30 minutes d’approches, nous décidons d’attaquer l’ascension du Petit Cayre par son éperon « NW », un très bel itinéraire, sur du bon rocher. Deux longueurs sont particulièrement belles : la seconde, en IV+ et V, dans un beau dièdre d’une trentaine de mètre et la quatrième en V, dans une autre très beau dièdre déversé. J’attaque la première longueur, Hugues la seconde, puis moi la troisième. Hugues enchaîne la quatrième et cinquième longueur en V et V+, puis continue sur sa lancée pour s’arrêter en bout de corde. Je sors de la voie après une dernière longueur et demie en IV et III. Il est 13 h 30. Nous avons mis 2 h 30, pour faire la voie. Les nuages arrivent, il y a du vent. Après un rapide casse-croûte au sommet, nous allons récupérer le rappel dans la brèche Sud, pour descendre par le couloir herbeux.

Samedi 15 h. Retour au parking. Nous allons nous garer au refuge. J’ouvre la porte et il pleut (dehors, pas dans le refuge). Pendant l’averse, nous dégustons une tarte aux myrtilles et regardons un livre de livre de botanique pour repérer les espèces croisées dans la voie, dont deux très belles saxifrage.  15 h 45 : maintenant, il grêle… Bon, on décide d’aller à la voiture et attendons quelques minutes. L’averse cesse et nous sortons le matériel du coffre pour préparer la seconde partie du week-end. Les grosses chaussures, les duvets, les cordes, les coinceurs, la bouffe sont étalés par terre… Et il se remet à repleuvoir : un grosse averse suivie d’un orage… Tout notre matos prend vite l’eau. Nous rentrons dans la voiture écouter la radio italienne. Il pleut un peu moins. Nous prions alors la Madone et décidons de monter bivouaquer au dessus du lac Blanc. Je charge le matos d’alpinisme, la bouffe, une corde, un réchaud et Hugues, la tente et le reste du matériel. Nos sacs pèsent au moins un âne mort.

17 heures, nous quittons le refuge pour monter par le GR, sous un tend humide. Avec un tel poids sur le dos, nous avons 1 h 30 de marche… sous la pluie. Le sac pèse, la pluie mouille, le chemin ne cesse de s’allonger et la montagne se vide de ces randonneurs. Ceux que nous croisons nous regardent comme des extra-terrestres. Nous marchons toujours, comptons les gouttes de pluie sur notre capuche. Nous croisons une chèvre et arrivons au bivouac dans une purée de poids à ne pas mettre un alpinisme dehors. Mais demain, il fera beau

.

18 h 30, installation du bivouac, avec une consigne : ne pas s’éloigner de la tente pour ne pas se perdre dans le brouillard. Je mets mas toque et un tablier et entame le repas : soupe gratinée avec ses croûtons flottant, pâtes à la provençale et leur fromage fondu, fruits à ma façon dans leur jus de conserve. 20 heures, nous allons nous coucher. Il fait toujours aussi mauvais, mais demain, il fera beau…

Dimanche, très tôt. Il est 5 heures et le lac Blanc s’éveille… surtout, un chamois qui fait la gueule d’avoir été dérangé. Enfin, je me lève, parce qu’Hugues est difficile à réveiller. On prend vite un petit déj’ à la frontal, dans la nuit, mais sous les étoiles.

6 h 20. Il fait beau, mais toujours  froid et le vent se lève. Notre objectif est de faire entièrement la traversée des arrêtes, le plus léger possible. Nous cachons le gros du matériel dans un pierrier et partons avec le strict minimum dans le sac : eau, deux ou trois barres, du saucissons, une trousse de secours. Le reste du matos est sur nous (gore-tex, polaire, casque), ou accroché au baudrier.

Après 30 minutes de marche, nous voilà au Pas du St-Robert. Il est 7 heures  et il y a beaucoup de vent. Nous nous élançons à l’attaque du premier gendarme, sans grand intérêt. A part quelques passages un peu plus exposés, nous allons progresser à 80 % en corde tendue, en mettant quelques points de temps en temps.

 

L’escalade n’est jamais vraiment difficile, mais quelques passages sont très beaux et vertigineux, comme la fissure du troisième gendarme, l’arrête en lame de pierre, ou quelques désescalades. Le rocher dans son ensemble est solide et agréable à saisir. La longueur de l’itinéraire (pour le Mercantour) est également intéressante.

L’ambiance est alpine et un vent violent et froid rajoute un peu de piment à l’atmosphère, en nous ramenant en plein automne. La vue est également sensationnelle : d’un côté la vallée du Pô sous une bonne couche de nuage, un peu plus loin le Viso et le Mont-Rose, de l’autre côté la Côte d’Azur. Nous doublons une cordée engagée une heure plus tôt, avant d’aboutir au sommet à 11 heures, après 4 heures d’escalade. Descente par la voie normale. D’en bas, nous admirons notre trajet : décidément, cette arrête W du St-Robert est très esthétique à voir comme à grimper.

Une heure plus tard, nous allons reprendre nos sacs de bivouac et redescendons en 1 heure au refuge.

Commenter cet article