Cime de Tavels

Publié le 15 Septembre 2006

Sortie Alpinisme à la cime de Tavels (2 795 m)

 

Vendredi 28 août 2004

 

Voie Bégot-Bottaro-Vidal

 

D (7 longueurs). Pas d'équipement.

 

Après 1 h 20 de marche, nous arrivons au pieds de la voie Begot – Bottaro – Vidal, une escalade de 200 mètres côtée D ( de III+ à V).Il est 10 h 15. Nous attaquons la voie en cordée réversible. Je commence. Il fait encore froid et je ne sens pas trop mes doigts dans la première longueur. Après une première longueur de 50 mètres, j’attends Pierre au relais. Nous nous demandons si nous sommes bien sur la voie. La description du topo est relativement lacunaire et la voie semble très peu empruntée. Sur 200 mètres d’escalade nous ne trouverons qu’une seule cordelette, pour tout équipement. Le topo indique : voie peu équipée. Pas du tout équipée est en fait un peu plus proche de la réalité (prévoir sangles en nombre suffisant, des coinceurs et au moins quatre friends moyens).Pierre redescend de quelques mètres pour attaquer la seconde longueur sur une arrête plus facile. Il rejoint une paroi un peu plus verticale et fait un relais sur friends. Je le rejoins et attaque une longueur dans du bon rocher. Je trouve le seul équipement de la voie (la fameuse  cordelette) et décide d’y faire un relais (que je double avec une bonne sangle autour du gros béquet). L’endroit est un peu exigu. Pierre me double et attaque une belle longueur sur le fil d’une arrête (passage de IV + un peu expo à mon goût). On commence à avoir une très belle vue. Nous avons l’impression d’ouvrir une nouvelle voie : pas de trace de passage et pas d’équipement. Je rattrape Pierre au relais et attaque une longue traversée qui m’amène certainement un peu trop à gauche, vers la goulotte «  au-delà du rêve ». La voie est certainement plus sur la droite, mais là encore le topo est un peu radin en description. De toute façon, la progression est évidente et nous continuons vers la sortie. Pierre rejoint l’arrête qui mène à la dernière longueur, celle clef de la voie. L’ambiance est fantastique, avec la vue sur l’Italie, le vallon d’Isola et la mer. Il fait toujours aussi beau et enfin nous retrouvons le soleil. J’entame la dernière traversée qui me mène sous le dièdre en V. Il n’est pas équipé. Pour plus de sécurité et de plaisir nous enlevons nos grosses pour enfiler les chaussons. Pierre attaque ce superbe dièdre, en très bon granit jaune, avec vue sur la mer et deux cents mètres de vide un peu plus loin. Il l’équipe avec des coinceurs et des friends. Au passage, il prend même le temps de savourer l’odeur de quelques plants de génépi. Je lui envoie nos sacs par un brin de corde et attaque la longueur. Elle est magnifique et vaut le détour. J’arrive sur une belle plateforme sur laquelle Pierre a fait le relais et la là, déception. La dernière longueur (une cheminée en III+) indiquée sur le topo n’est en fait qu’une sortie facile de quelques mètres. Nous sortons de la voie après 4 h 15 de grimpette ( le topo indique 4 h) et attaquons en corde tendue l’arrête sommitale (facile). Nous sortons au sommet à 14 h 30.La vue est époustouflante : la mer, la plaine de Cunéo, les lacs italiens, le Mont-Rose, le Cervin, le Malinvern qui nous cache le Mont-Blanc, les Ecrins et les montagnes du Verdon…

 

Nous cassons la croûte et redescendons en 30 minutes, par l’arrête Est, vers la Baisse de la Lauze.

 

Retour à Isola à 16 h. Une très bonne journée.

Rédigé par Frédéric Delmonte

Publié dans #Grandes voies

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