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Le Cayre Colomb en traversée alpine

par Frédéric Delmonte 15 Septembre 2006, 13:39 Mixte

 

Sortie alpinisme, traversée du Cayre Colomb (2 702)

Dimanche 15 mai 2005 


Départ à 7 h 50 du parking, avant la vacherie de la Madone. Le ciel est clair, il fait froid et la neige n’est pas très loin. La journée s’annonce bien. Nous filons rapidement par le GR 52 vers le Gias Cabret, puis vers le Pas du Mont Colomb. Après deux traversées de névés gelés, nous décidons de chausser les crampons à 2 250 m sous le Caire Barel. Au lac Colomb, la neige porte bien. Nous avons même l’étrange impression de progresser sur un glacier. Le vallon est désert et un lièvre variable nous coupe la route.

 

9 h 40. Nous voilà au Pas du Mont Colomb. Un coup d’œil sur la Gordolasque, une petite pose et nous décidons de nous équiper. Une première cordée est composée de moi, Bernard et Patrick, une seconde de Hugues et Laurent. Nous traversons sous la première crête une bande de neige avant d’attaquer en corde tendue la première longueur. Il s’agit de remonter une petite cheminée, pas trop inclinée, d’une quarantaine de mètres. Elle est plâtrée d’une croûte de neige durcie et de glace, qui permet de cramponnée et de planter le piolet d’une façon très sure et agréable. Nous enchaînons, toujours en corde tendue, par une longueur en mixte, neige, rocher et rocher glacé qui, après un passage aérien ou nous mettons un premier point, nous conduit sous la falaise.

 

 

Relais. Je m’élance dans la première vraie longueur qui remonte un dièdre, puis traverse entre la falaise et un gendarme, pour passer versant Gordolasque. Il faut remonter une cheminée d’une quinzaine de mètre, avant de trouver le fil de l’arrête et d’installer un second relais. La vue est impressionnante, et avec le vide, qui entoure cette étroite et aérienne arrête, le spectacle offert est de grande qualité : ambiance haute montagne et sentiment d’isolement sont au rendez-vous. Bernard, puis Patrick me rejoignent. Nous enlevons nos crampons. Et au moment ou Hugues atteint notre relais, je repars en direction de la crête supérieure pour tirer une longueur d’une quinzaine de mètres et atteindre le sommet Ouest.

 

 

De ce relais, nous changeons l’encordement pour progresser corde tendue, en posant des points de temps à autre. Le vide est toujours aussi présent et l’arrête est très agréable à remonter, sur un rocher plutôt bon. Après quelques dizaines de mètres faciles, en II et III, nous devons redescendre de deux mètres, versant Ouest, pour éviter un gendarme. La traversée, sur une dalle lise, garnie de neige, est un peu gazeuse et pas très protégée. Mais l’escalade sur ces ressauts est toujours autant agréable. Il y a une très belle longueur d’une quinzaine de mètres sur une belle dalle, en IV, qui ouvre la voie vers la crête sommitale. De là, la vue porte sur le refuge de Nice, le vallon du Basto, le Clapier, le vallon du Gélas, le Saint-Robert, les deux cimes de Fenestre

 

 

Il est 13 h 30. Après une ultime traversée d’arrête, nous voilà au sommet. Les nuages commencent à arriver et à accrocher l’arrête. Nous attendons la cordée composée de Hugues et Laurent, puis entamons notre casse-croûte, satisfaits de notre progression. Nous n’avons pas eu le sentiment d’avoir trop traîné, mais nous avons tout de même mis prés de 3 heures pour monter sur l’arrête et la traverser. Le topo indique 1 heure… Un temps à notre avis sous évalué, à moins de tout faire en corde tendue, sans mettre de point d’assurance et de courir.

 

 

Après une descente d’une quinzaine de mètre, versant Est, nous attrapons le relais (le seul équipement de toute la traversée, à part une sangle oubliée), qui nous permet de faire un rappel d’une vingtaine de mètres. Il nous dépose au dessus de la brèche Colomb. Le vent s’est levé et les nuages nous entourent. L’ambiance change.


Après une petite traversée, nous nous engageons dans le couloir qui descend de la brèche. Il est garni d’une neige. Trois cents mètres plus bas, nous décidons d’abandonner notre objectif : gagner le Mont Colomb par son couloir Sud-Ouest (qui est encore enneigé). Le temps n’est pas au plus beau et surtout la neige est trop molle pour nous permettre de cramponner en toute sécurité.
Nous entamons la descente vers le lac Colomb, puis le vallon du Cabret. Au torrent, nous enlevons nos crampons. Nous croisons des traces de « skis frais  (deux skieurs sont montés au Gélas en ski de rando dans la matinée).

Il est 15 h 30, quand nous retrouvons Christian, Pierre et un ami, un peu en dessous du refuge de la Madone de Fenestre. Nous allons au refuge pour boire un coup et nous raconter nos aventures respectives.


La traversée du Cayre Colomb est une belle course de début de saison. La difficulté est modérée, du III et quelques passages en IV. Elle permet de mélanger un peu toutes les techniques utilisées pour progresser en montagne : crampons et piolet pour remonter la cheminée glacée, puis mixte, petites longueurs ou il faut poser des points d’assurance, parcours d’arête en corde tendue, évolution avec la présence d’un grand vide de chaque côté de l’arrête, rappel d’une vingtaine de mètres,  descente d’un couloir de neige à 30°.

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