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Aventuralpines

En tournant avec ses skis autour du Clapier

18 Février 2008, 21:41pm

Comment rater le sommet du Clapier à cause de quelques centimètres carrés de colle qui ne colle plus ? La réponse est simple. En arrivant un peu explosé au col de la Foux, il est important de ne pas s'occuper de ses peaux. Par exemple les laisser sur les skis, que l'on a pris soin d'oublier dans la neige. Ne pas sécher les peaux qui ont pris l'humidité de la neige fondue. Ensuite, il est important de s'arranger pour qu'elles gèlent en descendant en face Nord du Clapier. Comme ça, au moment de les remettre, elles adhèrent mal à la semelle des skis, puis se décollent et prennent la neige. Mais attention, il faut surtout s'appliquer à les pourrir d'une telle force que même les autocollants de secours ne soient justement d'aucun secours. Ensuite, au moment de faire une conversion délicate, il ne reste plus qu'à les ramasser par terre... Alors, pour poursuivre la virée et gagner le prochain col, seule solution : marcher, en portant ses skis sur le dos. C'est à dire s'épuiser en traçant dans de la neige meuble. Comme ça, au col, avec la fatigue supplémentaire et sans peau, impossible d'aller au sommet.

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Une sortie gâchée ? Non, c'est même tout le contraire. S'engager sur le tour du Clapier reste un grand moment de ski-alpinisme. Il y a le départ sous les nuages. Puis le passage au dessus, avec une mer de nuage qui donne l'impression d'évoluer sur une île. Puis vient le fameux passage du mur des Italiens, bien rempli de neige, mais de neige glacée. On peut aussi se souvenir de la traversée du lac gelé sous le refuge de Nice.  

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 Sans oublier la longue et épuisante montée vers le col de la Fous et le Pas Ouest du Clapier, à 2880 m, sous un soleil de plomb et dans une chaleur surprenante. De là haut, le paysage est tellement beau, avec le Viso qui émerge des brumes de la plaine du Pô que l'on en oublie tout le reste.

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 Quant à la descente de la face Nord, sur le glacier du Clapier, et son austère et glaciale muraille Nord elle ne peut pas s'oublier.  Ensuite, il faut bien remonter en crampons au Pas Est du Clapier pour retrouver le soleil et la chaleur.

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 Assis sur un rocher, on regarde alors ses camarades monter au sommet. Pas de "peau" qui colle, donc pas de sommet ! Mais la descente, elle s'offre avec sa neige dure, puis transformée à point et fait oublier le reste. 600 mètres de dégringolade pour rejoindre le refuge de Nice (voir le film dans un précédent Post). C'est presque le printemps.

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Ensuite, il reste encore 700 mètres de dégringolade pour rejoindre la vallée de la Gordolasque sur une neige en train de regeler. Au passage de la cascade nous partons sur la droite pour descendre en dérapage, ou en crampons, entre deux barres rocheuses. Puis dans le brouillard, nous retrouvons la bergerie de la Gordolasque et la route enneigée. Ici, c'est encore l'hiver.

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 Toi aussi, tu peux le faire :
Départ à 1 550 m de la route de la Gordolasque. Refuge de Nice, à 2230 m, puis baisse de la Fous à 2828 m et Pas Est du Clapier à 2870 m. Descente en face Nord jusqu'à un replat, vers 2650 m. Montée au Pas Ouest du Clapier à 2834 m. Retour à la Gordolasque (-1300 m de descente)
Total : + 1600 m. Entre 7 h 30 et 8 h 30.
Emporter crampons et piolet.

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fantomas 10/03/2008 20:05

Bravo,vous faites de superbe sorties.Je pense investir dans des skys de rando la saison prochaine,bonne continuation

fred 19/02/2008 15:03

Il existe bien d'autres façons de pourrir sa sortie ski de rando...

Christophe 19/02/2008 08:43

OK !Je retiens les infos sur les peaux, la colle, et tout et tout, histoire de merder une sortie ski de rando, si un jour je m'y mets ! :-)