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Nouvelle offensive de la neige cette nuit. Il est même tombé quelques centimètres sur le Cheiron. Les équipements ne sont plus obligatoires pour monter à Isola.

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Les horizons vaincus, la face Nord de l’Everest en solo

Reinhold Messner

Arthaud, collection « Altitudes » Edité en 1983

Disponible en occasion : environ de 12 à 18 euros

En 1980, Reinhold Messner repart à l’ascension de l’Everest. Deux ans plus tôt, il a été le premier alpiniste à atteindre le toit du monde sans oxygène, un exploit qui a fait de ce Sud Tyrolien, une figure mondiale, célèbre bien au-delà du cercle des alpinistes. Cette fois, Messner veut aller encore plus loin : il prévoit de gravir la face Nord de l’Everest en solo, dans le cadre d’une expédition très légère et sans oxygène. Il part avec sa compagne de l’époque et une poignée de sherpas, sans grand moyen, ni logistique démesurée. Et c’est ce qui frappe dans cette aventure hors norme. En accompagnant Messner dans son voyage d’approche, puis son acclimatation, on a l’impression d’assister à une partie de camping sur les bords de l’Everest, à un voyage touristique, ou un insouciant trekking. Pourtant Messner s’apprête à réaliser un exploit hors norme, et d’un engagement total. Une erreur et notre homme ne pourra compter sur personne d’autre que lui. Ainsi, trois jours avant d’arriver au sommet, il tombe dans une crevasse : «  si j’arrive à m’en sortir vivant, je redescendrai, je renoncerai. Jamais plus de 8000 en solo » écrit-il. Sorti de ce mauvais pas, il se redresse et reprend sa marche vers le sommet !

 

 

Quelle force pousse cet alpiniste à marcher, seul, sans oxygène, et avec comme unique protection sa tente « escargot » qu’il trimbale sur son dos ? Messner a une volonté phénoménale. Page 201, il écrit : « Tout là haut, je le sais, il n’y aura plus que ma volonté capable d’arracher mon corps à la léthargie pour qu’il accomplisse un nouveau pas ». Et un égoïsme aussi grand ! Ce livre est écrit à deux plumes. Messner a intégré des passages du journal de bord, tenu au camp de base par Nema, sa compagne. Elle présente Messner comme un «  homme fort », à la «  personnalité originale », mais reconnaît aussi que Messner la « rend folle ».

Cette ascension, Messner la vit dans le souvenir de celle, tragique, de ceux qui sont rentrés dans la légende de l’Everest, et notamment de celle de Mallory et Irvine en 1924. Il se met dans les pas de ces prédécesseurs et, à plusieurs reprises, se sent accompagnés par eux. Il y a dans cette obsession, plus qu’une démarche historique, presque une quête mystique. A chaque passage clef de l’ascension, il se demande comment ont fait, avant lui, les autres prétendants au sommet. «  Mallory n’a pas pu gravir le deuxième ressaut, il a essayé de la faire, mais sans succès. J’en suis aussi sûr que je suis là à étudier cette dernière partie de l’ascension » écrit Messner.

En réussissant cette ascension, Messner ne suis pas seulement les pas de Mallory et Irvine, avec son style d’ascension, en solitaire et sans oxygène, il ouvre un nouveau chemin extrême vers les sommets. Chemin qu’un Lafaille, par exemple, suivra et compliquera en s’attaquant en solo, à des voies encore plus engagées. Avec la fin tragique que l’on connaît.


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Il neige sur le Mercantour. La route du col de la Bonette vient de fermer pour une durée indéterminée. C'est le mot indéterminé qui est important !!!

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Le départ du Roc d’Azur, 55 Km, reste un grand moment. Quand la corne de brume donne le « top », une énorme vague de concurrents s’élance. Dans la poussière, le cliquetis des pédales automatiques qui s’enclenchent, les craquements des chaînes de pédalier qui forcent, et les cris de joie, on se sent comme transporté, obligé de suivre le rythme… ou de se laisser piétiner ! L’impression de puissance collective dégagée par cet instant est grisante.
Moins d’un Km plus loin, cette vague vient se briser sous le pont qui traverse l’Argens. Juste le temps de reprendre son esprit et son souffle. Et puis le mouvement reprend : voilà l’étang de Villepey, la traversée du camping et enfin la première montée sur piste. Le souffle est court. Les jambes brûlent. Les poumons s’affolent. Le corps cherche encore à trouver le rythme de la course, mais déjà il faut en changer. Tout le temps.
Groupée, la foule des coureurs s’étire, puis se reforme. Lors de la troisième montée, plus technique après le domaine viticole, le serpent multicolore du Roc glisse le long des collines. On l’aperçoit jusqu’au sommet de la Flûte. Et justement, sur la piste de la montée de la Flûte, la magie de cette course est au rendez-vous. Devant ? Des centaines de coureurs à l’assaut de la colline. Derrière ? Des centaines de poursuivants qui soulèvent un nuage de poussière.
Km 11. Après le premier faux plat qui permet de prendre son rythme, la longue montée met les jambes à rude épreuve. Au fur et à mesure la pente se redresse et de plus en plus de pilotes mettent pied à terre, pendant que des avions, restés sur leur monture, doublent à toute vitesse, se frayant un passage à coup de sonores « à droite », «  à gauche », «  au milieu ». Au dessus, un hélicoptère filme la scène.
La descente dans le vallon de Vaucoulongue prend des airs d’enduro géant, ou de chevauchée fantastique : de la poussière, des machines lancées à toute allure et des suspensions malmenées… La piste est rapide, les virages serrés, les pièges à éviter constants. Et dans ce vallon, dévasté par les flammes il y a quelques années, l’ambiance est sévère et les branches des arbustes calcinées attendent qu’une chose : agripper le pilote trop généreux dans sa trajectoire. Doubler ? Oui, c’est possible, mais à condition de tout lâcher, de s’accrocher fermement à son guidon et de tenter le tout pour le tout. Pour les croyants, il est conseillé de prier. Pour les autres, la concentration et l’appel aux techniques de pilotage sont recommandés. Pour les étourdis, regarder ses serrages de roue… Grisant ! A ce petit jeu-là, certains ont moins de chances que d’autres. En vas du vallon, plusieurs pilotes réparent une crevaison, une chaîne cassée, ou un pneu qui a explosé. Quand se n’est pas le bonhomme qui a morflé…
Et après la descente, la montée. Les traceurs du Roc d’Azur ne connaissent pas le mot « plat ». Il faut maintenant filer vers la Bastide Neuve. Bien se caler sur sa selle. Essayer de trouver le bon rythme, celui qui ne brûle pas trop de forces, mais permet tout de même de rester dans le jeu.
Km 26. Au Carrefour de Peygros, des dizaines de VTT sont couchés à même la piste. Des concurrents qui ont abandonnés ? Non, plutôt ceux qui s’arrêtent au ravitaillement. Celui-là, il est le bienvenu ! Mais pour atteindre la table, avec ses ¼ d’orange, ses verres d’eau et ses morceaux de banane, il faut faire preuve d’agilité et enjamber ses tas de cadres et de roues. A 1 mètre du banquet, nouvel obstacle ! Des gars en sueur, recouverts de poussière et à l’hygiène douteuse s’agglutinent devant la bouffe. Il faut jouer des coudes dans une joyeuse ambiance pour se restaurer, vite ingurgiter quelques nourritures, puis reprendre la route en essayant de retrouver son VTT dans le tas de bécanes qui ne cesse de s’agrandir.
On reprend la route, mais au bout de 200 mètres, la piste est bloquée : embouteillages ! Tout le monde met le pied à terre. Pour les parisiens qui ont fait le déplacement, il n’y a rien de dépaysant là-dedans. Les habitués des grands rassemblements de VTT n’y voient rien de surprenant. Ceux qui font régulièrement le Roc sont également habitués. Difficile de faire passer 4 000 coureurs, même lancés par vague de 400, sans encombre. A un moment, tout le monde se rejoint et ça bloque.
Je ne préfère pas parler de l’affreuse montée qui va suivre, pour s’échapper du vallon de la Garonette et gagner la piste de Cabasse, qui offre un petit moment de répit, avant de descendre dans le vallon du Bernard. La piste est bien cassante la montée par fatigante. Enfin un autre ravitaillement, à 2 km du col du Bougnon. Le col du Bougnon. Dans le petit monde du VTT, ce lieu est mythique. Pourquoi un tel engouement ? Pour le public : à cause de l’accès facile, et de la piste raide et courte qui offre un beau spectacle. Pour les coureurs : pour la vision sur la mer une fois le col passée, parce ce que les grosses difficultés sont maintenant derrière. Il reste à partir de là moins de 17 km, mais la course n’est pas terminée pour autant. Au non !
Il faut remonter au sommet de la colline de la Lissandre par une courte, mais fatigante côte, après 43 Km de course dans les pattes. Puis la descente dans les bois de la Gaillarde est cassante. Il faut rester concentré et faire attention à ne pas crever ou casser. Quant à la montée par les Terrasses vers le Boucharel, c’est une belle vacherie : une pente très raide sur une dalle de goudron au départ, puis un faux plat et encore une belle grimpette dans 2 virages. A partir de là, la course contre la montre s’engage. Il faut rallier l’arrivée le plus vite possible, sans faire de faute, et en ménageant ses jambes pour éviter la crampe. C’est à ce stade là que les effets d’une bonne, ou mauvaise, gestion de course se font sentir. La sanction est sans appel : on se jette à terre, le visage crispé et la jambe raide, comme plusieurs coureurs en font la démonstration, allongés au bord du chemin.
Ensuite, le sentier suit les courbes de la colline de St-Aygulf. C'est-à-dire qu’il monte, descend, monte et descend sans trop se soucier de l’état de fatigue des coureurs. C’est nerveusement épuisant. Enfin la dernière descente dans le vallon du Reydissart. Il reste moins de 7 km de course et à part la traversée de la plage, les difficultés sont TERMINEES !
Km 51. Voilà la plage de la Galiote. On doit la traverser une première fois. Monter des escaliers et rejoindre le fameux passage du sentier du littoral. Il n’est pas comparable à celui de Ramatuelle, mais le charme des passages techniques en bord de mer opère. Revoilà la Galiote et son sable fin. Le passer en courant, un main sur le tube de selle. On s’enfonce moins qu’en marchant. Et sauter sur le vélo pour rejoindre la piste cyclable. 3 Km de plat et de bitume à faire à fond, les jambes qui brûlent et le cœur qui s’affole. Pédaler parce que cette piste cyclable semble ne jamais se terminer. Enfin le pont sur l’Argens. Dans moins d’un Km la ligne d’arrivée. La fin se fait sur une piste sinueuse. Elle ressemble presque un parcours de BMX sur lequel on peut se faire plaisir à prendre un virage relevé, ou un saut. Et au bout, la prairie de la base nature, avec le chemin balisé vers cette ligne d’arrivée qui semble ne jamais vouloir se rapprocher. Pédaler comme un dératé, tout donner et enfin entendre le « bip » qui flashe la puce électronique de son dossard.
Je n’ai pas vu passer les 4 h 58 mn de mon Roc d’Azur.
Savoir +
Parcours : 55 km et 1 450 m de dénivelé positif.
Premier : 2 h 15. Dernier : 7 h 50.
Mon classement : 2 308 sur 3 750 à l’arrivée. Plus de 4 000 au départ.

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 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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