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Le manque de neige dans le Mercantour n'est plus une fatalité pour les amateurs de ski de rando. Aprés la descente de la face Nord du Gélas, voici de nouvelles virées à tester du côté de Cannes : l'escalator du Gray d'Albion, ou la descente du parking du palais des festivals, sans parler du slalom de la rue d'Antibes vont devenir des classiques. Avant la parution du topo, le film...

http://fr.youtube.com/watch?v=Ssiob5oOWJk

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Lionel Daudet

L’aventure intérieure

Grasset, 2004

19 euros


« Dod », alias Lionel Daudet est un sportif atypique.  Plus qu’un alpiniste, il se définit comme un aventurier, un peu à l’image d’un Bonatti, auquel il se réfère.

Au début du mois d’aout, lors d’une conférence à la maison du parc de Vallouise, Dod revenait sur la « skyline », son tour des Ecrins par les crêtes. De la fin du printemps au début de l’été, Lionel Daudet a réalisé un voyage alpin ingénieux, prouvant que l’aventure et les belles réalisations restent possibles dans nos Alpes.


Partant de sa maison, à l’Argentière la Bessée, son objectif était de revenir au même point en restant fidèle à son éthique : aller en montagne en utilisant au minimum les moyens mécaniques. Ainsi la voiture a été utilisée seulement pour emmener les ravitaillements au fond des vallées. Lionel Daudet et ses compagnons de cordée ont progressé en V.T.T, puis à ski de rando ou raquettes et enfin, la plus grande partie du temps, en grimpant sur le fil des arêtes, avant de redescendre la vallée de Pelvoux en vélo. Pendant prés de deux mois, lui et ses coéquipiers ont vécu en altitude, ne quittant que rarement le fil des arêtes, pour aller récupérer du ravitaillement, monté par des amis. Ils ont transporté sur leur dos une trentaine de kilos, matériel dalpinisme, de bivouac et nourriture, pour rester le plus longtemps en autonomie. Une grande partie de la traversée a été réalisée avec un enneigement printanier, qui a permis de trouver de leau, mais a aussi offert un cadre esthétique plus fort. Ensuite, à la fin du voyage, Lionel et son compagnon de cordée ont profité de la réouverture des refuges pour avancer plus légers. Cet automne, Lionel Daudet repart en expédition. Après les Terres Australes françaises et son ascension du mont Ross, il embarque avec Isabelle Autissier pour réaliser une expédition mer et montagne dans l’extrême sud du continent américain, en Georgie du Sud.

Avant de le suivre dans ces nouvelles aventures, on peut relire « La montagne intérieure », son premier livre publié en 2004 chez Grasset. Plus qu’un livre de montagne, il s’agit d’un vrai récit d’aventure, doublé d’une réflexion très personnelle sur les raisons et la manière d’aller en montagne.

Ainsi, Lionel Daudet entraîne ses lecteurs du Groenland à la Colombie Britannique, en passant par les Alpes et sa trilogie inachevée, Grandes Jorasses, Chamonix Zermatt et une fin précipitée et douloureuse dans la face Nord du Cervin. Daudet y perdra quelques orteils, emportés par le gel. Il ne renonce pas pour autant à l’alpinisme engagé.

A l’exploit sportif, ce virtuose du vide recherche plutôt l’aventure : aprocher le sommet par des moyens non mécanique, si possible, y aller léger et souvent seul, respecter l'environnement, s'y adapter, et essayer uen vivre une aventure spirituelle, qu'il apelle intérieure. Une aventure que chacun peut vivre à sa façon et à son niveau. C'est un peu le message de ce livre.


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On me signale déjà des chutes de neige sur le Mercantour... Cet été nous réserve décidément bien des surprises côté météo. Il y aurait de la poudre blanche au dessus de 2 200 mètres sur les sommets. Côté intempéries, la pluie a provoqué un éboulement du côté de Castérino. la piste touristique qui part au Nord du hameau est fermée.

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Je n’étais encore jamais aller grimper sur l’arête Nord Ouest du Grand Cayre de la Madone (au milieu sur la photo ci-dessus). Cette erreur est maintenant réparée. La voie est plutôt facile, mais elle a pour elle un certain nombre d’arguments qui plaide en faveur de son ascension. Tout d’abord, elle donne accès au Grand Cayre, à 2532 mètres, bien visible depuis le refuge. Du sommet, la vue sur le vallon de la Madone et ses sommets est saisissante. Ensuite, son arête Nord Ouest comporte une particularité géologique : elle est trouée, en dessous de son avant dernier petit gendarme. C’est la fameuse fenêtre, ou fenestre que l’on peut apercevoir depuis le sanctuaire. Selon la légende, vers le Xe siècle la vierge y serait apparue, donnant au lieu, la Madone de Fenestre, son nom. Voilà pour l’anecdote.Question escalade, la voie cotée AD, est très facilement abordable et permet de « s’y remettre » après une période d’abstinence. Elle fait partie des voies rééquipée, façon Mercantour. Certains relais son en place, et on trouve quelques bons spits aux endroits délicats à assurer, comme le passage en IV après la fenêtre. Pour le reste, il faudra s’avoir jouer du coinceur et du « friend » si on veut progresser en toute sécurité et aménager quelques relais sur sangles.

La première longueur se fait sur une pente herbeuse sans grand intérêt. On enchaîne ensuite par des passages en III, dans du rocher à surveiller. La progression le long du fil de l’arête du premier gendarme est plaisante et aérienne. On peut jouer avec les flammes de pierre pour s’assurer et faire quelques jolis pas. Le plus intéressant est après. La voie vaut surtout pour ses deux passages les plus « difficiles » : celui avant le gendarme des la fenêtre, un très joli III sup dans un très beau rocher, vertical, mais bien « prisu » ; le second juste après la fenêtre, dans une partie raide et courte, ou l’on peut très bien s’assurer (photo ci dessous).

Pour  le fameux passage de la fenêtre, nous sommes passés en  contrebas, mais la voie est sur  l'arche naturelle. Sur la photo ci-dessous, prise par la cordée qui était dans  la face Nord du Cayre Barel, c'est moi sur la pointe.L’escalade peut allègrement se faire en grosses chaussures, pour ajouter un côté haute montagne à l’entreprise. L’arête sort directement au sommet. La fin se fait en corde tendue. De là haut, on peut admirer l’arête Ouest du Ponset et sa belle face Nord, dans les nuages lors de notre ascension. Ou encore les arêtes du St-Robert et du Gélas, là aussi dans les nuages (photo ci-dessous).Lors de ce samedi 18 août, pourtant à la météo agréable et presque automnale (ciel couvert, pas de soleil, ni de grande chaleur), nous avons aperçu que 2 cordées dans l’éperon Ouest du Petit Cayre et 2 autres dans « Vavavoom » dans la face Nord des Cayres Barels. Mais où sont passés les grimpeurs ?

En savoir +

La voie est cotée AD, entre III et IV. 200 mètres de l'attaque au sommet. Emporter sangles et un peu de quincaillerie. L'attaque se fait depuis la base de l'arête Nord Ouest, aprés avoir remonté un pierrier, puis une vire herbeuse. Petit gendarme caractéristique.


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L'image du jour

 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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