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L'hiver est de retour pour quelques jours sur nos massifs. Dans les préalpes de Grasse, les vents ont dépassé les 100 km/h sur les crêtes de l'Audibergue, et il faisait entre 0 et 4 degrés à Caussol au petit matin. Côté Mercantour, la neige est tombée, environ une dizaine de centimèrtres, obligeant le service des routes à fermer la Bonette pour une durée indéterminée.

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Les journées  se suivent mais ne se ressemblent pas dans les préalpes de Grasse : jeudi, la canicule (lire, ci dessous, la virée en VTT dans le haut Estéron); dimanche, brume, vent,  froid et pluie sur les crêtes de l'Audibergue. A quand la neige ?

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Ami Vetetiste, peu d'indications pour cette sortie réalisée dans les préalpes de Grasse, ni de carte, ou de topo, comme c'est l'usage sur ce blog... Nous avonstrouvé le paradis du V.T.T, quelque part dans le haut-estéron, entre Alpes-Maritimes et Alpes de Hauyes Provence, dans des vallées inhabitées, sans route, piste, ou autre aménagement. Ici, le temps s'est arrêté avec la désertification rurale. Les quelques rares hameaux croisés n'ont pratiquement pas bougé depuis une bonne soixantaine d'années. Les habitants se font rares. En revanche, la nature est bien présente : profonds vallons creusés par l'érosion, clues, forêts impénétrables, pelouse alpine, ou maquis méditerranéen... Ici, on roule en ayant présent à l'esprit que les sangliers, cerfs, ou chevreuils croisés ont la priorité sur le vététiste. Et les chemins ? Que du single track technique, éprouvant et ludique. On pousse souvent, on porte quelquefois, on relance tout le temps et il faut rester concentré, pour éviter la faute, sur des sentiers trés étroits, mais tout le temps intéressants. Alors ? En avant, avec 2 indications sur la photo ci-dessous : 1. la rando fait le tour de ce sommet, en arrière plan (altitude 1841 m) et à la fin passe par ce hameau, à droite sur l'image, habité à l'année, mais desservi par des sentiers pédestres. Autre indice : il y a des ânes. Tu vois ? Sinon, pour commencer, il faut pédaler fort et aussi pousser, puis se résoudre à finir par porter sur une piste située sur un ubac boisé. Pour trouver, c'est simple : la forêt  porte le même nom que le restaurant du village et de son ancienne place forte, restaurée en ce moment...T'as trouvé ? Non, alors, tu ne feras pas cette fantastique et inespérée descente aprés 30 minutes de "poussage" et portage. Une descente, non un tobogan dans un sous-bois frais et vert.Ensuite, il faut pas mal pédaler, franchir les limites du département, passer un col, par un GR ou la route et arriver sur un haut plateau isolé, où les reste d'une station de ski rouillent au soleil. Altitude : 1597 m, c'est le point haut de la rando et le début d'une nouvelle descente d'anthologie, d'abord sur une pelouse alpine, puis sur un sentier à flanc de montagne, enfin sur un single track caillouteux et sinueux.

Ensuite, on arrive dans un hameau isolé. Il faut grimper sur un haut plateau humide, parsemé de fleurs et d'où la vue s'étire jusqu'aux montagnes du Mercantour. On rejoint un second hameau, avec un fontaine à l'eau fraîche, avant de plonger dans la descente la plus belle de la journée, mais pas la plus longue. Les 2 photos ci-dessous.La rando se poursuit sur un sentier technique et exigeant. On rejoint le dernier hameau de la journée, avant d'entamer l'ultime descente, de traverser un torrent et de rejoindre la route, aprés plus de 35 km et 1100 m de montées...


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5 h 30, dimanche 20 mai. Nous avons quitté le refuge de la Madone de Fenestre dans le noir le plus complet. C'était il y a30 minutes. Maintenant, le soleil se lève derrière les crêtes du Saint-Robert (à gauche) et du Gélas (à droite avec se 2 sommets), nos deux objectifs de la journée. Le vent arrive et quelques nuages pointent le bout de leur nez. La journée débute à peine, ce sera une longue journée que nous allons passer à courir sur les crêtes frontalières du "toit" des Alpes-Maritimes (le Gélas à 3 143 m) et d'un de ses plus beaux sommets, le Saint-Robert (2 919 m). 6 h 50. Le Pas du Saint-Robert est maintenant derrière nous. Aprés quelques gestes d'escalade, les automatismes reviennent. Belle ambiance, avec d'un côté le soleil qui continue à se lever et de l'autres les vallées italiennes plongées dans la brume et les nuages... qui montent...montent vers les arêtes frontalières, notre chemin du ciel qui doit nous conduire droit sur le Gélas. On avance corde tendue, en 2 cordées, posant le minimum de protections pour ne pas perdre de temps. Le rocher est toujours aussi agréable à toucher et l'escalade est athlétique, naturelle et trés esthétique. Les becquets ne manquent pas pour y passer la corde. Ci dessous, un des 2 ou 3 beaux passages sur les premiers gendarmes du Saint-Robert. Sur cette arête, on ne croise que 2 vieux pitons.9 heure. Le sommet du Saint-Robert est maintenant derrière nous. On attaque la descente de son arête Est, en direction du Collet du Saint-Robert, petit col qui sépare ce sommet de celui du Gélas. En dessous sur la photo, on voit le Gélas et sa longue arête Ouest. Notre prochain objectif.10 heure, Collet du Saint-Robert. Pas le temps de s'arrêter : on tient l'horaire, alors en avant pour l'arête Ouest du Gélas. On raccourcit l'encordement et  on met préventivement le piolet sur l'épaule. Aucun protection dans ce parcours que l'on avale corde tendue au pas de course. On double 2 cordées à mi-hauteur.Enfin un peu de neige et de mixte pour ajouter du piquant à l'ambiance montagne. Depuis quelques minutes les nuages nous ont rejoint. Brouillard, froid et vent. On approche du sommet. Un névé d'une dizaine de mètre à franchir avec l'aide du piolet et voilà l'arête sommitale, en mixte, avec une cordée qui nous suit.La fatigue commence à se faire sentir, mais le sommet n'est plus trés loin. Un nuage se crève et à une vingtaine de mètres j'aperçois la vierge sculptée dans un tronc de mélèze par un artisan de Saint-Martin de Vésubie. 11 h 15 : enfin le Gélas. Nous restons dans le brouillard et le froid. Des italiens arrivent par l'arête Est, notre prochain objectif. Il ne faut pas relacher notre attention. Le parcours est encore un peu en neige avec quelques plaques de glace. La descente est avalée en corde tendue en un peu moins d'une heure. En arrivant au Balcon du Gélas, à 12 h, nous ne voyons toujours rien, mais la course est presque terminée. Encore 2 h de descente à pied, dans la neige, puis les pierres et un chemin, pour retrouver le refuge, Patric et ses tartes au myrtilles. Il est 14 h 50. La fatigue est bien là, mais la course derrière nous. La traversée intégrale Saint-Robert/Gélas est décidément une course exceptionnelle pour le Mercantour, jamais difficile, mais toujours belle et amusante. A parcourir corde tendue et à faire de préférence quand il reste de la neige.

En savoir +

Le topo :

http://alpinisme.camptocamp.com/guide.html?reason=sdetail&ids=11089

Voici le topo en photo. A gauche, on n'aperçoit pas le Pas du Saint-Robert, départ de la course. (Photo prise il y a 2 ans, depuis le Cayre Colomb).Nos temps : Approche (1 h 30), Arête Ouest du Saint-Robert (2 h 10), Arête Est du Saint-Robert (1 h), Arête Ouest du Gélas (1 h 15), Arête Est du Gélas (1h), descente (1 h 50).


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L'image du jour

 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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