Comment rater le sommet du Clapier à cause de quelques centimètres carrés de colle qui ne colle plus ? La réponse est simple. En arrivant un peu explosé au col de la Foux, il est important de ne pas s'occuper de ses peaux. Par exemple les laisser sur les skis, que l'on a pris soin d'oublier dans la neige. Ne pas sécher les peaux qui ont pris l'humidité de la neige fondue. Ensuite, il est important de s'arranger pour qu'elles gèlent en descendant en face Nord du Clapier. Comme ça, au moment de les remettre, elles adhèrent mal à la semelle des skis, puis se décollent et prennent la neige. Mais attention, il faut surtout s'appliquer à les pourrir d'une telle force que même les autocollants de secours ne soient justement d'aucun secours. Ensuite, au moment de faire une conversion délicate, il ne reste plus qu'à les ramasser par terre... Alors, pour poursuivre la virée et gagner le prochain col, seule solution : marcher, en portant ses skis sur le dos. C'est à dire s'épuiser en traçant dans de la neige meuble. Comme ça, au col, avec la fatigue supplémentaire et sans peau, impossible d'aller au sommet.
Une sortie gâchée ? Non, c'est même tout le contraire. S'engager sur le tour du Clapier reste un grand moment de ski-alpinisme. Il y a le départ sous les nuages. Puis le passage au dessus, avec une mer de nuage qui donne l'impression d'évoluer sur une île. Puis vient le fameux passage du mur des Italiens, bien rempli de neige, mais de neige glacée. On peut aussi se souvenir de la traversée du lac gelé sous le refuge de Nice.
Sans oublier la longue et épuisante montée vers le col de la Fous et le Pas Ouest du Clapier, à 2880 m, sous un soleil de plomb et dans une chaleur surprenante. De là haut, le paysage est tellement beau, avec le Viso qui émerge des brumes de la plaine du Pô que l'on en oublie tout le reste.
Quant à la descente de la face Nord, sur le glacier du Clapier, et son austère et glaciale muraille Nord elle ne peut pas s'oublier. Ensuite, il faut bien remonter en crampons au Pas Est du Clapier pour retrouver le soleil et la chaleur.
Assis sur un rocher, on regarde alors ses camarades monter au sommet. Pas de "peau" qui colle, donc pas de sommet ! Mais la descente, elle s'offre avec sa neige dure, puis transformée à point et fait oublier le reste. 600 mètres de dégringolade pour rejoindre le refuge de Nice (voir le film dans un précédent Post). C'est presque le printemps.
Ensuite, il reste encore 700 mètres de dégringolade pour rejoindre la vallée de la Gordolasque sur une neige en train de regeler. Au passage de la cascade nous partons sur la droite pour descendre en dérapage, ou en crampons, entre deux barres rocheuses. Puis dans le brouillard, nous retrouvons la bergerie de la Gordolasque et la route enneigée. Ici, c'est encore l'hiver.
Toi aussi, tu peux le faire :
Départ à 1 550 m de la route de la Gordolasque. Refuge de Nice, à 2230 m, puis baisse de la Fous à 2828 m
et Pas Est du Clapier à 2870 m. Descente en face Nord jusqu'à un replat, vers 2650 m. Montée au Pas Ouest du Clapier à 2834 m. Retour à la Gordolasque (-1300 m de descente)
Total : + 1600 m. Entre 7 h 30 et 8 h 30.
Emporter crampons et piolet.
Une randonnée à ski idéale à la cime de l’Agnel (2 927m) ce dimanche. Du soleil, de la neige, en abondance et en qualité, un peu de vent pour rafraîchir et un paysage grandiose. Alllez, le récit :
Après avoir admiré la Cougourde, toujours aussi surprenante sur la ligne de crête de la vallée.
Après le refuge puis le replat du lac des Siagnes, c'est-à-dire après 1 h 30 à 2 heures d’approche, la course commence vraiment. Et il reste tout de mêplus de 700 mètres de montée dans le raide vallon de l’Agnel que l’on a attaqué par la droite (en évitant le lac Agnel. L'itinéraire de montée classique passe par le lac). On grimpe alors rapidement dans un goulet raide qui se resserre de plus en plus et dans lequel il faut enchaîner les conversions. Puis la pente se calme et le paysage s’ouvre. Voilà le haut vallon de l’Agnel, un endroit isolé, comme coupé du monde. A droite la Cougourde, vue sous un angle insolite. Derrière le Guilé et la Tête de la Ruine. On franchit un petit collet pour récupérer la pente finale qui monte directement sous le sommet que l’on atteint à pied entre quelques rochers. De là, le panorama s’étend des Alpes du Nord, à la Corse en passant par le Viso et la plaine du Pô.
Ci dessous : le Gélas, le St-Robert et la Cougourde. La face Nord du Gélas (et le couloir des italiens) a l'air bien chargée et se prépare à nous offrir une belle descente pour ce printemps.
Toujours aussi magique. Le vent du Nord et l’appel de la descente nous chassent de ce promontoire. Agréable surprise, la neige dans la première pente porte bien. Pas de piège, ni de poudre lourde. Plus loin, c’est identique. Quant à la descente dans le vallon de l’Agnel, elle se fait à vitesse grand « V » et en enchaînant les virages sur une neige de printemps plutôt de bonne qualité.
Une pause au refuge pour boire un « Orangina », la boisson officielle des sorties ski de rando, puis c’est reparti pour une descente mémorable du vallon de Cougourde. A fond entre les mélèzes, les rochers et les randonneurs en raquette. Même le chemin offre un terrain de jeu amusant. On se croirait dans un jeu vidéo, ou sur une piste de « border cross ». 



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