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Lancés dans l’exploration, en ski de randonnée, des sommets des préalpes de Grasse et de Dignes, nous nous sommes dirigés, cette fois-ci, en direction du Cheval Blanc. Le Le Cheval Blanc ? C’est cette interminable crête qui domine la vallée de la Bléone. L’été, ses lapiaz sont brûlés par le soleil et les quelques herbes rases disparaissent, donnant au lieu son aspect gris, ou blanc. Les hivers généreux, la neige s’y attarde volontiers. Depuis la vallée de la Durance, la face Nord Ouest de la montagne ne laisse voir que de grandes pentes, très rarement skiées. A moins d’y aller en piolet/crampons, pas de passage pour gagner les sommets. L’accès se fait depuis la vallée du Verdon, à partir de Château-Garnier. Départ à 1080 m. On emprunte la piste qui remonte le long vallon de l’Estelle. C’est à partir de là, une randonnée en ski de fond. Pendant plus de 6 km, il faut s’enfoncer dans un vallon encaissé et désert, avant de gagner le cœur du massif du Cheval Blanc. Nouvelle difficulté : avant d’atteindre le vallon de Sécaré qui mène à la crête, il faut franchir la forêt et son enchevêtrement de branches basses et de buissons. Plus haut, le fond de vallon démarre en toboggan, gelé lors de notre passage. Il faut donc enchaîner les conversions, parfois dans des positions délicates, pour enfin sortir sur une première crêtes. De là, la vue sur la vallée de l’Issole commence à être intéressante. On voit aussi le contraste entre face Sud, sans neige, et les autres, plus blanches. On monte encore. Plus haut, la chaleur se fait sentir et la neige colle. Heureusement, les crêtes arrivent vite, et avec un vent frais salutaire. La vue s’étend de la Sainte-Victoire au Sud, au Cheiron, en passant par les montagnes du Verdon et tout au Nord le Dévoluy et les Ecrins, avec notamment le Pelvoux. Plus bas, la Bléone étire son lit, avant de traverse Dignes et de se jeter dans la Durance.

Après un premier sommet, le sommet des Croquets, il faut redescendre une centaine de mètres, atteindre un col, puis remonter pour attraper l'étroite crête sommitale, en longeant l’impressionnante face Nord. Ne pas glisser, ne pas glisser… Sur la gauche, (la photo ci-dessous) le Dévoluy et les Ecrins.Au sommet, à 2323 m, un « chantier » attend le randonneur : on y construit un observatoire. Ses sacs de ciment et ses armatures en fer cadrent très mal avec le paysage et le caractère sauvage de cette course, depuis le départ. Enfin…On redescend avec les peaux, avant d’attaquer une montée et enfin les enlever. Place à la descente par le même vallon qu’à la montée. La neige est transfo, ou de printemps, et les premiers virages dans une pente à 30, 35 degrés, s’enchaînent avec beaucoup de plaisirs. Voir la vidéo ci-dessous :

Plus bas, c’est un calvaire : la neige est croûtée, gelée, ou lourde. Ce sera conversions et lignes droites jusqu’à la forêt où l’on déchausse pour éviter de se prendre une racine. Retour au chemin et descente jusqu’à Château-Garnier. On déchausse à 10 mètres de la voiture...

 

 

Tu peux le faire :

Départ : Chateau-Garnier , à 1080 m. Remonter la vallée de l'Estelle. On peut monter au sommet en passant par le Paluel, en cas de bon enneigement et enchainer par les crêtes. Sinon, remonter le vallon de l'Estelle et grimper par un des 3 vallons sur la gauche (sortie décrite sur ce blog). Sommet à 2323 m.


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4 heures du mat'. Le réveil sonne !!! Bon dieu, c'est pour quoi faire au juste ? Aprés réflexion et consultation de mon agenda, c'est jeudi, le jour d'aller skier la face Sud du Cheiron. Debout ! Mais pour y glisser, il faudra encore attendre un peu. Des températures plus douces et surtout la pluie de mercredi ont eu raison du généreux manteau blanc qui avait recouvert la pente en début de semaine. Les observations d'un de mes informateurs (bien placé et bien informé) et la lecture d'un post sur Denali confirment cette mauvaise nouvelle : la face Sud du Cheiron n'est pas en conditions. C'est pour cette raison qu'à l'embranchement pour Saint-Pons, nous continuons en direction de Gréolières-les-neiges. Au moins, en partant de la station, il y aura toujours du ski à faire. L'idée de crapahuter, dans le noir, la boue, la caillasse et les buissons, au départ de Saint-Pons, et avec les skis sur le dos, n'est guère réjouissante. Surtout quand on s'est levé à 4 h du mat' et que dans quelques heures il faudra être au boulot. Après quelques plaques de glace plus tard, c'est le parking de la station. Désert et froid. La première difficulté, et la seule, consiste à sortir sans se péter la gueule sur la glace vive. Parce que la montée vers les crêtes est sans problème. 40 minutes plus tard on s'arrête sur une corniche, les spatules dans la face Sud. Comme on y voit toujours aussi bien que dans le cul d'une poule, on, réalise que l'on est au sommet du Cheiron avec l'arrivée d'une fort et glacial vent. Et puis en bas, les lumières des villes de la côte apparaissent. Endin, autre signe : il n'y a plus de neige sous les spatules, juste du vide...

6 h 40. La face Sud reste dans la nuit. Pour attendre l'arrivée d'un peu de lumière, on traverse gentiment les crêtes, pendant, que plus bas, les dameuses préparent les pistes. Un peu après 7 heures, les premières lueurs du jour permettent de distinguer les obstacles. Enfin, si peu... Nous enlevons les peaux pour nous jeter dans un premier couloir en face Sud. Glacé ! Trop glacé pour tourner sereinement, surtout quand on sait que 100 mètres plus bas, il y a les cailloux. Décidemment, cette face Sud n'est pas en conditions. Alors, on repart dans le vent et le froid à la recherche de la première bonne descente, pour s'y jeter dedans. Ce sera celle de la combe sous la cime de Jérusalem, en direction de la combe des Baumettes. La neige est toujours aussi dure, mais pas trop glacée et les virages s?enchaînent dans de grands raclements de carres. Au loin, le Mercantour commence à bien se détacher du ciel. Le jour arrive petit à petit. A 1 500 mètres, on « repeaute » pour regagner la cime de Jérusalem. Le soleil en profite pour sortir de derrière les nuages qui nous cachent la vue sur la Corse. Sommet. Et de nouveau un fort vent. On « dépeaute » et c'est la dernière descente, avant de retrouver la voiture et la route du boulot. La journée peut commencer.


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Samedi soir. Préparation de la sortie montagne dominicale... Bon, alors, demain, risque d'avalanche 4 sur le Mercantour et le Haut-Verdon, aujourd'hui pluie toute la journée sur le littoral.... Pour du ski de rando c'est limite. Pour du V.T.T, ce sera boueux. Et pour de l'escalade n'en parlons pas. Ce sera donc un dimanche TV devant Drucker... Comme un avant goût de retraite, ou de petite mort... Quand, un nouveau mail arrive dans ma boîte : «  il paraît que le Mourre de Charrier, au dessus de la Palud-sur-Verdon, est en conditions. C'est un sommet qui se skie tous les 30 ans et en plus les risques d'avalanche seront limités ». Adieu la zapette, bonjour les skis et en avant pour le Mourre de Charrier ! Dimanche matin dans la voiture. Après avoir traversé les préalpes de Grasse chargées de quantités de neige impressionnantes, nous arrivons à proximité de ce fameux sommet. Déception : il y a bien de la neige, mais pas suffisamment pour du ski de randonnée. Nous lui disons donc «  à dans 30 ans ». Marche arrière et direction le col de Saint-Barnabe entre Teillon et Crête de la Bernade. Sur place, c'est le Canada,avec des tonnes de neige fraîche sur les arbres et la route... La crête de la Bernarde a l'air en meilleure conditions que le Teillon. A la petite station de ski abandonnée de Valplane, nous en avons la confirmation : elle est bien là ! Blanche, froide, légère et abondante. Allez zou, en avant !En traçant comme rarement il nous arrive de le faire dans les Alpes du Sud, nous partons à l'assaut du sommet de Gourre (1 878 m), par son versant Sud, avec en arrière plan la Méditerranée et le Mont Lachens. Puis nous nous élançons sur la longue crête en direction du sommet de la Bernade à 1 940 mètres.

Les derniers mètres pour arriver au sommet sont en glace. Ce n'est pas les Ecrins, mais cette modeste montagne située en préalpes de Grasse et du Verdon offre un très joli panorama du Ventoux, en passant par les monts Toulonnais, la mer, les montagnes du Verdon et du Mercantour. Et l'ambiance est sauvage, comme seule cette région isolée sait l'offrir. Place à la descente. Le versant Nord Ouest offre une très jolie combe qui rejoint 500 mètres plus bas la forêt et une cabane de berger. La neige est immaculée et les premiers virages se font dans une poudre légère, qui recouvre une sous-couche dure. Pas d'arbre, ni de cailloux pour venir jouer les accroche-carre. De temps à autre, nous nous arrêtons pour jeter un coup d'oeil sur nos traces, histoire de se dire que l'on n'a pas rêvé. Un neige comme çà, entre 1 400 et 1 900 m d'altitude, avec un tel soleil, c'est impossible ! Pour en profiter jusqu'au bout, nous descendons jusqu'à la limite avec le torrent et la forêt impénétrable. On recolle les peaux et direction une cabane de berger pour y manger au soleil. Ensuite, nous continuons la montée de cette face Nord pour retrouver le sommet et aller tester la neige sur la pente Nord-est. Vue imprenable sur le Mounier, et les sommets de la vallée du Var. Descente dans l'ombre et le froid. La neige est bonne, mais de moins bonne qualité que tout à l'heure. Un peu avant la forêt, nous recollons les peaux une  troisième fois – enfin, elles commencent à plus trop coller – et regagnons 300 mètres plus haut la crête encore ensoleillée. Au Sud, la mer de nuage a commencé à recouvrir les sommets. Au Nord, les crêtes du Mercantour restent dans le gris, sauf le Bégo qui tire son épingle du jeu et prend un bon bain de soleil. Pour la troisième fois de la journée nous retrouvons le sommet de la Bernade.  Ce sera la dernière descente. En plein dans la face Sud... La neige est horrible, cartonnée, dure à skier, traître. Mais heureusement, le paysage est toujours aussi surprenant.

Aller plus loin :

Départ de la station de Valplane (Alpes de Hautes Provence) à 1590 m.

Déniv : 1 200 m avec 3 montées et descente, en face Nord et Sud.

Accés, depuis Saint-Auban et Solehias, ou depuis le barrage de Castillon.


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Les conditions de neige sont plutôt correctes du côté du Cheiron, au dessus de Grasse. Il ne faut pas espérer skier la face Sud, ou Ouest (photo ci-dessous), mais la Nord offre une neige dure, limite gelée, qui ne bouge pas de la journée. Une petite virée dans le coin reste toujours magique. En montant par la crête on peut admirer d'un même coup d'oeil les montagnes du Mercantour et la côte avec les îles de Cannes, ou le cap d'Antibes.


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L'image du jour

 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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