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Aventuralpines

La traversée des Alpes de Saint-Gervais à Briançon en VTT BUL

18 Juillet 2017, 13:29pm

Publié par Aventuralpines

La traversée des Alpes de Saint-Gervais à Briançon en VTT BUL

Dans Saint-Gervais-Briançon, en VTT Bivouac Ultra Léger, le plus difficile n'est pas tant de pédaler, mais de voyager avec son vélo en train... Parce que mon départ est fixé à la gare de de Saint-Gervais et l'arrivée, 190 km plus loin à celle de Briançon. Je veux utiliser seulement des transports en commun et changer d'approche. Zéro voiture ! J'entends aussi respecter le sentier : pas de coupe, pas de descente en mode dérapage incontrôlé. Il me faut laisser la plus faible emprunte : pas de feu au bivouac, mes déchets emportés avec moi, etc...

Bref, un Saint-Gervais-Briançon à VTT respectueux des endroits traversés !

Entre ?

Autour de 19 cols à passer et des kilomètres de sentiers en altitude et de liberté en montagne. Sans oublier trois beaux bivouacs. Parce que cette aventure est organisée en autonomie, ou presque. Un VTT, un sac de 8 kg, tout compris (matériel de bivouac, nourriture, vêtements et eau). Et une envie de grands espaces, de sentiers techniques et de dépassement de soi !

Départ de la gare de Saint-Gervais.

Départ de la gare de Saint-Gervais.

Au refuge de la Balme

Au refuge de la Balme

Il est 12 h 30. En selle !

Jour 1 : Saint-Gervais au Cormet de Roseland – 35 km

Dés le bout du parc des thermes de Saint-Gervais, je suis dans l'ambiance. Le petit sentier qui rejoint le coeur de la station grimpe, grimpe, mais grimpe. Et moi, je pousse le vélo... Je suis parti pour remonter toute la vallée des Contamines-Monjoie jusqu'au col du Bonhomme, à 2329 mètres. Il faut prendre son mal en patience et profiter de cet instant de liberté. Et en garder sous la pédale, le parcours est encore long...

Jusqu'au Chalet de la Balme, je roule. Ensuite je porte. Quasiment 800 mètres de grimpette avec le VTT sur le dos. Je monte en même temps qu'une colonie de vacances venue de la région parisienne. Des « jeunes de banlieue ». La discussion s'entame et ils me proposent même de m'aider. Aller en montagne c'est aussi dépasser les clivages et regarder au delà des préjugés.

Ambiance sur la crête des Gittes

Ambiance sur la crête des Gittes

Au refuge du col de la Croix du Bonhomme, il fait froid et l'ambiance est à la pluie. Je rentre quelques minutes à l'intérieur pour prendre de l'eau. Il y a foule... Nous sommes là sur le Tour du Mont Blanc. Je ressorts vite dans le froid et la solitude pour attaquer la crête des Gittes, certainement un des plus beaux sentiers de ma traversée. Au passage un groupe de bouquetins et de marmottes détale. C'est la fin de la journée et la lumière est irréelle.

Lumière de fin de journée

Lumière de fin de journée

Je m'arrête bivouaquer sous le Cormet de Roseland, dans l'herbe épaisse du Beaufortain, le pays où les vaches sont heureuses et généreuses. Alors que ce matin j'étais encore en pleine ville, que j'ai pris le TGV, puis deux TER, me voici quasiment seul en montagne. Je n'arrive pas encore à me faire à ce changement d'échelle et de temps.

Parce que j'ai laissé ma montre et éteint mon smartphone. Mon seul repère temporel est la course du soleil et la mienne. Ma règle : je pédale et m'arrête quand j'ai faim, que je trouve beau un paysage ou que la nuit arrive.

Le soleil descend. Mon ventre commence à grogner. Donc bivouac ! Le premier du raid.

Le bivouac s'organise

Le bivouac s'organise

Réveil solaire et naturel...

Réveil solaire et naturel...

Jour 2 : du Cormet de Roseland au Val d'Encombres - 62 km

Aujourd'hui c'est le Beaufortain qui m'attend et une longue traversée jusqu'au Val d'Encombres. J'attaque confiant et heureux de traverser de si jolis paysages. Les sentiers au dessus du Lac de Roseland sont comme le Beaufort : moelleux et généreux en saveurs ! Petite Berge, Grande Berge, puis la montée vers le col du Coin sous le regard ombrageux de la Pierra Menta. Je suis sur les terres du ski-alpinisme, presque au paradis. L'ensemble des alpages retentit du son des clarines. Les fermiers descendent le lait dans de grands containers en alu. Des randonneurs randonnent de partout. La montagne est vivante.

Direction la Pierra Menta...

Direction la Pierra Menta...

Après le col du Coin, passé en portant le VTT, j'enchaîne avec un beau tour de montagnes russes via le Cormet d'Arêches, le col de la Grande Combe, le col des Génisses, le col des Tufs Blancs et... C'est après le col des Tufs Blancs, avant d'entamer la descente vers le refuge du Nant du Beurre, que je prends conscience de ma traversée.

Je m'arrête net !

Je viens de quitter le Mont-Blanc des yeux et, tout d'un coup, une grande partie de l'arc alpin est devant moi, des Ecrins à la Maurienne et la Vanoise. C'est beau, mais grand... Et j'ai encore de la route. Il faut resté concentré...

Vue sur le massif du Mont-Blanc

Vue sur le massif du Mont-Blanc

Les Ecrins !

Les Ecrins !

Pour reprendre des forces je m'arrête au refuge du Nant du Beurre, où je mange un plat du jour d'anthologie. Autant au refuge de la Balme sur le Tour du Mont-Blanc j'avais trouvé mesquine la minuscule tarte industrielle à la confiture, autant ici l'accueil est sympathique et savoureux.

Arrêt gourmand au refuge du Nant du Beurre.

Arrêt gourmand au refuge du Nant du Beurre.

Ensuite, je file récupérer le passage du Bozon, où la vue me donne envie de bivouaquer. Mais il faut avancer. Il me reste la descente vers Moutiers et la longue remontée vers le Val d'Encombres. 20 km de route... Même en analysant la carte, je n'ai pas trouvé mieux.

Pour rallier Saint-Martin de Belleville j'emprunte la petite départementale 96, en plein cagnard. C'est long et j'ai soif. Mes pneus de 2,5 de section collent désespéramment au bitume. Plus d'eau, pas de fontaine dans les hameaux traversés, ou alors elles ne coulent pas... J'explose et pousse mon vélo quelques kilomètres. A Saint-Martin, je fais le plein et repars vers le Val d'Encombres via une petite route et une piste.

La vallée est si belle, mais défigurée par une ligne à haute tension. Je m'arrête après le hameau du Gittamelon. Plus de force, la faim est là et je suis usé par cette journée interminable.

Ma vue depuis le bivouac dans le Val d'Encombres

Ma vue depuis le bivouac dans le Val d'Encombres

Jour 3 : du Val d'Encombres au massif des Cerces - 55 km

Deuxième petit matin de bivouac. J'ai pris le pli et je replis et range mes affaires en un rien de temps aprés un super petit déjeuner pris en écoutant les marmottes : café, canistrelli aux amendes et céréales (lyophilisées). J'attaque par la belle montée au Petit col des Encombres à 2329 mètres, avec le massif du Mont-Blanc dans le dos. Le vent de la nuit a complètement nettoyé le ciel est c'est un paysage impressionnant qui m'attend au col.

Impressionnant, c'est le mot, parce que je vois tout en bas de la vallée Saint-Michel de Maurienne, à 700 mètres d'altitude et que je vois très bien aussi (tout en haut) le col du Télégraphe, à 1566 mètres, puis la suite, encore plus haut, c'est à dire les montagnes des Cerces.

Descente sur la Maurienne

Descente sur la Maurienne

Comme je n'ai pas envie de retrouver tout de suite le fond de la vallée avec ses routes, je m'attarde dans les alpages et traverse par un très joli sentier en balcon qui me conduit aux Chalets de Baumes, puis c'est une descente d'anthologie qui m'emmène à Saint-Michel de Maurienne. J'en fais fondre mes plaquettes de freine AV...

Au dessus de Saint-Jean de Maurienne

Au dessus de Saint-Jean de Maurienne

J 4 : du massif des Cerces à Briançon - 38 km

Pour ce quatrième et dernier jour, je me retrouve sur le mythique itinéraire de l'Ultra Raid de la Meije.

Matinée froide et humide au réveil. Le sursac est trempé. Je n'attends pas le soleil, caché derrière les hauteurs des Cerces et attaque la montée au camp des Rochilles, par la piste militaire. Agréable pour se réveiller et se mettre en jambe. Au col des Rochilles la vue est à couper le souffle sur les lacs et les montagnes de Névache. Je rejoints maintenant le col des Cerces dans une ambiance minérale. Voici les alpes du Sud.

Le camp des Rochilles

Le camp des Rochilles

Col des Rochilles et ses lacs.

Col des Rochilles et ses lacs.

La descente sur le lac des Cerces est un régal. L'endroit est isolé et éloigné de tout. Les sentiers agréables à rouler. J'appuie sur les pédales et me crois quelques minutes sur le 70 km du Raid de la Meije... A ce rythme-là, la dernière montée de mon périple arrive à grande vitesse : le col de la Ponsonnière. La fin grimpe bien... C'est encore une fois très alpin et aérien, avec sentier très étroit et en balcon.

Au dessus du lac des Cerces.

Au dessus du lac des Cerces.

La dernière descente, par le GR 57, vers l'Alpe du Lauzet est tout bonnement inoubliable. Du grand VTT de montagne avec des passages rapides, des virages serrés, des portions pentues et techniques... Tout y est, même les vaches dans l'alpage du Lauzet, pour faire couleur locale.

Je m'amuse tellement bien dans cette descente que je rate l'embranchement pour continuer à flanc de montagne par le GR 50...

Trop tard et tant pis. Je terminerai mon périple par le fond de la vallée de la Guisane et ses sentiers VTT qui me conduisent en pente douce à la gare de Briançon, terminus de mon périple...

Arrivée à Briançon...

Arrivée à Briançon...

Le matériel 

  • VTT 29 pouces en 120 mm (révisé avant le départ)
  • Deux chambres à air+patte de dérailleur+2 paires de plaquettes de frein+matériel de réparation
  • Casque, gants, chaussures souples avec cales, lunettes

Vêtements

  • Sac à dos 28 litres
  • Sac de couchage 5 degrés en duvet pour être plus léger et compactable
  • Sursac
  • Tapis de sol gonflable et long
  • Une veste de protection
  • Un blouson duvet synthétique sans capuche
  • Un buff + une casquette
  • Un tee-shirt technique à manche longue pour les bivouacs
  • Un short léger pour le soir et dormir
  • Un surpantalon de trail contre la pluie (au cas où)
  • Une paire de chaussettes de rechange (les premières n'ont pas survécu...)
  • Petite trousse de secours
  • serviette miniature+savon en feuilles+PQ
  • Lampe frontale
  • mini couteau
  • 2 cartes IGN
  • appareil photo et Go Pro

Nourriture :

  • Réchaud léger + 1 recharge de gaz
  • Casserole pliable+cuillère+bol en plastique
  • Sel+sucre+café+infusion
  • 3 sac de riz à cuire en 3 minutes
  • 3 boites de thon à l'huile
  • 1 purée jambon en lyophilisé
  • 2 petit déj céréales et fruits en lyophilisé
  • Une dizaine de canistrelli aux amendes
  • 3 compotes
  • Barres de céréales+amendes salées+bonbons
  • Quatre arrêts ravito : deux tartes en refuge pour le goûter+un cookie dans une boulangerie+un repas du jour dans un refuge

Bilan et astuces :

  • Une paire de disque de frein à changer le 3eme jour
  • Nettoyage de la transmission+huilage chaque matin+ vérification des serrages des roues.
  • Pas de chute, ni de blessure : pour cela toujours rouler en dessous de ses capacités max.
  • J'aurais dû prendre un chargeur de batterie fiable (le mien n'a pas marché...). Panne de Go Pro et de compteur à cause des batteries. Chaque soir je rentrais mon matos électronique dans un sac étanche que je mettais dans mon duvet.
  • J'emballais chaque soir les affaires dans des sacs étanches (rosée et humidité en bivouac sont désagréables...)
  • Emporter un bon sac de couchage et ne pas hésiter à prendre un bon tapis de sol. Le sursac est indispensable.
  • Tester tout le matériel avant (surtout le sac chargé en roulant)
  • Ne pas hésiter à mettre de bons pneus...
  • Pas de poche à eau, mais une gourde de cadre de 0,5 litre et une de 1 litre rigide dans le sac. Donc bien repérer les endroits avec eau sur le parcours.
  • Découper son trajet en plusieurs partie pour avoir des répères et garder la motivation.
  • Ne pas hésiter à regarder les paysages...
Une partie de la nourriture

Une partie de la nourriture

Les traces GPS

Jour 1 :

Jour 2 : 

Jour 3 : 

Jour 4 : plus de batterie...

Commenter cet article

Antoine 22/08/2017 14:13

Très intéressant, et de bonnes idées de parcours, merci. J'ai le même problème avec les trains, en revanche. Bonne continuation.