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Aventuralpines

Le Raid des terres noires, non des boues noires...

8 Mai 2017, 21:12pm

Publié par Aventuralpines

Le Raid des terres noires, non des boues noires...

En compétition, surtout avec des barrières horaires à franchir, le temps est une notion relative... On a l'impression qu'il s'écoule trop vite, alors qu'il reste immobile. On pense l'avoir maîtrisé, mais il faut lui courir après.

Dans la première montée du Raid des Terres Noires 2017, je médite sur cette fuite du temps, en même temps que je m'échine à rester dans le peloton. Nous sommes sous le Cousson et une surprise chronophage s'est invitée sur la course : la boue !

Celle qui colle en montée.

Celle qui glisse en descente.

Celle qui pompe un maximum d'énergie.

Celle qui s'accroche aux pédales, aux pneus.

Celle qui faite perdre du...temps !

Je retrouve la boue qui m'a accompagné lors de la MB Race, ou du Trail de la Meije... Heureusement dans cette haute Provence, il ne pleut pas et la température est agréable. C'est toujours ça de gagné.

Pourtant, je ne m'y habitue pas à cette boue. Je suis un pilote du Sud, du calcaire et du soleil...

Bien avant le premier col, cette boue nous raccroche à la terre. Les pneus ne tournent plus rond. Les chaussures s'enfoncent et glissent. Pour avancer d'un pas, il faut en faire deux. Pour pédaler, il faut donner des coups de bucheron.

A la fin de la première descente, dans le bas du vallon Richelme, ces conditions rendent délicat le parcours. Les pierres ripent, les sentiers glissent et les torrents sont gros.

Sur la section entre la D20 et Les Dourbes, je comprends que je ne vais pas pouvoir tenir ma moyenne horaire, prévue à 8, 5 km/h. Là où aux précédentes éditions je pédalais, je marche. Il faut souvent descendre du vélo, le pousser pour franchir une côte ou un obstacle... J'avance péniblement à 6,5 km/h de moyenne. Et surtout, je pompe un maximum d'énergie dans mes réserves. J'irai même plus vite en courant...

Ce n'est pas bon pour la suite, ni pour les barrières horaires. Le temps, on en revient toujours  là...

Portage/poussage sous la barre des Dourbes.

Portage/poussage sous la barre des Dourbes.

Le début de la montée à la barre des Dourbes est embourbé. La suite plus sèche, mais malheureusement mon VTT est recouvert de boue. Il pèse un âne mort et la chaîne n'est plus très bien lubrifiée. Les pneus pleins de terre humide frottent sur les bases. J'avance avec l'impression de tirer un tronc d'arbre.

C'est maintenant très concret : je vois la fuite du temps. Il m'échappe, me double et disparait au détour d'un virage.

Le portage est délicat. Les rochers du sentier glissent sous les semelles. Le VTT est plus lourd à porter avec ce surpoids de gleize collante. J'arrive au Pas de la Faille soulagé. Le passage reste toujours autant fabuleux, avec le vide et la vue sur la haute Provence de la Lure à l'Estrop.

Le début de la descente est sportif, avec des pneus remplis de boue. Surtout que le sentier est en dévers, sur des rochers glissants. Heureusement la suite est plus simple et amusante, avec de beaux virages en épingle.

Le Pas de la Faille.

Le Pas de la Faille.

La montée au Pas d'Archail est longue... La piste grimpe et sélève, régulièrement, mais sur une longue distance. Heureusement, le Pas est toujours aussi beau, avec son ambiance alpine et son alpage.

Je pédale en sachant, qu'après le Pas d'Archail, les grosses difficultés physiques seront passées. Le reste du parcours est technique, difficile, mais moins "bourrin". Au Raid des Terres Noires, les 25 premiers km sont déterminants pour la suite...

Sous le Pas d'Archail

Sous le Pas d'Archail

La descente du Pas d'Archail est un régal. Un sentier dans la falaise. Des épingles techniques. Et une partie rapide en sous-bois, sur un single sec et amusant. Du beau et grand VTT !

Je lâche les freins, mais n'arrive pas pour autant à rattraper les minutes perdues. Au ravito, je sais que ça va être très difficile de passer sous la barrière horaire de Draix... Surtout que personne ne nous dit qu'elle a été relevée d'une heure. A cause de la boue, bien entendue.

Le tobogan des terres noires

Le tobogan des terres noires

Aux crêtes des Terres Noires, je passe en mode rando-plaisir-photos. La course est terminée pour moi... Le temps m'a lâché, devancé, terrassé. Il a été plus rapide.

La première section est toujours aussi aérienne et belle. La seconde reste technique et délicate... Le sol a séché. Heureusement. Maintenant, il est plus facile d'avancer, mais les Terres Noires 2017 sont terminées pour moi. A Archail, je poursuis sur Draix, où logiquement les organisateurs m'arrêtent au ravito. Il est 15 h 16 et la barrière était à 15 heures. Repoussée d'une heure.

En me pressant un peu plus, j'aurais pu la franchir pour continuer un peu, mais pas terminer. C'est le jeu !

Le Raid des Terres Noires, c'est plus fort que moi... Mais je reviendrai. Le parcours est beau et exigeant. L'organisation au top

La deuxième section de terres noires avant Archail.

La deuxième section de terres noires avant Archail.

Draix. Un coin de paradis pour terminer ce Raid hors normes.

Draix. Un coin de paradis pour terminer ce Raid hors normes.

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