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Aventuralpines

Randonner avec un âne dans les Aravis

1 Novembre 2016, 15:06pm

Publié par Aventuralpines

Randonner avec un âne dans les Aravis

Avant de partir en vacances avec un âne dans les Aravis, comme j'ai pu le faire, il faut se poser la bonne question : pourquoi avec un âne ?

Parce qu'un âne est aussi encombrant qu'une belle mère. Il faut s'en occuper comme un enfant. Il boit plus qu'un beau-frère (mais que de l'eau, lui). Enfin, il demande autant, voire plus, d'attention qu'une femme, ou un mari... Mais il parle moins.

A oui, j'oubliais : il faut le brosser deux fois par jour !

Brossage obligatoire deux fois par jour : le matin et à midi

Brossage obligatoire deux fois par jour : le matin et à midi

Alors ?

Passé ces quelques inconvénients, un âne portera sans rechigner les sacs à dos, la tente et les vivres. Il ne demande que rarement à s'arrêter (tout de suite, vite, vite...) au bord de la route pour se soulager. Il fait en marchant. Et le soir, pas besoin de le sortir en boite de nuit, ou dans un resto chic : un piquet, une corde, de l'herbe fraîche, de l'eau et le voilà le plus heureux du monde.

Dernier élément à prendre en compte : la destination. Ne pas partir en vacances avec un âne à Paris, ou Quiberon. L'animal n'est pas adapté à ce type de destination. Préférer les Cévennes (déjà testé il y a très longtemps par un marcheur solitaire qui a écrit un livre), le Massif Central, les Vosges et même les Alpes. Les Aravis sont un massif idéal pour partir avec un âne. Il n'aime pas trop les chemins techniques, ni le vide.

L'âne est le compagnon idéal de la randonnée itinérante avec des enfants, ou non. Calme, câlin et docile, il se montre un compagnon sympa et motivant pour les plus jeunes. En cheminant à ses côtés, ils oublient les kilomètres. Un coup de moins bien ? Et hop, on grimpe sur son dos et le tour est joué. Attention, un âne porte en moyenne une quarantaine de kilos. Ne pas le charger comme une mule. Il n'apprécierait pas.

Bien équilibrer les sacs de bât, sinon...

Bien équilibrer les sacs de bât, sinon...

Bon à savoir :

  • Un âne porte une quarantaine de kilos. Il peut donc se charger d'un enfant d'une vingtaine de kilos, ou moins, si les sacs de bât ne sont pas trop lourds.
  • Il faut bien équilibrer les sacs de bât, histoire que l'âne ne soit pas déséquilibré
  • Un âne ne boit pas beaucoup en journée. Par contre, le soir il est impératif de lui donner de l'eau fraîche en quantité.
  • Un âne ne dort pas beaucoup et marche la nuit. L'attacher pas trop proche de la tente et lui laisser une bonne longueur de corde. Bien attacher cette corde à un arbre (solide) ou à un tire-bouchon spécial que l'on enfoncera en profondeur.
  • Il est obligatoire de bien nettoyer et brosser l'âne le matin, le midi et le soir. Surtout avant de lui attacher les sangles du bât. Des saletés pourraient le blesser en frottant contre les sangles.
  • Il est aussi obligatoire de vérifier ses sabots et de lui enlever la terre ou les pierres qui auraient pu s'y accrochés. Sinon, il peut se faire mal.
  • L'âne mange toute la journée et n'hésite pas à (tenter) de s'arrêter ou d'arracher ce qui passe à sa portée. A midi et le soir, il faut l'attacher dans un endroit où il y a de l'herbe en quantité. Un complément alimentaire (fournis par les loueurs) est à lui donner le soir.

 

Plus de renseignements sur le site de la fédé de rando avec des ânes

L'âne ne boit pas beaucoup en journée

L'âne ne boit pas beaucoup en journée

Randonnée de 4 jours dans les Aravis :

Les ânesravis proposent à la location de gentils et costauds ânes, avec le matériel de bât et la nourriture pour l'âne. Des itinéraires sont même suggérés. Nous avons suivi celui de 4 jours, avec une variante personnelle pour le troisième jour.

 

Les ânes aiment bien manger tout le temps...

Les ânes aiment bien manger tout le temps...

La prise en main :

La rencontre avec Kello, notre âne, est simple. C'est un âne facile et docile. Pas une tête de mule, donc. C'est bon signe pour la suite. Après une explication de 30 minutes, sur le mode d'emploi de notre âne, c'est à nous de le bâter. Il faut s'apprivoiser, mais au bout de quelques kilomètres, c'est fait et on a l'impression de cheminer avec un vieil ami.

Bivouac avec vue sur le Mont-Blanc

Bivouac avec vue sur le Mont-Blanc

Jour 1 : col des Aravis cabane du Petit Pâtre

Pour rejoindre le col des Aravis, la piste est facile. On évite le col pour aller prendre le sentier au dessus des tunnels de la route. De-là, le jeu consiste à aller rejoindre la belle piste qui coupe les pâturages sous les aiguilles des Aravis. Les fermes proposent du fromage. C'est trés pastoral. On a très vite en pointe de mire le col de Niard qu'il faut rejoindre. La montée ne commence que sous le col. Le sentier se fait plus alpin et technique. Au Col, le sentier redevient plus facile et traverse un très joli alpage. En profiter pour faire le plein d'eau. Direction la cabane du Petit Pâtre que l'on rejoint en 30 minutes. Le coin est idéal pour un bivouac. Une table de camping en bois est installée et à côté de la cabane du berger un abris est ouvert. La vue sur le Mont-Blanc est à couper le souffle.

Vache de la ferme du Plan de l'Aar

Vache de la ferme du Plan de l'Aar

Jour 2 : Petit-Pâtre Plan de l'Aar

C'est une journée facile et belle par les panoramas qu'elle offre. A l'exception du sentier du début, sous le Croisse Baulet, c'est simple. Il faut juste faire attention à la traversée de l'éboulis sous le sommet. Le passage au col du Jaillet est un très beau moment, même si on retrouve la foule des randonneurs. La forêt avant la ferme du Plan de l'Aar est aussi un bel endroit. Les fraises et framboises des bois y poussent de partout. Un bivouac à proximité de la ferme du Plan de l'Aar est à conseiller. Le repas, servis dehors, est à ne pas rater afin de reprendre un peu de forces et goûter à autre chose que la nourriture de bivouac. Ambiance savoyarde avec les vaches et la fermière qui fait la traite. La ferme gère également un refuge avec douche.

Le Mont-Blanc depuis les crêtes du Torraz

Le Mont-Blanc depuis les crêtes du Torraz

Jour 3 : Plan de l'Aar col de Peloset :

Une longue étape attend le randonneur. (Il est possible de prendre un autre itinéraire plus court, comme le propose le loueur d'âne). Le début de la randonnée se fait sur les crêtes du Torraz avec une vue à couper le souffle sur le Mont-Blanc. Ensuite, on plonge dans la forêt et les alpages du Gâteau. Le chemin se fait plus mystérieux et moins fréquenté. La forêt de Tréléchat et du Bouclard est sombre et profonde et bien fraîche en cette chaude journée. Il faut ensuite descendre par une piste, empruntée lors de la MB Race. C'est long... Et, une fois traversé le torrent et la route départementale 909, la piste grimpe. On va devoir prendre 700 mètres sous le cagnard, puis à travers une forêt. Un sentier permet de gagner le hameau de Chaucisse, si difficile à prononcer, mais très savoyard. Un bar y attend le randonneur assoiffé. La montée continue à travers les alpages par une bonne piste. Le bivouac se fait au lieu-dit Peloset, sur une aire de pique-nique, avec table et banc en bois, mais pas d'eau potable (il y a un abreuvoir pour animaux). Belle ambiance sous les crêtes de l'Etale et de la pointe de Mandallaz.

Le soleil va disparaître derrière l'Etale.

Le soleil va disparaître derrière l'Etale.

Jour 4 : Peloset Col des Aravis :

Le dernier jour de marche n'est qu'une formalité. Il faut suivre la piste pastorale qui passe à proximité des fermes. Le paysage est toujours aussi grandiose. On est ici dans les Aravis et ça se voit ! Dommage que les champs, clôturés pour les vaches, ne soient pas accessibles. Cela n'empêche pas les marmottes de nous siffler quand on passe. L'herbe y est grasse et les fleurs colorées. 

Au loin, le col du Niard, étape du premier jour.

Au loin, le col du Niard, étape du premier jour.

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