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Traverser la Malédie par les arêtes... et en revenir

par Aventuralpines 22 Août 2016, 12:27

Traverser la Malédie par les arêtes... et en revenir

Chevaucher les arêtes de la Malédie, une des jolies courses d'alpinisme du massif du Mercantour, se mérite... L'approche est longue. Très longue !

Depuis la Gordolasque, on peut y monter par le lac Long. Le lieu est propice au bivouac, ce que nous avons fait pour donner à cette virée alpine un caractère plus "aventure". Mais le plus simple est de rejoindre le refuge de Nice, où on y dort, suivant les ronfleurs, avec plus confort, avant de filer vers les lac du Clapier, puis la baisse et le Serre de Pagari. Monter à la journée, à condition de partir tôt, est également faisable.

Quel que soit le chemin emprunté pour la rejoindre, la Malédie fait partie des beaux 3 000 du Mercantour. Située à la frontière Italienne, elle se trouve dans un univers minéral particulièrement isolé.

Dans ces conditions, la course est d'habitude peu fréquentée... Sauf le jour où nous avons décidé de la faire : trois cordées engagées, plus nos trois cordées !

Aprés le pas de 4 du départ

Aprés le pas de 4 du départ

Une des principales difficultés (modérée tout de même) se situe dans la première longueur, avec un pas de 4 c "montagne" à franchir. Il se montre un poil déversant. Au dessus, on se rétablit sur une large vire herbeuse. Mais le passage est équipé et une cordelette permet même de se tirer, au cas où... Un second piton, plus récent, et plus à droite, offre une variante intéressante.

Joli pas d'escalade sur du trés bon rocher

Joli pas d'escalade sur du trés bon rocher

Dans les premières longueurs, à part les passages sur des vires herbeuses,le rocher est de très bonne qualité et les équipements (de vieux pitons) situés aux endroits judicieux. C'est à dire là où on ne peut pas se protéger...

Si l’escalade se situe dans un niveau modéré (4C mac), le rocher est très intéressant à grimper. Des dièdres, de jolies dalles avec des bonnes (mais petites) prises, des écailles... Les pas sont variés. On doit compléter l'équipement (restreint) par des sangles et quelques friends de taille petite à moyenne. Les relais sont à faire sur des béquets avec des sangles.

Le gros gendarme sur la crête sommitale

Le gros gendarme sur la crête sommitale

On arrive très vite sur le fil de l'arête avec ses gros gendarmes à franchir par le haut, ou contourner. On monte, on descend. On remonte, on redescend... C'est ludique !

L'ambiance alpine et minérale, ainsi que l'éloignement, donnent tout son caractère à cette course. L'arête est suspendue dans le ciel, que ce soit côté Italien, d'où l'on domine le refuge de Pagari, ou côté Français, avec le vallon du lac Long et son bleu profond souligné par le gris des rochers. Gaz de 200 à 300 mètres de chaque côté !

A certains endroits, il est amusant de traverser l'arête debout, en équilibre dans le vide.

Au Sud, c'est la mer et la Côte d'Azur. Côté Nord, la plaine du Pô et l'ensemble de la chaîne alpine, du Viso, au Mont-Blanc (on voit que sa calotte), jusqu'au Cervin et Mont-Rose.

Ambiance avec la vue sur le lac de Fontanalbe au loin

Ambiance avec la vue sur le lac de Fontanalbe au loin

Les cordées se suivent...

Les cordées se suivent...

Le vallon du Lac Long

Le vallon du Lac Long

Le sommet apparaît. La course n'est pas très longue. En tout cas, elle ne m'a pas parue longue. Je l'ai faite sans montre, sans stress, ni pression, la météo étant annoncée bonne et ma compagne de cordée filant à bon train. Quant à la fin, elle se parcourt rapidement, à corde tendue.

Les deux croix sommitales se rapprochent en même temps que les nuages remontent et commencent à cerner le sommet. La météo s'est-elle trompée ?

De toute façon, on en a terminé.

C'est le moment de la pause. Grignoter un peu, ranger le matériel, profiter de la vue et de repenser à la belle traversée du Gélas faite à l'automne, que l'on peut voir depuis la Malédie

Reprendre aussi des forces avant la suite...

Les cordées arriventau sommet

Les cordées arriventau sommet

Traverser la Malédie par les arêtes... et en revenir

Si l'approche a été longue, la descente sera interminable...

La desecalade, par la voie normale, est un moment délicat à négocier, surtout s'il y a plusieurs personnes. C'est raide et en terrain à chamois. Du foireux ! Attention aux chutes de pierres dans le couloir du bas, et à l'arrivée sur le névé, ou pente en glace qui oblige à sortir par la droite sur l'arête si on n'a pas de crampon, ni de piolet (même une fin aout).

Grosse ambiance, surtout avec ce brouillard qui nous isole du reste du monde. Entre la cime de la Maledie et la cime Borello, on arrive dans un no man's land de pierres et de neige où a résisté un des derniers glaciers du Mercantour.

Un des derniers "glaciers" du Mercantour

Un des derniers "glaciers" du Mercantour

La descente se poursuit par le pas de Pagari à désescalader par un couloir lui aussi foireux. C'est ensuite la longue traversée du vallon du Lac Long sur des caillasses instables, puis la descente vers le lac de la Fous, puis le sentier vers le Pont du Countet, enfin... Parce que des caillasses et des éboulis, on en a fait une overdose !

Descente du Pas de la Malédie en terrain alpin

Descente du Pas de la Malédie en terrain alpin

Les dents de la Malédie au dessus du Lac Long

Les dents de la Malédie au dessus du Lac Long

Le matériel à emporter :

  • Corde à simple de 50 m
  • Quelques dégaines
  • Des sangles
  • Quelques friends de taille petite à moyenne
  • Des coinceurs
  • Des "grosses" suffisent
  • Bâtons pour l'approche et la descente
  • Le casque bien entendu...

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