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MB Race, ou MB Boue ?

par Aventuralpines 7 Juillet 2016, 19:45

MB Race ou thalasso... Au col du Jaillet on ne sait plus trés bien...

MB Race ou thalasso... Au col du Jaillet on ne sait plus trés bien...

En quelques minutes, l'orage qui s'abat sur le col du Jaillet, entre Mégéve et Combloux, transforme la MB Race en épreuve de "survie".

J'exagère un peu ! Quoi que...

D'un coup la température chute. Les vestes de pluie sont de sortie et le sentier se transforme en torrent. Des concurrents imprévoyants, qui n'ont pas apporté de protection, s'abritent avec une couverture de secours. Quand ils en ont une... Ceux qui n'ont rien pris se trempent et grelottent. Dans le peloton, certains s'en amusent, d'autres s'impatientent et une poignée fait demi-tour. Ambiance...

Avant le col du Jaillet, avec vue sur le massif du Mont-Blanc

Avant le col du Jaillet, avec vue sur le massif du Mont-Blanc

Sous l'orage...

Sous l'orage...

D'autant plus que nous sommes bloqués sous un petit ressaut, à franchir en portant ou poussant le vélo. Seulement, le sentier glisse et dégorge d'eau et de boue...

Je ne sais pas si la MB Race est "la course la plus dure au monde" comme s'époumonait le speaker, sur la grille de départ à 6 heures du mat' à Megeve, mais on est parti pour en chier sur les nombreux kilomètres qu'il reste à parcourir...

Parce que la suite ne va pas être simple.

La descente vers le Plan en donne déjà une idée : c'est glissant. La boue, une boue visqueuse et bien épaisse, recouvre le sentier. On glisse, on dérape et souvent on ne contrôle plus rien ou presque. Avec la vitesse, on en prend plein les vêtements, le visage et les yeux. Le sentier nous gicle au visage !

Après le col du Jaillet

Après le col du Jaillet

Quand on est obligé de descendre du vélo, les chaussures s'enfoncent et il est alors difficile de reclipser ses pédales automatiques. C'est de la boue mélangée à de l'urine de vache et aux bouses... Petite séance de thalasso gratuite pour tous !

On ne contrôle tellement plus rien qu'un concurrent, devant moi, passe par dessus son VTT et est éjecté du sentier pour aller faire plusieurs roulades sur une pente très... en pente. Arrêt avec un autre vététiste pour lui porter assistance. Il a l'épaule démise. Après l'avoir sécurisé pour qu'il ne glisse plus, on le recouvre d'une couverture de survie. Les secours sont appelés et arrivent à pieds, quelques minutes plus tard.

Après la Giettaz, je n'ai jamais vu de telle conditions : le sentier n'est plus qu'un torrent de boue ! Là aussi, difficile de se lâcher... Il faut tout le temps rester hyper concentré et piloter léger. La machine commence à souffrir et à se gripper avec les accumulations de boue dans la transmission, les suspensions...

Au ravitaillement de Praz sur Arly

Au ravitaillement de Praz sur Arly

Mais c'est avant Praz sur Arly que le sentier devient impossible à rouler : la boue se colle aux feuilles pour immobiliser le vélo. Impossible de pédaler : les roues ne tournent plus ! Et quand j'enlève cette boue, elle colle aux gants. Et cinq mètres plus loin, il faut tout recommencer... Alors je porte le vélo en courant à la descente.

Au ravitaillement de Praz sur Arly, juste avant la dernière montée vers le Mont de Vores, je suis recouvert de terre et mon VTT également. La fatigue est là aussi. A se battre avec ces conditions météo, les forces partent vite. Et depuis plusieurs heures, je n'arrive plus à réchauffer mes pieds, tout le temps trempés.

Pourtant, il va falloir avaler les 1200 mètres de montée et les 10 km qu'il reste, avant le sommet. Le mot "persévérer" prend ici tout son sens. Et c'est ce que je fais...

Sur les crêtes du Mont de Vores

Sur les crêtes du Mont de Vores

Après le refuge du Petit Tetraz, et la longue piste, l'orage revient et la brume enveloppe les concurrents. On se retrouve isolé. L'atmosphère change. Les repères disparaissent. Le sentier suit les crêtes et très vite il est avalé par la brume froide et humide.

Pas de Mont-Blanc, pas de panorama, mais une ambiance unique et oppressante dans laquelle il est délicat de suivre le balisage. Je passe en mode "combat" pour avaler la douzaine de kilomètres qu'il reste. Les jambes moulinent difficilement et le froid me gagne.

Au télésiège j'embrasserais presque les deux pompiers qui assurent la sécurité. On se regroupe avec une dizaine de concurrents pour attaquer la descente. Elle ne dure pas très longtemps...

Il reste encore les bosses de la crête de l'Alpette avant d'envisager la véritable dernière descente. J'ai les mains gelées, les pieds également, mais j'essaie de garder un bon rythme sans m'en coller une... Encore 5 km, tout en descente, c'est presque gagné !

Voici les chalets du Mont-Arbois, puis Megeve... Enfin. Cela fait 70 km que j'espérais y arriver. Pas de 100 km pour moi. Un chrono de 11 heures pas fantastique, en raison de différents arrêts et des conditions météo, mais je suis satisfait d'avoir bouclé les 70 km de cette MB Race 2016, sans chute et en portant assistance à un concurrent malheureux.

Une édition hors norme avec cette pluie et cette boue !

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