Au Mont Olympe tous les coureurs ne sont pas des Dieux

Publié le 21 Janvier 2016

Fin de la première montée et vue sur la Sainte-Baume

Fin de la première montée et vue sur la Sainte-Baume

Au Mont Olympe, au dessus de Trets (et pas en Grêce), tous les coureurs ne sont pas des Dieux... du stade. Il y a ceux qui courent les 29 km de ce trail en un peu plus de 2 h 20 et le autres, dont je fais partie, qui se " traînent " tant bien que mal pour rester sous la barre des 4 heures...

Dans cette famille de champions qui filent plus vite que les secondes , je voudrais Sylvaine Cussot, les filles "rapides" de mon club, ou Vincent Delebarre, sans oublier Bertrand Brochot, le vainqueur, qui donne, une belle leçon de dépassement de soi (et des autres...par la même occasion).

L'arrivée...

L'arrivée...

Leçon numéro 1 : le temps file vite

Lors d'un trail, le temps te file entre les jambes. Tu crois aller plus vite que le chrono, déclenché dés la ligne de départ franchie, c'est lui qui te rattrape sans crier gare. Il va plus vite que toi dans la dernière ligne droite, les derniers kilomètres... Impossible de le rattraper. Pourtant, j'ai essayé d'aller aussi vite que mes deux jambes, attaquées par les crampes vers la fin, le pouvaient. Cela n'a pas été suffisant pour passer sous la barre des 4 heures. Les kilomètres défilent, les derniers mètres sont avalés, mais pas suffisamment vite pour devancer la fuite du temps. Je franchis la ligne d'arrivée en 4 h et... 34 petites secondes. Rageant !

Fin de la première montée

Fin de la première montée

Leçon numéro 2 : de café tu ne boiras pas

Je n'aurais jamais dû avaler ce second café quelques minutes avant le départ... Me voilà dans la première montée avec une envie pressante de m'arrêter au bord du chemin. Mais dans cette première montée, les quelques 500 ou 600 coureurs restent encore en peloton. Et moi, je me trouve dans le premier tiers, entouré des copains du club. J'hésite que quelques instants à essayer de me soulager sans m'arrêter, comme un dégueulasse, comme le font les coureurs sur le tour de France... Très mauvaise idée. Et puis j'ai un collant neuf.

J'opte contraint et pressé pour un arrêt au stand, derrière un buisson... Je "vidange" en regardant les autres participants me dépasser et partir avec les secondes qui me coulent entre les mains.

Voilà, ce café me coûte au moins 60 bonnes places. Parce qu'ensuite difficile de doubler dans le sentier étroit qui monte sur les crêtes.

Le parcours du 29 km

Le parcours du 29 km

Leçon numéro 3 : de manger tu n'oublieras pas

Si j'ai bu un café avant de partir, je pense n'avoir pas assez mangé, ni bu, pendant les 10 premiers kilomètres de la course. La raison ? Le froid, qui ne te force pas à t'hydrater et la nécessité, idiote, de courir derrière les secondes que tu perds un peu plus à chaque enjambées. Et puis j'attends un ravitaillement qui sera décevant : quelques petits morceaux de bananes, des cacahuètes, de l'eau et un peu de Coca...

Résultat : au moment d'attaquer la montée au Mont Olympe, la difficulté du trail, je suis dans une mauvaise passe. Et j'éprouve du mal à faire descendre cette montée. Je dégringole dans le classement en même temps que je m'élève vers le domaine des Dieux. Toujours ce temps derrière lequel je cours (enfin marche, à ce moment là) à en perdre haleine.

J'implore Chronos.

En vain...

La vidéo officielle

Leçon numéro 4 : dans la difficulté de serrer les dents tu feras

A trop vouloir courir et pédaler les semaines avant cette course, je me suis épuisé... Et là, dans ces kilomètres qui ne défilent pas assez vite à mon goût j'en bave. A la fin de la descente, après le Mont Olympe, je comprends que la fin de la course se fera le couteau entre les dents. Ce sera difficile. Il faudra gérer.

Je me prépare à la bataille en avalant une compote, puis ma dernière fiole "magique", c'est à dire toutes les denrées qui me restent, pour me booster. Et je serre les dents pour continuer à courir dans la montée avant le deuxième ravitaillement.

Quand c'est dur, il faut continuer à avancer, à marcher, coûte que coûte, pour laisser au plus vite les difficultés derrière soi. Et si je ne rattrape pas le temps perdu, j'arrive à ralentir sa course, en accélérant (un peu) la mienne, même si une crampe à la cuisse gauche me stoppe dans la descente, avant la dernière montée.

Dommage, elle était amusante celle-là. Alors que dans ce type de sentier, je peux descendre à 19 km/h, je stagne à 13-15 km/h. Je me bats pour étirer les muscles à chaque enjambée et ne pas trop les brusquer. J'en ai encore besoin.

Le profil des 29 km

Le profil des 29 km

Leçon numéro 5 : de la perfidie des organisateurs tu te méfieras

Je cours depuis bientôt 25 km en ayant oublier la perfidie des organisateurs du Trail du Mont Olympe... Alors que je file aussi vite que mes jambes le peuvent dans la dernière descente, je pense en avoir fini avec les montées. C'est sans oublier les deux faux-plats de la mort qui m'attendent au dessus des vignes, avant de vraiment attaquer la vraie dernière descente.

Et de maudire le gars qui a tracé cette course qui n'en finit pas...

Les derniers mètres...

Les derniers mètres...

Leçon numéro : arrêter le temps tu auras le pouvoir

Un dernier virage et voilà la ligne d'arrivée. Elle se présente trop vite finalement celle-là. Je l'espérais depuis un moment et là, je regrette presque sa venue, même si mes jambes (fatiguées) me pressent de la passer.

En course le temps est paradoxal : quelquefois il file trop vite, d'autre fois non (et on le maudit), souvent on pense en perdre, alors qu'on en gagne, et voilà que je voudrais maintenant l'arrêter et pouvoir continuer quelques kilomètres encore dans ma bulle "spatio-temporelle" et garder un peu de ce temps pour moi.

Mais voilà, il est l'heure de figer la course des secondes. Alors j'appuie sur le bouton "stop" de ma montre et bloque le chrono.

Le temps s'arrête. Game-over. Fin de la partie.

Jusqu'à la prochaine...

Le vainqueur des 29 km

Le vainqueur des 29 km

Pour continuer à courir... sur le web :

Rédigé par Aventuralpines

Publié dans #Trail

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