On peut aussi se rendre sur le site : http://www.monacoeverest2007.com
Aventuralpines
Ski de rando, alpinisme, V.T.T, rando dans le Mercantour et plus loin
Le Mistral,ce vent qui rend fou, aura eu raison de ma "GTM, ou Grande Traversée des Maures", entre Fréjus et Pignans. Pour ceux qui ne sont pas des habitués de ce blog, je rappelle le principe d'une "GT", ou Grande Traversée : réaliser la traversée d’un massif montagneux à VTT, en partant de chez soi à VTT et en y revenant par le même moyen. Il est impératif de ne pas utiliser la voiture. En revanche, il est possible de prendre un bus, un train, ou un bateau…
Pour cette "GTM", départ de la gare de Cannes. TER. Puis arrivée à la
gare de Fréjus.
Ensuite VTT sur les pites des Maures. Etang de Vilepey, passage sous la Flûte (connue des amateurs de Roc d'Azur), au musée du phonographe, puis au col du Vignon et à
Notre Dame des Maures, point culminant du massif avant de redescendre à la gare de Pignans. Soit 75 km pour prés de 1 500 mètres de montées et descentes, essentiellement sur pistes roulantes.
Dans la réalité… En ce mardi sur le quai de la gare de Fréjus, un vent violent m’accueille. Le Mistral ! Je pense que je vais en baver, mais bon… On y est, alors en avant ! De là, l’idée est de gagner le massif des Maures par l’Etang de Villepey. Facile à dire. Plus délicat à faire quand un Mistral à décorner les bœuf se renforce, et surtout souffle dans le mauvais sens : c'est-à-dire en pleine face ! Et très vite la moyenne horaire en prend un sacré coup. Si la montagne de la Flute retient un peu le vent, en revanche, au col de Valdingarde, il est très difficile de pédaler, rester sur le vélo, respirer et garder la cadence. Même dans les descentes, il faut pédaler ferme pour avancer. Et ce vent ! Il empêche même de s’entendre réfléchir. A chaque col, il revient plus fort. Un mur ! Il m’oblige à monter d’une ou deux vitesse et à faire beaucoup plus d’efforts. Dans la descente vers la chapelle St-Domat, il me soulève et m’envoit finir la course dans les ronces… Bon. Continuons !
Sur le plateau qui mène au dessus du Plan de la Tour, c’est une furie. Je n’ai jamais vu çà : une
masse invisible mais puissante bloque mes épaules, me pousse d’un bord à l’autre de la piste. Pour continuer à avancer il faut faire preuve d’une impressionnante concentration et de beaucoup
d’équilibre. Le bruit est à la limite insupportable. Le vent rentre dans une oreille pour en ressortir par l’autre. Amusant, tout autour de moi se trouvent d’anciens moulins… à vent. Ils me
narguent presque.
Au Moulin des Gastons, je comprends que la partie est perdue. Je devrais déjà être au col de
Vignon. Je suis toujours là. J’avance à peine. Quelquefois je suis même obligé de mettre pied à terre et pousser sur quelques mètres mon vélo. Impossible de pédaler. Difficile de marcher. Un peu
avant le col de Vignon, soit à 45 km de ma gare de départ et à 30 de celle d’arrivée, je me dis que le reste du parcours, sur les crêtes des Maures sera trop dur à faire avec ce vent de face. Il
devient même dangereux de rester là. Les branches craques, les feuilles volent de tous côtés et tout à l’heure il m’a semblé voir passer dans les airs un rocher, immense le rocher… Alors ?
Fuir !!! Quitter très vite cet enfer. Enfin vite ? Dans une "GT", le principe est de partir en autonomie, en prenant le train et de traverser un massif. Mais je n’arriverai pas à la gare de
Pignans avant un bon moment pour prendre le train à l'heure. Donc plan B : direction la gare des Arcs, distante tout de même d’une bonne vingtaine de kilomètres. L’idée est de rejoindre la
piste de l’Aube et de traverser en direction de l’Argens. Au plus vite. Mais le vent redouble, toujours en face de moi, toujours aussi fort. Sur la petite D 72 entre Plan de la Tour et Vidauban
je me surprends à pédaler dans une bonne descente pour avancer.
La moyenne est basse. Le vent fort. J’avance. Un peu après 15 heures, soit un peu moins de 5 heures après mon
départ de Fréjus j’entre dans la gare des Arcs. Au compteurs : 63 km. La "GTM" ce sera pour une autre fois.
Aller plus loin :
Le topo de la GTM sera mis en ligne une autre fois. A lire aussi la GTE, ou Grande Traversée de l'Estérel de Fréjus à
Cannes.
Faut-il traverser les étendues d’eau gelées et en particulier les barrages ? La question est aussi vieille que le ski de randonnée. En principe, non. La logique et l’instinct de survis le déconseillent. La glace c’est fragile ! Et pourtant, combien de fois n’a-t-on pas suivi les traces d’un précédent randonneur ? Plus rapide que de faire le tour. Moins fatiguant que de monter un vallon. Je vous fait part de mes réflexions après la discussion que mon groupe à eu avec un agent de l’EDF venu effectuer une purge du lac de la Fous, le barrage situé sous le refuge de Nice, dans la Gordolasque. Ce dernier nous a apostrophé alors que nous… Bon passons ! « Est ce que vous savez que vous êtes passés sur moins de 30 centimètres de glace qui repose sur du vide ? » nous a demandé ce dernier. Du vide ??? Et cet agent de l’EDF de nous expliquer l’histoire suivante : le barrage de la Fous, qui constitue une réserve de 600 000 m3 (si je me rappelle bien…), est en ce moment purgé à chaque fin de matinée. Le matin, il est plein. Dans la journée, il se vide en partie. Le matin les 15 à 50 cm d’épaisseur de la « banquise » repose sur l’eau. Mais au fur et à mesure de la journée le niveau baisse et la glace se retrouve en suspension, « retenue par les bords du lac ». « C’est pour cette raison qu’en fin de journée les rebords du lac se fendillent et que la surface du lac prend une forme concave ». Entre la glace et le niveau d’eau, qui peut être profond d’une vingtaine de mètres se forme un trou d’air de 2 mètres de hauteur… Donc résumons : on trouve de 15 à 50 cm de glace, puis 2 mètres de vide et 20 mètres d’eau, comme sur ce schéma. Et comme le rappelle un panneau, posé en bord du barrage, il est dangereux de traverser l’étendue d’eau gelée. Après tant que la glace tient… Sinon : plouf !!! Et pendant qu'on parlait avec l'agent EDF, un autre groupe est arrivé. Et un skieur s'est même arrêté un instant pour enlever son sac à dos et y chercher quelquechose. On l'a appelé pour lui dire de se dépêcher.
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