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Sortie alpinisme, traversée du Cayre Colomb (2 702)

Dimanche 15 mai 2005 


Départ à 7 h 50 du parking, avant la vacherie de la Madone. Le ciel est clair, il fait froid et la neige n’est pas très loin. La journée s’annonce bien. Nous filons rapidement par le GR 52 vers le Gias Cabret, puis vers le Pas du Mont Colomb. Après deux traversées de névés gelés, nous décidons de chausser les crampons à 2 250 m sous le Caire Barel. Au lac Colomb, la neige porte bien. Nous avons même l’étrange impression de progresser sur un glacier. Le vallon est désert et un lièvre variable nous coupe la route.

 

9 h 40. Nous voilà au Pas du Mont Colomb. Un coup d’œil sur la Gordolasque, une petite pose et nous décidons de nous équiper. Une première cordée est composée de moi, Bernard et Patrick, une seconde de Hugues et Laurent. Nous traversons sous la première crête une bande de neige avant d’attaquer en corde tendue la première longueur. Il s’agit de remonter une petite cheminée, pas trop inclinée, d’une quarantaine de mètres. Elle est plâtrée d’une croûte de neige durcie et de glace, qui permet de cramponnée et de planter le piolet d’une façon très sure et agréable. Nous enchaînons, toujours en corde tendue, par une longueur en mixte, neige, rocher et rocher glacé qui, après un passage aérien ou nous mettons un premier point, nous conduit sous la falaise.

 

Relais. Je m’élance dans la première vraie longueur qui remonte un dièdre, puis traverse entre la falaise et un gendarme, pour passer versant Gordolasque. Il faut remonter une cheminée d’une quinzaine de mètre, avant de trouver le fil de l’arrête et d’installer un second relais. La vue est impressionnante, et avec le vide, qui entoure cette étroite et aérienne arrête, le spectacle offert est de grande qualité : ambiance haute montagne et sentiment d’isolement sont au rendez-vous. Bernard, puis Patrick me rejoignent. Nous enlevons nos crampons. Et au moment ou Hugues atteint notre relais, je repars en direction de la crête supérieure pour tirer une longueur d’une quinzaine de mètres et atteindre le sommet Ouest.

 De ce relais, nous changeons l’encordement pour progresser corde tendue, en posant des points de temps à autre. Le vide est toujours aussi présent et l’arrête est très agréable à remonter, sur un rocher plutôt bon. Après quelques dizaines de mètres faciles, en II et III, nous devons redescendre de deux mètres, versant Ouest, pour éviter un gendarme. La traversée, sur une dalle lise, garnie de neige, est un peu gazeuse et pas très protégée. Mais l’escalade sur ces ressauts est toujours autant agréable. Il y a une très belle longueur d’une quinzaine de mètres sur une belle dalle, en IV, qui ouvre la voie vers la crête sommitale. De là, la vue porte sur le refuge de Nice, le vallon du Basto, le Clapier, le vallon du Gélas, le Saint-Robert, les deux cimes de Fenestre.

 Il est 13 h 30. Après une ultime traversée d’arrête, nous voilà au sommet. Les nuages commencent à arriver et à accrocher l’arrête. Nous attendons la cordée composée de Hugues et Laurent, puis entamons notre casse-croûte, satisfaits de notre progression. Nous n’avons pas eu le sentiment d’avoir trop traîné, mais nous avons tout de même mis prés de 3 heures pour monter sur l’arrête et la traverser. Le topo indique 1 heure… Un temps à notre avis sous évalué, à moins de tout faire en corde tendue, sans mettre de point d’assurance et de courir.Après une descente d’une quinzaine de mètre, versant Est, nous attrapons le relais (le seul équipement de toute la traversée, à part une sangle oubliée), qui nous permet de faire un rappel d’une vingtaine de mètres. Il nous dépose au dessus de la brèche Colomb. Le vent s’est levé et les nuages nous entourent. L’ambiance change.
Après une petite traversée, nous nous engageons dans le couloir qui descend de la brèche. Il est garni d’une neige. Trois cents mètres plus bas, nous décidons d’abandonner notre objectif : gagner le Mont Colomb par son couloir Sud-Ouest (qui est encore enneigé). Le temps n’est pas au plus beau et surtout la neige est trop molle pour nous permettre de cramponner en toute sécurité.
Nous entamons la descente vers le lac Colomb, puis le vallon du Cabret. Au torrent, nous enlevons nos crampons. Nous croisons des traces de « skis frais  (deux skieurs sont montés au Gélas en ski de rando dans la matinée).

Il est 15 h 30, quand nous retrouvons Christian, Pierre et un ami, un peu en dessous du refuge de la Madone de Fenestre. Nous allons au refuge pour boire un coup et nous raconter nos aventures respectives.
La traversée du Cayre Colomb est une belle course de début de saison. La difficulté est  modérée, du III et quelques passages en IV. Elle permet de mélanger un peu toutes les techniques utilisées pour progresser en montagne : crampons et piolet pour remonter la cheminée glacée, puis mixte, petites longueurs ou il faut poser des points d’assurance, parcours d’arrête en corde tendue, évolution avec la présence d’un grand vide de chaque côté de l’arrête, rappel d’une vingtaine de mètres,  descente d’un couloir de neige à 30°.


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Escalade à St Jeannet, Le Péril Jaune (200 m, TD)

Samedi 17 décembre

A Saint Jeannet, le Péril Jaune, ce n’est pas une histoire d’alcooliques, de grimpeurs qui auraient parcouru la voie, un peu trop chargés en « petits jaunes marseillais ». Non. Le nom vient probablement du rocher jaune, parfois même orange, que l’on retrouve dans les trois premières longueurs. Voilà pour l’explication philosophique. Pour l’escalade, c’est une autre histoire.

10 h 20 au pied de la voie. Christian et moi, nous nous équipons. J’attaque la première longueur (6a), avec un départ rebaptisé, « pas de la savonnette », en rapport avec l’adhérence du rocher. Pour un début à froid, c’est pas génial. Heureusement, après le second spit, le rocher devient  adhérent et la suite est plutôt facile.

Relais ! Christian monte et enchaîne avec la seconde longueur en 5+, dans un très beau rocher, dont la texture se rapproche de la rose des sables. C’est beau mais très abrasif pour les mains.

Me voilà au pied de la troisième longueur, en 6a. Et les choses sérieuses commencent : un rocher, dit de « la tête de ras » forme un passage déversant et cache l’accès au grand dièdre jaune. Comment passer ? Première tentative, une main bloquée en inversé dans une faille, le pied droit en opposition contre la parois. Le gauche posé où il peut. Les épaules m’entraînent un peu trop en arrière. On recommence : cette fois, tentative de bloquer la main droite un peu au dessus du passage. Marche pas non plus ! La troisième est tout autant foireuse. « Bon, on ne va pas y passer la journée ». Je tire sur le spit et passe. La suite, dans la fissure est plus facile et l’escalade agréable.

Relais dans une grotte. Christian me rejoint rapidement et enchaîne la petite traversée sur la droite. Il rejoint la directissime et poursuit dans la grande longueur, bien verticale, puis un peu déversante, en 6a. A partir de là, l‘équipement porte la marque « made in St Jeannet ». C’est beaucoup plus espacé. Christian me confirme que « ça grimpouille ». Je m’élance et après la traversée, confirme son analyse : «  ça grimpouille pas mal par ici ». Y’à des prises, mais un peu bizarres. Enfin, je passe pas trop proprement et en me reposant sur un clou.

La cinquième longueur en 5+, est un beau dièdre/cheminée en calcaire gris et noir. L’équipement est toujours aussi espacé. Je m’élance, ramone un peu, (écrase ma banane dans le sac…), puis essaie de me dégager pour grimper plus élégamment. Quelques sangles, un coinceur, puis voilà le relais dans une toute petite grotte, où j’arrive à peine à me glisser.

Christian arrive, me dépasse et va faire le relais dans une chaîne toute neuve, installée en milieu de la sixième longueur en 6a. Je le rejoints. La dernière « difficulté » nous barre la route. Christian qui a déjà fait plusieurs fois la voie me conseille. Facile ! J’attaque la traversée déversante en 6a. Le premier spit est placé au milieu de la traversée. Avant d’attaquer le passage, il y a 5 mètres à sécuriser entre le relais et le premier spit. Je pose un friend, puis un coinceur et enfin engage ma dégaine sur le bon point et m’élance. J’attrape la bonne faille : main gauche, puis main droite, je progresse sur la gauche, bouge les épaules, lâche la  main droite pour rattraper l’écaille qui permet de sortir… et chute. J’avais oublié de bien poser mon pied gauche sur la bonne réglette. Rebelote, mais en tenant compte de ma remarque et des conseils de Christian. Je passe et vais au relais. Christian me rejoint et file, par une longueur « randonnée », vers le parc à mouton. Il commence à y avoir un petit vent frais et pas mal de nuages. On traverse la grande vire pour arriver au pied de la dernière longueur en 5+.

Je pars, pose mes dégaines sur quelques vieux spits, puis bloque sur le passage de la grande écaille. La fatigue, un piton rouillé mal placé…Pas de place pour un friend. Je redescend et laisse Christian passer. Il traverse sans problème, poursuit sur un bon rocher et va disparaître dans la cheminée de sortie. Le voilà au sommet du Baou de St Jeannet. Je recommence, cette fois passe en second sans problème et rejoint la sortie. Il est 15 h 20 et le ciel est gris. Une très belle lumière de fin de journée vient jouer sur les falaises calcaires et les forêts du vallon de la Cagnes.

Descente par le chemin de randonnée, arrêt au bar du village et retour en pays grassois.


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Sortie alpinisme, Eperon N-O au Triangle du Pélago

Dimanche 4 septembre  

Le Mont Ponset par le Cayre Barel, ce sera pour une autre fois. La météo étant pessimiste pour l’après-midi, Hugues et moi mettons le cap sur le vallon des Erps, au dessus du Boréon, et son triangle du Pelago. Notre objectif : l’éperon N-O, par la variante en deux belles longueurs de V et V sup.

Après un peu plus d’une heure de marche dans un vallon désert, nous arrivons au pied de la voie. Les spits sont bien visibles, le rocher de bonne qualité… et les nuages commencent à arriver.

9 h 30, départ. Nous progresserons en cordée réversible, sans trop se presser et en faisant quelques poses photos.

L1 et L2 : les deux premières longueurs sont les plus belles. Le rocher est de très bonne qualité, plutôt vertical dans la L2. Les prises sont agréables à saisir. L’équipement est béton et à quelques endroits, on peut s‘amuser à poser des friends dans d’accueillantes fissures. En presque cent mètres, ces deux longueurs permettent de retrouver l’éperon N-O et la voie Demenge.

L3 et L4 : pas de problème, ça passe très bien. Il y a toujours de bons points. Nous avons même le plaisir poser des mousquetons sur quelques vieux pitons rouillés, pour marquer le côté historique de la voie. L’ambiance change : les nuages descendent. Ils bouchent la vue sur les arrêtes et donnent au couloir W un air lugubre.

L5 : c’est le marqué comme étant le passage le plus difficile de la voie, dans du V sup/6a, mais ça passe toujours très bien, si on joue un peu du grand écart.

L6 : une belle longueur facile en 5 a, avec vue plongeant sur le vallon des Erps, le Cayre des Erps et le couloir W du Pelago. Très esthétique et aérien.

L7 : une petite traversée, un passage dans un arbre et c’est déjà la fin. Il est 12 h 30. Pour le plaisir Hugues monte au sommet des rochers du triangle. Nous savourons cette voie et l’ambiance, avant de nous décider à redescendre.

Nous posons le premier rappel dans la voie « L’envol du destin » et c’est parti pour 5 beaux rappels dans une face assez raide de 300 mètres, avec deux rappels à 45 mètres au moins, quelques passages sous des petits toits et un relais dans le vide.14h. Retour aux sacs. Nous déjeunons en prenant le temps de savourer cette belle voie, jamais trop difficile ou engagée, et très agréable par la qualité du rocher et le calme du vallon.

Descente tranquille dans le vallon des Erps. Nous profitons du lieu pour faire un peu de cartographie et d’orientation, mais aussi pour découvrir quelques espèces de champignons plutôt rares et profiter de la beauté sauvage du vallon.17 h, retour à la voiture sous la pluie. Un verre au Boréon et nous redescendons vers la civilisation.

Plus d'infos : http://alpinisme.camptocamp.com/sortie7385.html?uid=10265


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Sortie alpinisme, Malinvern (2938 m), arête Est, dite De Cessole Samedi 13 mai 2006

8 heures au parking du GR du vallon de Terre Rouge d’Isola 2000. A ce moment là, nous partons encore pour une « petite » sortie reprise alpinisme. Nous ne savons pas que l’ascension de l’arête Est du Malinvern (ouverte par De Cessol et Jean Plent en 1899) va se transformer en expédition lointaine et longue. Ah, le charme des voie anciennes….

10 minutes de marche et voilà la neige. Tout le haut du vallon de Terre Rouge est blanc. On aurait pu porter les skis. Il fait beau, un peu chaud, mais déjà de longs voiles de coton traversent l’azur. Les sommets sont recouverts d’une poudreuse récente. 30 minutes de marche. La croûte de surface commence à céder sur nos pas. On ralentit la progression. Il fait toujours aussi chaud. 1 h 30 de marche… La pente se raidit. La neige est encore glacée. A chaque pas nous faisons bien attention de planter les semelles pour ne pas glisser. On sort les piolets. L’arrête approche. Hésitation pour le couloir Ouest. Mais non, il fait trop chaud pour avoir une neige sure. Ce sera l’arête rocheuse.

 2 heures de marche. Après quelques pas dans un couloir en terre, nous stoppons contre les premiers rochers. On s’encorde : Bernard, Laurent et moi sur corde, Lorenzo et Lionel sur une autre. C’est parti. Le rocher est sec, facile, agréable, mais pas toujours franchement solide. Lionel et Lorenzo arrachent un peu trop de prises : «  hep les gars, faut en laisser pour les autres ! ». Le retour sur la roche du Mercantour est tout de même un régal. Pour l’instant, il fait toujours beau et chaud. En contrebas, la glace des lacs de Terre Rouge commence à fondre. Nos deux cordées progressent rapidement, corde tendue, avec un minimum d’assurance : un coinceur, une sangle, un becquet contourné de temps à autre.

 11 heures. Surprise. Nous voilà sur un clocheton qui coupe l’arête Est en deux. Il y a 10 mètres de vide pour descendre rattraper le rocher, de l’autre côté d’un collet enneigé. Le topo ne mentionne pas cet obstacle. Que faire ? Le contourner, tirer un rappel. Non (erreur), ce sera une désescalade un peu hasardeuse sur du mauvais rocher. Et des prises qui restent dans les mains, avant de tomber se fracasser dans le couloir, avec des bruits lugubres Après un grand écart, je coince mon pied droit sur une grosse écaille. Pas d’autre prise. Je me baisse et attrape l’écaille avec la main droite et la descend sur 2 mètres pour rattraper une vire. Je contourne le clocheton et arrive au col. Un peu hasardeux pour une course en « PD ». J’installe une main courante. Avec la seconde corde, les autres posent un rappel et suivent ma corde. Tout le petit groupe se retrouve au col. La manœuvre est un peu longue et au moment de repartir, nous sommes dans les nuages.

Il y a du vent, moins de lumière et il fait froid. L’ambiance de la course change. Le rocher également. Il se fait plus vertical et de grandes flammes de roche, recouvertes de lichens jaune et blanc, donnent à l’arête des allures chamoniarde.

Entre ces échancrures, les nuages filent à toute vitesse. Nous accèlèrons le pas avec en tête le bulletin météo : « risque d’oranges en seconde partie d’après-midi ». Sur les 50 derniers mètres, les rochers sont recouverts de neige fraîche. Ambiance haute montagne garantie. C’est l’aventure !

 13 h 40. Voilà l’arête sommitale. Nous laissons les sacs et filons au sommet pour remplir le carnet installé dans un tube sous la croix. 13 h 50. Il est temps de descendre. Crampons, piolet, encordement plus court. Nous prenons un couloir qui nous conduit aux névés suspendus. La face Sud est encore skiable, mais à cette heure du jour, la neige ne porte plus (de toute façon, on n’a pas de ski). A chaque pas, nous enfonçons jusqu’au genou. Quelquefois un peu plus haut. Epuisant.

14 h 40. Voilà la Baisse de Druos. Nous la passons et entamons la descente vers le lac de Terre Rouge. 15 h. Il est temps de faire une pose repas sur un rocher. Le soleil revient. Lionel dévore une mixture secrète à base de poisson séché, Lorenzo improvise une sieste Italienne, Bernard range son matos, Laurent mange et moi je loge mes cordes. Sur notre droite se découpe la longue arête Est du Malinvern. Dans le vallon, il n’y a personne. Pas un bruit. Seul un gypaête barbu (ou un gros aigle royal) plane au dessus des sommets. Prévoyant Bernard repart en tête. A 10 minutes de la voiture, il commence à pleuvoir. Il tombe une pluie mêlée de grésil et de flocons de neige, une « pluige ». A 2 mètres de la voiture, il nous tombe le ciel sur la tête : des litres d’eau bien froide. Heureusement dans la voiture, le climat est un peu moins humide.

 

Il est 17 h. Nous avons fait une course de 9 h (dont 4 h d’escalade). Un peu court pour une sortie alpinisme « reprise ».


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L'image du jour

 La transhumance devant le refuge de la Cantonnière



 

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