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Mes aventuralpines, ou mille et une façons d'aborder la montagne, en skiant, en marchant, en escaladant, en pédalant, en lisant, en photographiant et en rêvant...
Neige en altitude et canicule sur le littoral... Pour rouler au frais, une seule solution :
les préalpes. Direction Séranon, pour un retour au VTT en douceur. Cette rando dite " la rond des trois villages" commence au Pas de la Clue, en bordure de la route Napoléon.
De là, prendre la piste de la grotte de la Rouaine, qui grimpe sans trop forcer vers la sombre face Nord du Lachens.
Par une traversée sur un "single" rocailleux et en balcon, on rejoint la balise 202. La forêt est toujours aussi sombre. Beaucoup de sapins, quelques mélèzes et un beau chamois. Place à la
descente. Pour rejoindre le Rieu Tort, un large sentier rapide, mais technique, s'offre à nous. Attentions aux pierres et aux branches ! Une fois dans la plaine, nous rejoignons l'Aco de
Caille, puis la Chapelle St-Brigitte et le GR 510. Petit portage pour dépasser les ruines du vieux Séranon. Le soleil cogne.
Au col, suivre le Gr, qui redescend rapidement vers la plaine de Valderoure. Ici, c'est le même topo que la descente précédente. Une large sentier, rapide, mais pieugeux. Du dévers, avec
des grosses pierres et quelques endroits bien glissants. Attention !
Voila "les Grands Prés" de Valderoure et sa large plaine, digne du Grand Nord. On fait un détour par le village de Valderoure, désert à cette heure de la journée. Du village, nous retraversons
la rivière de la Lane, par un gué un peu trop profond, et montons vers le col de Bas. Il fait de plus en plus chaud et nous
devons pousser le VTT. Du col, Caille est rejoint en quelques coups de pédales pour un arrêt rafraîchissant au lavoir.
« Deux secondes au plus se sont écoulées. Juste assez pour que le « friend » -l’ami – gicle de sa
fissure avec la soudaineté d’un bouchon de champagne. Le précipité des évènements est instantané. La corde, fouet désemparé, file et claque à proximité. Et je vois Pierre partir, la tête tournée
vers le ciel, les bras impuissants, le dos lesté par son gros sac ». 11 octobre 1992. Pierre Beghin disparait en tentant la face Sud de l’Annapurna, en compagnie de Jean-Christophe
Lafaille. Ce dernier mettra 5 jours pour redescendre, seul et blessé. Dix ans plus tard, voilà comment Jean-Christophe raconte les derniers instants de Pierre Beghin, dans « Prisonnier de
l’Annapurna », paru aux éditions Guerin.
Mais pour retrouver Pierre Beghin, on peut surtout lire, ou relire, « Les cinq trésors de la grande neige »,
qu’il a publié en 1985 chez Arthaud.
Pierre Beghin ? Aujourd’hui, cet alpiniste des années 70 et 80, est un peu oublié. C’était l’époque des tenues
fluos, gros boudins gonflés de duvets, ou laines polaires pleines de pluches. Ingénieur grenoblois, il a appartenu à cette génération d’alpinistes arrivée après les grandes hivernales alpines. Il
en réalise quelques-unes, comme la voie Devies-gervasutti à l’Ailefroide. Mais c’est surtout en tant qu’himalayiste qu’il laissera une trace. Et là aussi, il arrive à la fin d’une période :
celle des grandes expéditions lourdes du début des années 50 à la fin des années 60. Son livre est intéressant sur ce dernier point. Impressionné par un Messner, Pierre Beghin symbolise la
transition, en Himalaya, des techniques d’ascensions. « Les 5 trésors de la grande neige » sont la traduction du mot Kangchenjunga, mais surtout le récit de 5 expéditions réalisées par
l’auteur : K2, Manaslu, Jannu, Daulaghiri, et Kangchenjunga qu’il gravira en octobre 1983 en solitaire et sans oxygène.
Le récit commence à l’été 1979. Pierre Beghin participe à l’expédition française sur l’arrête Sud-Ouest du K2. Un échec.
Pierre Beghin semble y participer un peu en étranger, comme quelqu’un qui n’est pas à sa place. Il confie son « impression étrange d’entrer d’un seul coup dans un film à grand
spectacle ». « La chaleur est infernale, une véritable fournaise. Au milieu des cris, des engueulades, des bousculades, 20 tonnes de matériel sont déchargées des
remorques » écrite Pierre Beghin. L’expédition s’élance à l’assaut du K2 avec 1 400 porteurs… On sera tenté de penser tout çà pour de l’alpinisme, pour que quelques hommes
enfoncent leur piolet sur le sommet glacé d’une montagne. A la lecture du récit de Beghin, on a plus la sensation de se retrouver dans un « Tarzan » des années 30, quand des colonnes
entières de pauvres porteurs se faisaient bouffer par des bêtes sauvages.
Quatre ans plus tard, Pierre Beghin se retrouve sur les pentes du Kangchenjunga, qu'il gravit seul et sans assistance à
la manière d’un Messner. Même le nombre de ses porteurs, pour aller au camp de base, est très réduit. Ils ne sont qu’une poignée. Pierre est également accompagné de sa compagne et d’un ami
médecin. Ils ne participent pas à l’ascension. Ce dénuement de moyen et cette solitude face à la montagne préfigure ce que Jean-Christophe Lafaille tentera, une dizaine d’années plus tard, avec
l’issue fatale qu’on connaît. Pourquoi le Kanch’ ? Pourquoi seul ? A son, habitude Pierre Beghin se livre peu sur ses motivations. Il raconte seulement ses lectures d’enfants sur les
grandes expéditions en Himalaya. En revanche, il n’élude pas la difficulté de se retrouver seul à 8 000 mètres, la douleur physique, le doute moral, les conditions très difficiles. Il n’y a
pas d’héroïsme dans son récit, de forfanterie d’aventurier… Pierre Beghin se livre, à nue, et fait partager un certain malaise. A l’occasion d’un dialogue reconstitué au camp de base, il
écrit :
Pour essayer d’en savoir plus sur la personnalité de Pierre Beghin, on peut se plonger dans le premier chapitre. L’auteur
y livre quelques-uns des ses rêves de jeunesse. Il raconte surtout quelques anecdotes sur ses débuts en montagne. Sa première course sérieuse, il l’a réalise avec Claude son frère, en 1968 sur la
face Est du Grépon. Mais sur ses motivations, peu de mots. Discret, Pierre Beghin n’a pas été un alpiniste comme les autres, dans le sens où l’alpinisme n’a pas été son métier, comme ce fut le
cas pour un Desmaison, ou un Berhault. « La profession de guide ne me tentait pas vraiment. Ce que je désirais : un métier intéressant sur le plan intellectuel, me permettant de
continuer à pratiquer l’alpinisme au plus haut niveau » .
Pour aller plus loin un site est consacré à l’alpiniste.
Météo France avait annoncé du mauvais à la mi-journée. On l'a eu vers 11 heures et même vers 9 h 30, puisque à notre
arrivée le Boréon était sous les nuages et la neige. Petite acalmie au moment de remonter vers Salèse, mais le mauvais temps revient en dessous du vallon des Naucettes. En quelques minutes le
jour blanc nous entoure. Où est le sol, où est le ciel ? Difficile de savoir, on se retrouve dans un univers où les repaires ont disparus, le temps égalements et le bruit aussi. Pour l'instant la
neige tombe calmement, sans vent. Mais pour se retrouver là dedans, une seule solution : boussole ou GPS. ou les deux à la fois...Ce sera le GPS. Il nous conduit au col, mais commence à fatiguer
dans la descente, au moment où la tempête redouble. Avec la neige et le vent dans la gueule difficile d'avancer. On ne voit plus rien, alors le GPS étant mort, on ressort la bonne vieile
boussole. Mais comment tomber sur les lacs de camp Soubran dans cette tempête ? Tomber... C'est le mot juste. Manu tombe sur de la glace : " Je crois qu'on est au lac !". De là, on tire un azimut
en direction du cayre du lac Nègre. Quelques minutes plus tard, le brouillard se lève un peu, mais pas le vent. Nous pouvons retrouver le vallon qui mène au col de Salèse et plus tard le col. La
neige tombe et tient aux arbres. Le paysage réapparait. Nous sommes seuls dans cet univers froid, mais beau. Une "belle" journée en montagne.
La video :
Samedi 10 janvier au soir. Tout a commencé par une conversation au téléphone :
- on va où demain ?
- au Mont Vial.
- ça se ski ce truc ?
- oui, il y a un gars qui y est allé aujourd'hui
- à ouais... Mais ça passe à ski ???
- oui, c'est de l'insolite à quelques kilomètres de Nice. C'est à faire.
Fin du dialogue et préparation du matos. Quelques heures plus tard nous nous retrouvons au petit matin dans la glacière du village de Malaussène. Pas de soleil, mais la neige est là. Bien
présente à 375 mètres d'altitude. On chausse à l'église sur un chemin qui a plus l'habitude de voir passer des chasseurs, des randonneurs et des vététistes, que des skieurs... La suite ? De
l'insolite :
Nous voulions skier de l’insolite. De l’insolite ! Avec l’enneigement actuel, l’insolite on est parti le trouver
dans les Préalpes de Grasse. Direction la face Sud du Teillon. On voulait la remonter au départ du village de Peyroules. Mais sur place l’enneigement se révèle décevant. Il va falloir pas mal
porter. Mais porter en décembre, c’est pas du ski, alors direction Saint-Auban avec comme idée d’aller au Pensier Oriental. La neige est là, mais les arbres et broussailles également. Pas envie
de faire les bucherons…
Et puis au départ du virage, une face blanche apparait au loin. Voilà une reconstitution du dialogue, dans la
voiture : « C’est skiable ? ». « Ça a l’air ! ». « C’est quoi ? ». « L’Arpille, un sommet qui se fait en VTT par la piste DCFI. Au
sommet il y a un poste d’observation pour les feux de forêt ». L’Arpille, pourquoi pas ? C'est rarement skié. Allez, on ira chercher l’insolite à l’Arpille.
Départ de 1100 mètres du hameau de Baumettes, on sort de la voiture et on chausse. Pratique. Départ en douceur par la
piste, avec l’impression de se retrouver dans le Jura ou les Vosges. On quitte la piste sur une crête qui conduit à la citerne. De la citerne, nous coupons à travers la forêt. C’est dense. C’est
du buis. C’est de la galère. On bucheronne comme des sangliers dans une neige trop lourde, trop chaude qui laisse s’enfoncer les skis. Direction le col de la Serre d’Alexandre, puis une grande
traversée à flanc de crête pour rejoindre le Collet du Gros Bènequi se descend dans une poudre légère. Ensuite petite remontée pour aller rejoindre le sommet et sa
cabane.Le panorama est à couper le souffle. De l’insolite encore. Dernière montée pour gagner le sommet et la cabane d’observation, à
1 686 mètres. De là haut la s’étend de la mer, avec la Corse à l’ensemble de la chaîne alpine du Mercantour au Verdon. Plus bas la vallée de l'Estéron avec le village du Mas.
Descente plein Sud sur une neige un peu lourde pour rejoindre le vallon du Riou en poudre et glace, où un daim nous coupe
la route à moins d’un mètre. De l’insolite !
Chien errant ou loup ? Les attaques de mouton et de grands mammifères se songt multipliées ces derniers mois dans le haut pays grassois. Dernière en date, le
18 novembre, pendant laquelle un éleveur d'Andon a perdu 3 brebis dans le haut vallon de la
Colle, aprés le hameau de Canaux. Le lendemain, je passais par là en VTT. Sous la barre Sud de l'audibergue, je suis tombé sur le cadavre d'un petit chamois. Il y a 10 jours, retour dans le
vallon de la Colle, mais cette fois en ski de rando. Et à quelques centaines de mètres de la première carcasse trouvée fin novembre, je tombe sur une nouvelle, située dans la grande pente en face
Sud, qui longe les falaises au dessus de la RN 85. Mouton, chamois, ou autre ? En tout cas, il y avait des traces fraîches qui descendaient de la crête de l'Audibergue et tombaient pile
sur la carcasse. Etant donné la profondeur des traces et leur importance, je pencherais pour celles d'un loup.
En attendant que la neige se stabilise dans le Mercantour, un petit tour dans les préalpes de Grasse. Il y a avait bien
longtemps qu'on n'avait pas vu ces montagnes dans de telles conditions. Depuis le sommet de l'Audibergue, on voit uniquement du blanc. L'ensemble des itinéraires semblent en condition : le
Teillon, la Bernade, le Lachens, mais aussi des montagnes rarement parcourues à ski comme le Pensier au dessus de St-Auban, ou les montagnes du bas verdon et de Moustier, ou encore plus prés le
Thiey en face Nord, avec un peu de portage. Quant aux préalpes de Dignes, elles sont également en bonnes conditions : la vallée de Chasse est blanche, le
grand Coyer aussi, ou le Cheval Blanc qui est porte bien son nom. Plus loin, le Ventoux ou la Lure ont été skiés.
Mais assez de bla bla. Retour sur la sortie de vendredi matin, par des conditions de beau temps et de neige rares. Départ de la station de l'Audibergue, sans
âme qui vive en ce jour de semaine, avec une montée à travers les sapins et les grandes combes du versant Nord. En arrivant sous le sommet, beau balcon sur la baie
de Cannes, ses îles, mais aussi l'Estérel et plus loin St-Tropez et les îles d'Hyères. Le panorama reste toujours aussi fantastique, avec l'impression de skier face à la mer qui est
unique.
On se retourne et de l'autre
côtè, voilà la chaîne des Alpes, du Verdon au Mercantour. Du blanc, du blanc et du blanc.
Aprés le sommet, de la
balise, descente plein Sud face à la mer avec sous les skis une poudre légère, légère... Je me se retourne pour immortaliser la trace. Quelle trace !
Au plateau de la Colle, je
tire en direction du vallon des Rougières et de sa piste qui descend vers la route Napolèon et Escragnolles. J'étais passé par là il y à un mois, mais en VTT. Là, la piste. est.. Enfin, voyez
plutôt sur la photo dessous. C'est maintenant une belle piste verte avec une couche de 40 cm de poudre.
Descente en ski jusque vers
1350 par la piste et en coupant à travers. au fond du vallon. Aprés la poudre, maintenant la neige de printemps. Unique ! Puis je recolle les peaux. Montée par la même piste et ensuite
par la grande pente, à côté des falaises des Rougières. Du ski plus alpin avec de vraies conversions cette fois. La pente est en conditions, mais vers 11 h, il faisait trop chaud
pour la descendre et ensuite la remonter. Depuis les barres, sous les crêtes, il y avait des chutes de pierres et quelques départs de petites coulées de neige humide...
Avant d'arriver au
sommet de la crête une pose au soleil s'impose pour jeter un nouveau coup d'oeil sur l'Estérel et la mer. Tracer des conversions dos à la mer, quel pied, surtout dans cette pente rarement
skiée. Du sommet, descente plein Nord en direction de la station. La neige est restée poudreuse et légère. Pas le temps dfe s'arrêter pour une pose photo. Une matinée rare
dans les préalpes de Grasse, à moins de 40 km de la mer...
Première trace à Gréolières, sur les pentes du Cheiron. Les préalpes de Grasse ont été particulièrement gâtées en ce début d'hiver.
Entre 40 et 60 cm de neige à Gréolières... Et des températures plutôt froides : -6 degrés vers 11 heures aujourdd'hui. Dommage qu'elle commence à être lourde. Les itinéraires de ski de rando
semblent bien pratiquables dans les préalpes : Audibergue, Teillon, Bernade... Même du côté du Verdon, c'était bien blanc. Et dans les préalpes de Dignes n'en parlont pas. Le Cghval Blanc est
blanc, trés blanc. Encore une bonne chute et quelques faces Sud devraient être skiables. A suivre.
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