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Ces derniers temps, en consultant les statistiques de fréquentation de mon blog, je me suis aperçu qu'un post restait tout en haut de la liste des articles les plus consultés. Il s'agit de celui sur "Montagne pour un homme nu", l'excellente autobiographie de Pierre Mazeaud, homme politique et alpiniste de haut niveau dans les années 50 et 60. Pendant plusieurs jours j'ai mis ce "succés" sur le compte de mes qualités rédactionnelles, de la précision de mon analyse littéraire, ou plus logiquement sur la place que tient ce livre dans la littérature alpine. Il raconte notamment le drame du pilier central du Freney.
Et puis dernièrement en lisant un billet sur un autre blog, je me suis rendu compte de que ma vanité cachait la réalité. Si ce post est tant consulté c'est parce qu'il comptient les mots "homme nu". La nudité, le cul, le sexe... Des mots qui circulent allègrement sur les moteurs de recherche de la toile. Donc, si vous voulez doper la fréquentation de votre blog, il n'y a qu'un pas à franchir : allez skier, escalader, randonner, pédaler à poils et emmenez des copines et des copains qui n'ont pas froid aux fesses.
A ce sujet, j'ai retrouvé dans mes archives cette photo qui illustre parfaitement le thème de la nudité en montagne. C'était en juin 2002. En redescendant du balcon du Gélas, je faisais des photos au téléobjectif de bouquetins, de chamois et de marmottes, au dessus du lac Cabret. Quand, tout à coup, en escaladant un rocher pour trouver un bon angle à une photo, je suis tombé sur ça :

Bon, la photo est pas géniale, mais c'est bien un cul nu dans l'herbe, espèce rare de naturiste des montagnes. Il était à 300/400 mètres, allongé en contrebas d'une falaise (sans casque !), pensant être seul, en ce jour de semaine. Il profitait de la montagne les fesses à l'air et l'esprit libre. J'étais là. Je ne me suis pas empéché de le photographier. S'il se reconnaît, je veux bien lui envoyer la photo. Lui, ou elle. A cette distance, difficile d'aprécier.


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Située dans les préalpes de Grasse, la petite station de la Moulière vient de rouvrirson télésiège, pour l'instant les week-end seulement. La Moulière parie sur le VTT pour son développement. Déjà 14 pistes de descente sont tracées au départ de son télésiège, et 1 piste pour traverser une partie des crêtes. D'ici à 3 ans, l'objectif est de proposer de nouveaux tracés, avec passerelles, tremplins et obstacles à franchir, un peu comme à Roubion, ainsi qu'un bike park. Au départ de la Moulière, plusieurs circuits sont possibles, dont le célèbre tour de l'Audibergue par Canaux.
Aprés la Moulière et
Roubion, les stations d'Auron et plus tard Isola veulent faire une place plus grande au VTT et s'équiper comme les stations des Hautes Alpes, d'Isère ou de Savoie. A suivre...

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"Le beatnik des neiges"
Mirella Tenderini
Editions Denoël, 1991
En occasion, entre 15 et 20 euros

Il y a 39 ans le corps de Gary Hemming était retrouvé sur les bords d'un lac dans le Wyoming, une balle dans la tête. Suicide ou meurtre ? La première hypothèse était retenue, même si dans l'ouvrage qu'elle a consacré à ce « Beatnik des neiges », paru en 1991 chez Denoël, Mirella Tenderini se pose encore la question.

Gary Hemming ? C'est ce grimpeur américain qui fréquente Chamonix dans les années soixante, âge d'or de l'alpinisme. Un grand gaillard yeux bleus, aux cheveux blonds éternellement en bataille qui a défrayé la chronique. De lui, les alpinistes ont retenu son ouverture de la Directe américaine, au Dru, ou de la face Sud du Fou. Quant au grand public, il a gardé en mémoire la « Une » de Paris Match évoquant sa participation avec Desmaison  au sauvetage d'une cordée allemande dans des conditions rocambolesques au Dru.

C'était en 1966 dans la face Nord. Sur la photo qui est entrée dans l'histoire de l'alpinisme et du journalisme, on le voit accroché à la falaise, debout sur une minuscule vire en compagnie des rescapés. Sur cette image la verticalité de la paroi, renforcée par la couleur sombre du granit mouillé, plonge dans un inquiétant brouillard. Lui, calme, pose sa main grande ouverte sur le rocher, comme s'il maîtrisait la situation. Sa participation à ce sauvetage, auquel Desmaison devra son éviction de la compagnie des guides de Chamonix, a marqué les esprits et a fait d'Hemming une vedette internationale. Cette soudaine notoriété l'aura beaucoup affecté.

Le livre de Tenderini, chroniqueuse dans diverses revues alpines italienne, a le mérite de rappeler cet épisode de la vie d'Hemming, personnage attachant, fragile, un peu anarchiste et profondément égoïste ou libre, c'est selon.

Pour les amateurs de littérature alpine Gary Hemming est une figure récurrente. On croise sa silhouette dégingandée entre les lignes de Desmaison, Rebuffat, ou Bonatti, ou plus tard d'un Jean-Michel Asselin, sans parler des revues spécialisées de l'époque. Il passe dans une page, apparaît dans un autre chapitre, sans jamais pour autant avoir le premier rôle. On aurait même pu oublier Hemming !

Alpiniste de haut niveau, il n'est pas arrivé à s'imposer durablement sur le devant de la scène par ses seules réalisations, ou la façon de les médiatiser. Il n'a pas écrit de livre par exemple, n'est pas devenu guide et n'a pas vécu de ses ascensions.  Il ne pratiquait pas l'alpinisme pour ces raisons.  Grimper était son mode de vie, sa philosophie : «  la montagne, pour moi, n'est pas une fuite mais une expérience physique complète, l'engagement absolu. Je mes ma vie en jeu. Une erreur et je la perds » écrit-il. Comme certains à l'époque se retiraient à Katmandou, lui vivait en «  beatnik des cimes » grimpant sans jamais trop se prendre au sérieux, ni en faire une affaire. Inconstant, voulant rester libre de ses actes et de ses méthodes, il démissionne de l'école des guides, vivote de petits boulots, un coup en France, l'autre au Canada, le plus souvent en Amérique. C'était un clochard des cimes. En ces années de révolution sexuelle (1968) était partisan de l'amour, faisant un enfant à une femme, mais vivant avec d'autres. Ses ascensions sont un peu comme sa vie : décousues, mais osées. Personnalité plus fragile qu'il n'y paraît, il grimpe souvent en solitaire, à la limite entre le suicide et le solo intégral. Boit, goutte aux drogues... Il n'arrive pas à trouver sa place dans la vie, jusqu'à cette funeste soirée dans le Wyoming où on le retrouve mort, une balle dans la tête.

Aujourd'hui, on peut relire d'une façon différente son parcours d’alpiniste. Et c’est la thèse de ce livre. En avance sur son temps, Hemming introduit des techniques de grimpe modernes, en utilisant du matériel emmené directement des Etats Unis. Il se fait surtout le représentant d'une nouvelle approche de la montagne. Formé dans sa jeunesse au Sierra Club, une association plus tournée vers la nature que l'alpinisme, il conçoit l'escalade comme un mode de vie et une expérience personnelle, une pratique où l'on doit laisser le moins de trace possible de son passage pour ne gêner ni les alpinistes suivants, ni la nature.

C'est sur ce point que le parcours de Gary Hemming est intéressant. En avance sur son temps, il annonce les prémices de la grimpe moderne, telles que des figures comme Berhault ou Edlinger la vivront à la fin des années 70, début 80.

 

Pour aller plus loin :

L'alpiniste et réalisateur Jean Affanasief a consacré un film sur l'itinéraire d'Hemming.

 


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Cinq heures du matin. Un vent fort et froid balaye le vallon de la Madone de Fenestre. Le temps de prendre le petit déjeuner, de s’équiper et il a disparu. Le ciel est plus clair, mais le froid toujours vif. Direction la face Ouest du Ponset, plus précisément sa fameuse diagonale qui traverse toute la face Ouest. Ce couloir de neige est bien visible de puis le refuge et est devenu une grande classique dans le Mercantour. En prêtant bien l’œil on peut même y voir évoluer les alpinistes. Enfin pour l’instant, il n’y a pas grand monde dehors, ni dans la diagonale d’ailleurs. Alors on avance pour arriver à son pied au plus vite. La neige est dure et les crampons mordent bien.

Une heure quarante plus tard nous y voilà. On s’équipe sur les restes d’une coulée d’avalanche qui a dévalé le bas de la diagonale. Surprise : dans le bas du couloir la neige porte moins et elle est même cassante sur une dizaine de centimètres et un peu plus haut sur une vingtaine. Le dessus part en plaque. Heureusement on peut bien ancrer ses piolets et crampons dans la sous-couche dure. Le premier passage technique est en glace. Il se franchit rapidement.

Plus haut le couloir bifurque vers la gauche et monte directement en diagonale vers le sommet. Un grand toboggan blanc. Nous y sommes ! Sans corde on évolue plutôt rapidement, seulement freinés par cette neige traître qui oblige à doubler ses efforts et son attention pour ne pas glisser tout en bas… Le second bloc coincé se passe sur la droite par une coulée en glace. Les pointes des piolets y mordent bien. On continue sur le grand couloir qui s’élève de plus en plus entre le haut de la paroi Ouest et son bas.

Pour l’instant les rochers qui bordent la diagonale sur la gauche protègent du vide. Un peu plus haut ils disparaissent et le toboggan a une fâcheuse tendance à glisser là où il ne faut pas… Rester concentré. Bien planter les piolets et les crampons. Faire attention à son équilibre. La première arête de neige est franchie. La seconde semble foireuse avec sa petite corniche et sa neige qui semble nous cacher une belle plaque. Relais sur piolet. On sort un brin de corde pour terminer plus en sécurité.

Un peu sous l’arête sommitale le soleil vient nous cueillir pour continuer par quelques passages en rochers faciles, avec en arrière plan le Gélas.

Enfin le sommet. Pas de vent, un soleil chaud et une vue imprenable sur le Mercantour et le cap d’Antibes. Il y a du monde de partout en montagne : sur le Neiglier, la Pointe André, le Gélas bien sûr et même dans une des voies difficiles de la face Ouest du Ponset. On redescend par la face Sud sous l’œil indifférent d’un gros bouquetin.


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L'image du jour

 
Madone de Fenestre. Mai 2008. 22 Heures

 

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