Premières neiges sur le Mercantour cette semaine. C'est pas encore bon pour le ski...

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J’ai enfin la réponse à une question existentielle que je me posais depuis un moment en consultant la carte IGN de la haute Vésubie : peut-on monter en VTT au Mont Pepoiri (2674 mètres) ?

Oui, on peut, mais il faut être un peu "maso" pour oser y hisser les 13 kg et des poussières de mon fidèle Trek. En résumé, la pente est dure et la montée est longue ! Ça monte, ça monte sévère même. Quand on roule, on est tout le temps à la limite de l’adhérence et de son physique. Quand ça ne roule pas, il faut pousser. Fort et trés souvent Et quand on peut plus pousser, il faut porter, beaucoup et sur des sentiers instables : environ sur 500 mètres de dénivelé, sur les 1 200 ...  A ce régime là, le Pepoiri n’a pas dû en voir beaucoup de VTT. Une raison de plus pour y aller. Et le panorama y est à couper le souffle. Alors ?


Départ du Col Saint-Martin, à la Colmiane, par un frais matin de septembre. Direction la route qui mène à la via ferrata, que l’on quitte au 3eme lacet pour prendre la petite piste balisée « VTT ». A la croix de Blachères, prendre à gauche en direction du Baou de la Frema. La montée commence fort. On pousse et on se demande ce que l’on fait là. Le sol se dérobe sous les pieds : un pas en avant, deux en arrière. Heureusement quelques mètres plus loin, la piste permet de pédaler. C’est alors un ravissement de sortir de la forêt de mélèzes pour roulerdans les alpages, avec comme panorama la chaîne du Mercantour. Mais pas le temps de rêvasser : il faut appuyer sec  sur les pédales et se concentrer sur sa roue avant, son équilibre et éviter que la roue motrice ne commence à patiner. Compliqué et fatigant !


Au dessus du Baou, première grosse difficulté : la piste s’arrête à la cabane de berger. A partir de là, il ne faut plus espérer trop pédaler. Déjà que… Bon, on est à 2200 mètres , il en reste encore 474 à gravir… Qu'est ce qu'on fait ? On continue ! Le premier gros portage se fait sous la tête du Brec. A son sommet (2566 m), la course est presque gagnée. Le sommet est en vue et surtout on peut pédaler, sur une piste trialisante, puis roulante, jusqu’au collet marqué 2544 m. L'ambiance, elle est à la hauteur des efforts fournis. C'est même le principal intérêt de cette rando VTT. Quel panorama et quelle sensation de rouler en plein ciel.


Le court répis passé, place au second gros et long portage, jusqu’au sommet. Les randonneurs croisés sous le sommet n’en croient pas leurs yeux… " Y'à un gars qui mponte avec son vélo sur le dos !". " çà pèse combien ce truc ?" me demande-ton. Réponse : " un âne mort !". Je leur explique que je suis sorti de la piste cyclable et que je la cherche... Le sentier, enfin ce qu'il en reste se perd  entre les éboulis et il grimpe. A pieds c'est délicat, alors avec un VTT sur le dos. Enfin  voilà le sommet, 3 heures après le départ. Il fait oublier la fatigue.


Le VTT se repose un peu et profite du paysage (de la mer au Pelvoux dans les Ecrins), avant d’attaquer une descente d’anthologie : un plongeon de 1400 m  jusqu’à la route de la Colmiane… Le casque est bien serré, les genouillières  et coudières enfilées (les rochers qui assiègent le sentier de chaque côté n’autorisent pas vraiment d’erreur de pilotage…). On s’élance en direction du Col du Barn, qui fait office de frontière avec le parc, avec sous les pieds 300 mètres de vide et les lacs tout en bas. C'est beau, et c'est un privilège rare que de dévaler un tel single sur un VTT, à cette altitude, à cet endroit et avec ce paysage.


Petite déception. Après le collet marqué 2575 m sur la carte, il faudra gagner le col en portant le vélo. Frustrant à la descente, mais le sentier n’est pas accueillant pour un deux roues. C’est au col du Barn que le sentier devient plus intéressant, tout en restant très exigeant. Des cailloux de partout, un passage étroit, la pente sur la gauche… Au lacs long, puis rond, le single se fait ludique.

Petite remontée pour aller au col de Vellos et c’est la grosse et ultime descente vers la route. Elle emprunte la descente balisée par la station de la Colmiane. Du caillouteux et du technique aussi. Du rapide. De la prairie et du sous-bois. Il y en a pour tous les goûts !

Fin de la descente : heureusement, le freion à disque arrière est en train de lâcher. Tout en bas, une petite fontaine offre un rafraichissement bienvenu, avant de remonter par la route à la station.


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Il est là. On le voit. On le sent omniprésent. On devine sa masse. Mais on ne peut pas y aller.
Le Mounier se situe dans la zone centrale du Mercantour. Alors, en VTT, même pas la peine d'y penser. Oublions. Aprés un départ de Beuil, une virée par le lac du même nom, puis par le col de l'Espaul, on retrouve la piste de la Colle et enfin l'ancienne route qui mène au col des Moulines, à 1981 mètres d'altitude.
 

Le col se gagne en VTT. Il faut pédaler fort, mais ça grimpe sur un sentier, puis une ancienne piste gagnée par la pelouse alpine et les éboulis. Mais ça passe sur le vélo et c'est un ravissement de gagner cette porte du parc, balcon sur le hameau de Vignols et surtout sur l'imposante et minérale face Sud Ouest du Mounier.
On s'arrête là un instant, avec l'envie d'en profiter. Pour rester encore un peu à côté du Mounier, pourquoi ne pas continuer à flanc de crête, vers la Tête de Chamia. Le début est un peu sport, mais ensuite, à part un passage ou deux plus difficiles, le sentier est roulant et trés agréable.
 

Il fleurte avec les 2000 mètres d'altitude et les alpages. C'est sur la Crëte d'Ars que le mauvais temps nous rattrape. L'orage ! Il pète déjà à quelques encabures et le vent frais qui nous refroidit annonce déjà la pluie. On n'attend pas. Pour continuer sur les crêtes se sera  pour une prochaine fois. On reviendra.
 
En attendant, sauve qui peut. Descendre au plus vite par la crète, plein Sud, vers les granges d'Ars, où la pluie nous rattrape. Froide et forte. Arrivés à Beuil, elle s'arrête, avant de reprendre quelques minutes plus tard, plus forte.
Bilan de la journée : 27 km et 1000 mètres de déniv.

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Jean et Pierre Vernet, 60 ans de pyrénéisme

Editions du Pin à Crochets

2006

Les frères Ravier, vous connaissez ? Dans les Alpes du Sud, les alpinistes ont surtout entendu parler de la fratrie Vernet. Jean et Georges. Avant guerre, ces niçois ont assidument fréquenté le Mercantour et les Ecrins, laissant leur nom à quelques belles voies.

Mais les Ravier ? Il faut être pyrénéiste pour connaître ! Ou alors lire « Jean et Pierre Ravier, 60 ans de pyrénéisme ». La couverture de cet ouvrage est troublante. Tissu rouge pleine toile, grand format carré… Au premier coup d’œil, on pencherait pour un ouvrage de la maison Guerin, de Chamonix. Il n’en est rien. L’éditeur de cet ouvrage, écrit par Jean-François Labourie et Rainier Munsch, se trouve à Pau, au pied des Pyrénées. Il s’agit de la petite maison d’édition du Pin à Crochets qui propose « des ouvrages singuliers en osmose étroite avec les Pyrénées. La création y prend une grande part, tant dans le contenu que dans la forme ». Elle propose ici un très beau livre de montagne, à la hauteur de la saga montagnarde des Ravier. Il a été édité en 2006.

Jean et Pierre Ravier ? Vrais jumeaux nés en 1933 à Paris, ils sont à l’origine du renouveau du Pyrénéisme de l’après guerre. Ils ont formé une cordée  extraordinaire. Dans l’encyclopédie de la Montagne, où ils figurent comme pyrénéistes français, il est écrit : « le secret de la cordée parfaite formée par ces jumeaux à la ressemblance étonnante réside peut-être, justement, dans cette unité gémellaire, qui leur donne une force psychologique et une confiance dont bien peu de cordées peuvent se prévaloir ». Autodidactes à l’apprentissage fulgurant – les auteurs parlent d’un « apprentissage météorique » - entre le 8 mai 1953 et le 14 août 1973, ils ont réalisé plus de 200 premières dans le massif, du Dièdre Nord-est de la Grande Aiguille d’Ansabère, au Pilier de l’Embarradère de l’Ossau, à la face Sud du Tozal del Mallo, en Aragon. Et après 1973, ils ont continué à fréquenter les sommets secrets du massif, pour le plaisir et souvent en famille, ou avec des amis.

Même s’ils arrivent en montagne 20 ans plus tard, les frères Ravier ressemblent aux frères Vernet. Ils font leurs classes sur de grandes voies célèbres, découvrant l’alpinisme  sans encadrement. Mordus, bien que résidant à Bordeaux, ils prennent leur voiture le week-end pour descendre dans les Pyrénées, là où les Vernet font de même, mais montent à Aillefroide, ou La Bérarde. Ils dorment dans des cabanes, bivouaquent et après leur course reprennent la route de leur maison. Le lendemain, les Ravier pointent au travail, dans leur commerce de pièces détachées pour voiture.

Plus que leur carnet de courses, c’est le dénuement de moyens employés par les frères Ravier qui marque. Difficile de comprendre aujourd’hui  leur attitude, à une époque,où chaque année les équipementiers sortent la dernière « Gore Tex », la polaire qui va bien, le coinceur qui se bloque mieux que le modèle de l’année passée… Les jumeaux grimpent une corde à la taille, sans piton, ni beaucoup d’équipement. Ils n’acceptent de s’équiper de baudriers que tard et ne cèdent en rien à la mode. Sur les photos, même celles prises dans les années 70 et 80, on les voit grimper avec de vieilles chemises à carreaux et des sacs bien élimés. Ce dénuement ne les empêche pas de réaliser quelques courses intrépides, ni de prendre un grand plaisir dans leurs ascensions.  Autre marque de fabrique : ils ne s’entraînent pas, ne cherchent pas l’exploit, ou le chrono. Jean et Pierre fréquentent la montagne en hédonistes, pour le plaisir de se retrouver en altitude, de défricher une belle voie. Loin des exploits alpins d’un Desmaison, ils ne recherchent pas la célébrité, mais veulent plutôt s’inscrire dans l’histoire du pyrénéisme. Avant leur ascension, ils se documentent. Pendant, ils photographient. Après, ils reviennent par écrit sur leur aventure. C’est en grande partie de ces archives personnelles que « Jean et Pierre Ravier, 60 ans de pyrénéisme » est tiré.

Un livre qui permet de côtoyer l’intimité des Ravier et de mieux comprendre « leur œuvre ». La première partie revient sur leur jeunesse, la découverte de la montagne en 1946, et les premières courses. Il aborde aussi leur vie professionnelle, familiale et leur philosophie de l’escalade. La seconde partie est un peu moins vivante. Les auteurs reviennent, par ordre chronologique, sur les grandes ascensions des frères. La dernière partie de cet ouvrage laisse la parole aux frères Ravier et reprend des articles de Jean et Pierre, écrits dans la revue «  Altitude » ou «  Pyrénées », ou alors des récits de course. L’ensemble est richement illustré de photographies, le plus souvent prises par les frères Ravier.


Pour aller plus loin :
En vidéo
Sur France 3
La descendance Ravier


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Il est 16 heures et la forêt de la Grande Fayée garde toute sa fraicheur. Ce qui, en ce mois de juillet, n'est pas négligeable. Le soleil peine à traversée la canopée. Dans le sous-bois, seuls quelques rayons filtrent animant les longs troncs des arbres. Personne. Pas un bruit quand on s'arrête de rouler. Et lorsque l'on pédale, seules les feuilles écrasées par les pneus donnent un peu de vie à l'endroit. Bienvenu sur les pentes Sud de la montagne de Lure ! Ici, pas de remontée mécanique (en activité du mois... Les vestiges d'une ancienne station rouillent au sommet), de pistes balisée, ni de groupes de vététistes en vacances. Le lieu est le plus souvent désert, calme et mystérieux. On ne vient pas rouler en VTT sur les pentes de la Lure pour s'éclater sur un "spot" à la mode. Ici, place à l'aventure. On roule à l'ancienne, c'est à dire on pousse, souvent, sur des pistes défoncées, on pédale fort, trés fort, on en pousse encore, parce que çà montre trés fort. Mais au sommet... On sort de la forêt pour se retrouver seul sur le grand alpage sommital, avec au Sud la Provence et la région Aixoise au loin, et au Nord le Dévoluy, les Ecrins...
Pour en avoir un petit aperçu, départ de Notre Dame de Lure, oà 1236 mètres. Montée par la Combe de Chavalet pour retrouver les alpages et le GR de pays. Puis sommet. Rando sur les crêtes, par la grande descente un peu raide du col de la côte "1704". Re-montée sur la crête. Puis descente par le GR 6 et son profond vallon. Alors ?

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Neige en altitude et canicule sur le littoral... Pour rouler au frais, une seule solution : les préalpes. Direction Séranon, pour un retour au VTT en douceur. Cette rando dite " la rond des trois villages" commence au Pas de la Clue, en bordure de la route Napoléon.
De là, prendre la piste de la grotte de la Rouaine, qui grimpe sans trop forcer vers la sombre face Nord du Lachens.
 
Par une traversée sur un "single" rocailleux et en balcon, on rejoint la balise 202. La forêt est toujours aussi sombre. Beaucoup de sapins, quelques mélèzes et un beau chamois. Place à la descente. Pour rejoindre  le Rieu Tort, un large sentier rapide, mais technique, s'offre à nous. Attentions aux pierres et aux branches ! Une fois dans la plaine, nous rejoignons l'Aco de Caille, puis la Chapelle St-Brigitte et le GR 510. Petit portage pour dépasser les ruines du vieux Séranon. Le soleil cogne.

Au col, suivre le Gr, qui redescend rapidement vers la plaine de Valderoure. Ici, c'est le même topo que la descente précédente. Une large sentier, rapide, mais pieugeux. Du  dévers, avec des grosses pierres et quelques endroits bien glissants. Attention !

Voila "les Grands Prés" de Valderoure et sa large plaine, digne du Grand Nord. On fait un détour par le village de Valderoure, désert à cette heure de la journée. Du village, nous retraversons la  rivière de la Lane, par un gué un peu trop profond, et montons vers le col de Bas. Il fait de plus en plus chaud et nous devons pousser le VTT. Du col, Caille est rejoint en quelques coups de pédales pour un arrêt rafraîchissant au lavoir.

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Les cinq trésors de la grande neige

Pierre Beghin

Arthaud,  1985.

 

«  Deux secondes au plus se sont écoulées. Juste assez pour que le «  friend » -l’ami – gicle de sa fissure avec la soudaineté d’un bouchon de champagne. Le précipité des évènements est instantané. La corde, fouet désemparé, file et claque à proximité. Et je vois Pierre partir, la tête tournée vers le ciel, les bras impuissants, le dos lesté par son gros sac  ». 11 octobre 1992. Pierre Beghin disparait en tentant la face Sud de l’Annapurna, en compagnie de Jean-Christophe Lafaille. Ce dernier mettra 5 jours pour redescendre, seul et blessé. Dix ans plus tard, voilà comment Jean-Christophe raconte les derniers instants de Pierre Beghin, dans « Prisonnier de l’Annapurna », paru aux éditions Guerin.

Mais pour retrouver Pierre Beghin, on peut surtout lire, ou relire, «  Les cinq trésors de la grande neige », qu’il a publié en 1985 chez Arthaud.

Pierre Beghin ? Aujourd’hui, cet alpiniste des années 70 et 80, est un peu oublié. C’était l’époque des tenues fluos, gros boudins gonflés de duvets, ou laines polaires pleines de pluches. Ingénieur grenoblois, il a appartenu à cette génération d’alpinistes arrivée après les grandes hivernales alpines. Il en réalise quelques-unes, comme la voie Devies-gervasutti à l’Ailefroide. Mais c’est surtout en tant qu’himalayiste qu’il laissera une trace. Et là aussi, il arrive à la fin d’une période : celle des grandes expéditions lourdes du début des années 50 à la fin des années 60. Son livre est intéressant sur ce dernier point. Impressionné par un Messner, Pierre Beghin symbolise la transition, en Himalaya, des techniques d’ascensions. «  Les 5 trésors de la grande neige » sont la traduction du mot Kangchenjunga, mais surtout le récit de 5 expéditions réalisées par l’auteur : K2, Manaslu, Jannu, Daulaghiri, et Kangchenjunga qu’il gravira en octobre 1983 en solitaire et sans oxygène.

Le récit commence à l’été 1979. Pierre Beghin participe à l’expédition française sur l’arrête Sud-Ouest du K2. Un échec. Pierre Beghin semble y participer un peu en étranger, comme quelqu’un qui n’est pas à sa place. Il confie son «  impression étrange d’entrer d’un seul coup dans un film à grand spectacle ». «  La chaleur est infernale, une véritable fournaise. Au milieu des cris, des engueulades, des bousculades, 20 tonnes de matériel sont déchargées des remorques » écrite Pierre Beghin. L’expédition s’élance à l’assaut du K2 avec 1 400 porteurs… On sera tenté de penser tout çà pour de l’alpinisme, pour que quelques hommes enfoncent leur piolet sur le sommet glacé d’une montagne. A la lecture du récit de Beghin, on a plus la sensation de se retrouver dans un « Tarzan » des années 30, quand des colonnes entières de pauvres porteurs se faisaient bouffer par des bêtes sauvages.

Quatre ans plus tard, Pierre Beghin se retrouve sur les pentes du Kangchenjunga, qu'il gravit seul et sans assistance à la manière d’un Messner. Même le nombre de ses porteurs, pour aller au camp de base, est très réduit. Ils ne sont qu’une poignée. Pierre est également accompagné de sa compagne et d’un ami médecin. Ils ne participent pas à l’ascension. Ce dénuement de moyen et cette solitude face à la montagne préfigure ce que Jean-Christophe Lafaille tentera, une dizaine d’années plus tard, avec l’issue fatale qu’on connaît. Pourquoi le Kanch’ ? Pourquoi seul ? A son, habitude Pierre Beghin se livre peu sur ses motivations. Il raconte seulement ses lectures d’enfants sur les grandes expéditions en Himalaya. En revanche, il n’élude pas la difficulté de se retrouver seul à 8 000 mètres, la douleur physique, le doute moral, les conditions très difficiles. Il n’y a pas d’héroïsme dans son récit, de forfanterie d’aventurier… Pierre Beghin se livre, à nue, et fait partager un certain malaise. A l’occasion d’un dialogue reconstitué au camp de base, il écrit :

Pour essayer d’en savoir plus sur la personnalité de Pierre Beghin, on peut se plonger dans le premier chapitre. L’auteur y livre quelques-uns des ses rêves de jeunesse. Il raconte surtout quelques anecdotes sur ses débuts en montagne. Sa première course sérieuse, il l’a réalise avec Claude son frère, en 1968 sur la face Est du Grépon. Mais sur ses motivations, peu de mots. Discret, Pierre Beghin n’a pas été un alpiniste comme les autres, dans le sens où l’alpinisme n’a pas été son métier, comme ce fut le cas pour un Desmaison, ou un Berhault. «  La profession de guide ne me tentait pas vraiment. Ce que je désirais : un métier intéressant sur le plan intellectuel, me permettant de continuer à pratiquer l’alpinisme au plus haut niveau » .

Pour aller plus loin un site est consacré à l’alpiniste.


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Météo France avait annoncé du mauvais à la mi-journée. On l'a eu vers 11 heures et même vers 9 h 30, puisque à notre arrivée le Boréon était sous les nuages et la neige. Petite acalmie au moment de remonter vers Salèse, mais le mauvais temps revient en dessous du vallon des Naucettes. En quelques minutes le jour blanc nous entoure. Où est le sol, où est le ciel ? Difficile de savoir, on se retrouve dans un univers où les repaires ont disparus, le temps égalements et le bruit aussi. Pour l'instant la neige tombe calmement, sans vent. Mais pour se retrouver là dedans, une seule solution : boussole ou GPS. ou les deux à la fois...Ce sera le GPS. Il nous conduit au col, mais commence à fatiguer dans la descente, au moment où la tempête redouble. Avec la neige et le vent dans la gueule difficile d'avancer. On  ne voit plus rien, alors le GPS étant mort, on ressort la bonne vieile boussole. Mais comment tomber sur les lacs de camp Soubran dans cette tempête ? Tomber... C'est le mot juste. Manu tombe sur de la glace : " Je crois qu'on est au lac !". De là, on tire un azimut en direction du cayre du lac Nègre. Quelques minutes plus tard, le brouillard se lève un peu, mais pas le vent. Nous pouvons retrouver le vallon qui mène au col de Salèse et plus tard le col. La neige tombe et tient aux arbres. Le paysage réapparait. Nous sommes seuls dans cet univers froid, mais beau. Une "belle" journée en montagne.
La video :

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Samedi 10 janvier au soir. Tout a commencé  par une conversation au téléphone :
- on va où demain ?
- au Mont Vial.
- ça se ski ce truc ?
- oui, il y a un gars qui y est allé aujourd'hui
- à ouais... Mais ça passe à ski ???
- oui, c'est de l'insolite à quelques kilomètres de Nice. C'est à faire.
Fin du dialogue et préparation du matos. Quelques heures plus tard nous nous retrouvons au petit matin dans la glacière du village de Malaussène. Pas de soleil, mais la neige est là. Bien présente à 375 mètres d'altitude. On chausse à l'église sur un chemin qui a plus l'habitude de voir passer des chasseurs, des randonneurs et des vététistes, que des skieurs... La suite ? De l'insolite :

Ski de rando au Mont Vial
envoyé par fredel06

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Nous voulions skier de l’insolite. De l’insolite ! Avec l’enneigement actuel, l’insolite on est parti le trouver dans les Préalpes de Grasse. Direction la face Sud du Teillon. On voulait la remonter au départ du village de Peyroules. Mais sur place l’enneigement se révèle décevant. Il va falloir pas mal porter. Mais porter en décembre, c’est pas du ski, alors direction Saint-Auban avec comme idée d’aller au Pensier Oriental. La neige est là, mais les arbres et broussailles également. Pas envie de faire les bucherons…

Et puis au départ du virage, une face blanche apparait au loin. Voilà une reconstitution du dialogue, dans la voiture : «  C’est skiable ? ». «  Ça a l’air ! ». «  C’est quoi ? ». «  L’Arpille, un sommet qui se fait en VTT par la piste DCFI. Au sommet il y a un poste d’observation pour les feux de forêt ». L’Arpille, pourquoi pas ? C'est rarement skié. Allez, on ira chercher l’insolite à l’Arpille.

Départ de 1100 mètres du hameau de Baumettes, on sort de la voiture et on chausse. Pratique. Départ en douceur par la piste, avec l’impression de se retrouver dans le Jura ou les Vosges. On quitte la piste sur une crête qui conduit à la citerne. De la citerne, nous coupons à travers la forêt. C’est dense. C’est du buis. C’est de la galère. On bucheronne comme des sangliers dans une neige trop lourde, trop chaude qui laisse s’enfoncer les skis. Direction le col de la Serre d’Alexandre, puis une grande traversée à flanc de crête pour rejoindre le Collet du Gros Bène qui se descend dans une poudre légère. Ensuite petite remontée pour aller rejoindre le sommet et sa cabane. Le panorama est à couper le souffle. De l’insolite encore. Dernière montée pour gagner le sommet et la cabane d’observation, à 1 686 mètres. De là haut la s’étend de la mer, avec la Corse à l’ensemble de la chaîne alpine du Mercantour au Verdon. Plus bas la vallée de l'Estéron avec le village du Mas.

Descente plein Sud sur une neige un peu lourde pour rejoindre le vallon du Riou en poudre et glace, où un daim nous coupe la route à moins d’un mètre. De l’insolite !

Le film :



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